Une intervention surprise dans plusieurs centres
Jeudi dernier, des inspecteurs de Santé Canada ont mené une opération simultanée dans l’ensemble des centres Arthur Tétrault du Québec ainsi qu’à Ottawa. L’intervention a pris de court les responsables des établissements concernés.
À Sainte-Agathe-des-Monts, la directrice du centre, Eden Laroche, raconte avoir vu les agents arriver sans préavis alors que deux clientes étaient présentes pour leur rendez-vous. Les appareils ont été démontés puis emportés par les inspecteurs.
Selon les dirigeants de l’entreprise, une trentaine de chambres hyperbares ont été saisies au cours de cette opération, pour une valeur estimée à près de 3 millions de dollars.
Des appareils considérés comme non homologués
Au Canada, les chambres hyperbares à basse pression sont classées parmi les appareils médicaux de catégorie III. À ce titre, elles doivent obtenir une homologation de Santé Canada avant leur commercialisation ou leur utilisation.
Or, aucune chambre hyperbare à parois souples n’a reçu cette autorisation à ce jour. Leur vente, leur importation et leur promotion sont donc considérées comme non conformes à la réglementation en vigueur.
Les autorités sanitaires avaient déjà attiré l’attention du public sur cette question dès 2019 en publiant un premier avis de mise en garde concernant les risques potentiels associés à ces équipements.
Un nouvel avertissement suivi d’une action concrète
Le 16 juin, soit deux jours avant les saisies, Santé Canada a publié un nouvel avis public signalant avoir reçu plusieurs plaintes concernant ces appareils, dont la présence se multiplie dans les centres de bien-être à travers le pays.
L’organisme indiquait alors qu’il prendrait les mesures nécessaires afin de faire respecter la réglementation et de réduire les risques potentiels pour les consommateurs.
Quelques jours plus tard, l’entreprise de Nicolas Tétrault a reçu une lettre précisant que les saisies reposaient sur des motifs raisonnables de croire à une infraction liée notamment à l’importation et à la commercialisation d’appareils non homologués.
Par ailleurs, un avis d’arrêt de vente avait été adressé à Advanced Medical Treatment Center, société américaine de Nicolas Tétrault qui louait les équipements à son entreprise canadienne.
Une technologie au cœur des débats
Les séances en chambre hyperbare consistent à séjourner dans un caisson pressurisé où la concentration en oxygène est supérieure à celle de l’air ambiant. Les promoteurs de cette pratique lui attribuent divers effets bénéfiques.
Toutefois, l’efficacité de ces traitements ne fait pas l’objet d’un consensus scientifique. Malgré leur popularité croissante dans certains centres de bien-être, ces dispositifs continuent de susciter des interrogations au sein de la communauté médicale.
L’avenir des centres dans l’incertitude
Pour Nicolas Tétrault, cette opération cible injustement son réseau alors que d’autres établissements proposant des services similaires poursuivent leurs activités.
L’entrepreneur affirme avoir développé ce projet après l’expérience vécue par son fils à la suite d’une quasi-noyade. Convaincu des bénéfices de l’hyperbare, il souhaitait étendre l’accès à ce type de traitement au Canada en multipliant les centres spécialisés.
Aujourd’hui, l’avenir de ces établissements demeure incertain. Plusieurs associés et actionnaires s’inquiètent des conséquences financières de la saisie des équipements, alors que certains centres n’ont ouvert leurs portes que récemment.
Cette inquiétude est également partagée par d’autres acteurs du secteur. Certains exploitants proposant des services similaires redoutent désormais de faire l’objet de mesures comparables dans les prochaines semaines.












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