Lundi dernier, l’Office national des Aéroports (ONDA) a officiellement mis en service l’Airport Operational Center (APOC) au cœur de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, une plateforme de supervision 24 h/24 et 7 j/7 rassemblant tous les principaux acteurs de l’exploitation aéroportuaire dans un même espace. Cette initiative vise, selon l’autorité aéroportuaire, à rendre plus robuste et agile la gestion des opérations quotidiennes sur ce site stratégique, premier du pays.
Pour les passagers marocains mais aussi pour les nombreux voyageurs internationaux traversant quotidiennement Casablanca cette innovation devrait se traduire par une meilleure coordination des vols, une réduction mesurable des temps d’attente aux points de contrôle et aux embarquements, ainsi qu’une information en temps réel plus fiable. Pour les compagnies aériennes, l’APOC signifie une optimisation des ressources, une baisse potentielle des retards et, in fine, une compétitivité accrue dans un environnement très concurrentiel.
L’importance de ce centre ne se limite pas à un simple réaménagement technique : il s’inscrit pleinement dans les grandes orientations de la stratégie « Aéroports 2030 », déployée par l’ONDA pour moderniser et augmenter les capacités des principaux aéroports du Royaume. Ce plan décennal est déjà visible à plusieurs niveaux, qu’il s’agisse de l’automatisation du tri des bagages ou de grands projets d’infrastructure, tels que la construction d’un nouveau terminal à Mohammed V.
À vrai dire, l’APOC ne tombe pas du ciel : il répond à des besoins concrets. Le trafic à Casablanca a franchi un palier historique en 2025 en dépassant 11 millions de passagers une progression d’environ 9,3 % par rapport à 2024, portée par l’intense activité liée à l’Africa Cup of Nations qui a attiré supporters, délégations et visiteurs internationaux. Cette performance confirme la position du hub casablancais, désormais responsable de près de 31 % du trafic aérien national.
Dans les coulisses, la coordination depuis l’APOC réunit des services aussi divers que la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), la Gendarmerie royale, l’Administration des douanes et impôts indirects, les services de navigation aérienne, les équipes IT et de maintenance ou encore les handlers, sans oublier les compagnies aériennes elles-mêmes. En pratique, ce regroupement doit permettre de traiter ensemble des problématiques complexes : gestion des pistes et du trafic au sol, supervision des flux bagages, pilotage des parcours passagers ou encore déploiement des dispositifs de sûreté et de sécurité.
À Casablanca, comme dans beaucoup de grands aéroports mondiaux, ces systèmes intégrés ne sont plus un luxe : ils deviennent essentiels pour assurer résilience et performance dans un contexte de croissance soutenue. Or, cette dynamique devrait se poursuivre : des projets ambitieux, comme l’extension de la capacité à 35 millions de passagers annuels via la construction d’un nouveau terminal avec un budget estimé entre 10 et 15 milliards de dirhams selon les sources sont déjà en cours ou en phase de préparation, à l’horizon 2030.
Pour les acteurs du transport aérien, mais aussi pour le tissu économique marocain, ces investissements sont plus que de simples chiffres : ils traduisent une volonté — consolidée par des partenaires publics et privés de positionner le Maroc comme un hub stratégique capable de rivaliser à l’échelle internationale, tout en stimulant durablement le tourisme, les échanges commerciaux et l’emploi. Cela dit, la route resterait encore longue, notamment pour optimiser pleinement l’expérience passager dans un contexte où croissance rime aussi avec exigences accrues en termes de confort, de sécurité et d’écologie.
L’inauguration de l’APOC est un jalon significatif, mais ce n’est qu’un épisode dans la grande transformation que vit l’aéroport Mohammed V. Entre défis d’exploitation, ambitions internationales et attentes citoyennes, ce hub aérien se réinvente confié à des hommes et des technologies qui, aujourd’hui, lui permettent de gérer l’imprévu tout en dessinant les contours de l’aéroport de demain.












L'accueil
















