Mais pour Wald Maâlam, la véritable question ne réside pas uniquement dans les données utilisées par ces systèmes.
Si une telle plateforme repose sur un grand modèle de langage (LLM), encore faut-il que les équipes ayant participé à sa conception possèdent des compétences hybrides : à la fois informatiques, juridiques, organisationnelles et parfois même sociologiques.
Sans cette hybridation des savoirs, le risque d’erreur demeure important. Wald Maâlam estime en effet que l’hallucination de l’IA ne provient pas seulement des données ou des documents mobilisés.
Même lorsque des techniques comme le RAG (Retrieval-Augmented Generation) permettent de connecter le système à des bases juridiques fiables et à jour, un autre niveau de risque subsiste : celui du code informatique lui-même.
Autrement dit, une IA peut produire des réponses juridiquement fragiles :
Depuis longtemps, Wald Maâlam rappelle qu’un algorithme n’est pas un simple programme informatique.
Un algorithme est avant tout une manière de penser, une logique de raisonnement, tandis que le logiciel n’est que la traduction technique de cette logique en instructions exécutables. Dans le domaine de la justice, cette distinction devient fondamentale.
Le droit repose sur l’interprétation, la hiérarchie des normes, la contextualisation, la jurisprudence, la nuance, et parfois même l’esprit du texte.
L’expérience française mérite d’être observée avec intérêt, mais également avec recul et esprit critique. Il ne suffit pas d’acheter une technologie, de connecter un LLM à une base documentaire, ou de traduire une interface en arabe ou en français.
Il faut construire de véritables écosystèmes hybrides associant magistrats, juristes, chercheurs, spécialistes des systèmes d’information, experts en cybersécurité, linguistes, sociologues et développeurs expérimentés.
Sans cela, le risque serait de créer une dépendance technologique dangereuse dans un domaine où la moindre erreur peut avoir des conséquences humaines, sociales et institutionnelles considérables.
Pour Wald Maâlam, la souveraineté numérique dans la justice ne signifie donc pas uniquement héberger des données localement.
Elle doit rester un espace où la technologie assiste l’humain sans remplacer la responsabilité, le discernement et la compréhension profonde du droit.
Par Dr Az-Eddine Bennani.












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