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CAN 2026, Maroc XXL pour le Mondial 2030 : une seule vitesse, pour tous


Rédigé par La rédaction le Samedi 17 Janvier 2026

Le Maroc avance. Vite. Trop vite pour certains, pas assez pour d’autres. Entre la CAN 2026 et la Coupe du monde 2030, le Royaume a fait un choix clair : accélérer, massifier, transformer. Plus question de petits pas ou de projets pilotes. Le pari est XXL, assumé, presque brutal dans son rythme. Mais derrière les stades, les routes et les chiffres, une question centrale s’impose : cette accélération se fait-elle à une seule vitesse, et surtout, pour tous ?



La CAN 2026 n’est pas un simple tournoi continental de plus. Elle est devenue, de facto, une répétition générale. Une CAN-test grandeur nature, où chaque retard, chaque dysfonctionnement, chaque réussite aussi, sera scruté comme un indice de crédibilité pour 2030. Le Maroc ne joue pas seulement le trophée. Il joue sa réputation d’hôte mondial.

Depuis l’annonce officielle de la co-organisation du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal, le pays est entré dans une logique de chantier permanent. Stades rénovés ou reconstruits, infrastructures de transport étendues, hubs aéroportuaires redimensionnés, offre hôtelière dopée, villes reconfigurées. Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech, Agadir, Fès… Toutes sont sommées d’entrer dans le même tempo. Le mot d’ordre est simple : pas de Maroc à deux vitesses sur la carte FIFA.

Sur le papier, l’ambition est cohérente. Le Maroc ne veut plus être seulement “à la hauteur”. Il veut être en avance. En avance sur les standards africains, mais aussi compétitif face aux grandes nations organisatrices. La CAN 2026 devient ainsi un laboratoire : gestion des flux, sécurité, billetterie, mobilité urbaine, expérience supporter, diffusion internationale. Tout doit fonctionner, sans excuse climatique, logistique ou sociale.

Mais cette montée en puissance pose un défi structurel : comment éviter que cette vitesse unique ne bénéficie qu’aux mêmes territoires, aux mêmes acteurs, aux mêmes élites urbaines ? L’histoire des grands événements sportifs est connue. Ils promettent l’inclusion, mais produisent parfois des bulles de modernité isolées dans un océan de frustrations.

Le discours officiel insiste sur la dimension nationale du projet. Routes reliant des villes moyennes, gares modernisées, investissements dans des régions longtemps périphériques, montée en compétence de la main-d’œuvre locale. Sur ce point, le Maroc tente clairement de corriger les erreurs d’autres pays hôtes. Le Mondial 2030 n’est pas présenté comme une fête de métropoles, mais comme un levier de transformation territoriale.

La CAN 2026 sera le premier révélateur. Si l’événement parvient à fluidifier les déplacements interrégionaux, à intégrer des villes secondaires dans la dynamique économique, à faire travailler des PME locales plutôt que des consortiums fermés, alors le slogan “une seule vitesse pour tous” prendra corps. Sinon, il restera une formule.

Il faut aussi parler d’argent. Beaucoup d’argent. Les investissements se chiffrent en dizaines de milliards de dirhams. Dans un contexte mondial marqué par l’inflation, les tensions géopolitiques et les inégalités sociales, la question du coût n’est pas secondaire. Pourquoi investir autant dans le football quand l’école, la santé ou l’emploi restent sous pression ? La réponse officielle est stratégique : ces investissements ne sont pas sportifs, ils sont structurels. Routes, trains, aéroports, télécoms, énergie. Le football n’est que le déclencheur.

Cet argument tient, à condition que l’héritage soit réel. Un stade vide après 2030 sera un échec. Un réseau de transport sous-utilisé aussi. La CAN 2026 doit déjà montrer que les infrastructures servent les citoyens avant de servir les caméras. Que le supporter marocain, l’étudiant, le salarié, le petit commerçant y trouvent un bénéfice concret, immédiat.

Sur le plan symbolique, le Maroc joue gros. Être le premier pays africain à accueillir une Coupe du monde, même en co-organisation, est un marqueur historique. Cela dépasse le sport. C’est un message géopolitique, un signal de capacité, de stabilité, de projection internationale. La CAN 2026, dans ce contexte, devient un exercice de soft power continental : montrer que l’Afrique peut organiser, gérer et rayonner sans improvisation.

Mais le soft power ne suffit pas. La vitesse, si elle n’est pas maîtrisée, crée des fractures. Pression sur le foncier, hausse des loyers dans certaines villes, marginalisation de populations déplacées par des projets urbains, précarisation de travailleurs temporaires. Ces angles morts existent, même s’ils sont peu médiatisés. Une vitesse unique ne doit pas écraser les plus lents.

Le défi est donc politique autant que sportif. Gouverner l’accélération. Arbitrer entre urgence et justice sociale. Associer les citoyens à un projet qui, pour l’instant, leur est souvent présenté comme un fait accompli. La CAN 2026 offre une opportunité de dialogue : expliquer, corriger, ajuster avant 2030.

Il y a aussi la question du football lui-même. Le Maroc ne peut pas se contenter d’être un bon organisateur. Il doit rester une nation compétitive sur le terrain. L’après-Qatar 2022 a créé des attentes énormes. La CAN à domicile sera jugée sportivement, sans indulgence. Une élimination précoce, même dans des stades ultramodernes, laisserait une trace amère. L’infrastructure ne remplace pas la performance.

Au fond, le Maroc XXL est un pari sur la cohérence. Cohérence entre discours et réalité. Entre vitesse et équité. Entre vitrine internationale et vécu quotidien. La CAN 2026 sera le premier crash-test de ce modèle accéléré. Elle dira si le Royaume a réussi à synchroniser ses horloges, ou si certaines tournent encore au ralenti.

2030 approche vite. Très vite. Et dans cette course contre le temps, une chose est certaine : le Maroc a décidé de courir. Reste à savoir s’il parviendra à faire courir tout le monde avec lui, sans laisser personne sur le bord de la piste.

La réussite de la CAN 2026 et du rendez-vous planétaire de 2030 ne sera donc pas seulement une affaire de stades, de béton et de calendriers. Elle sera politique, au sens noble du terme. La mission du prochain gouvernement est primordiale : transformer cette accélération historique en trajectoire collective maîtrisée, cohérente et socialement soutenable. Plus que jamais, la Primature devra être le véritable centre de gravité de ce Maroc XXL, capable d’arbitrer, de coordonner et d’imposer une seule vitesse nationale — non pas celle de l’injonction, mais celle de l’équité, de l’efficacité et de la confiance.





Samedi 17 Janvier 2026

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