Par Mohammed Yassir Mouline
Le général Saïd Chengriha, patron de l’armée algérienne, semble incarner cette école stratégique où le galon tient lieu de boussole et où le muscle remplace volontiers la matière grise… À croire que certains stratèges d’Alger ont conservé, soigneusement sous verre, les manuels de la guerre froide, avec cette conviction attendrissante que l’influence se mesure au nombre de fronts sur lesquels on peut froncer les sourcils… Le monde a changé, le Sahel a changé, les rapports de force ont changé… Mais pourquoi diable actualiser le logiciel quand on peut continuer à faire tourner la machine avec les disquettes d’hier ?
Voilà donc le Niger et le Sahel devenus les nouveaux terrains d’une partie dont les conséquences pourraient dépasser de beaucoup les ambitions de ceux qui en déplacent les pions… Dans cette région déjà secouée par les crises politiques, les rivalités sécuritaires et les convoitises internationales, il ne manquait plus que les calculs de puissance pour ajouter une couche de complications… Le Sahel n’est pas un jeu de société dont on renverse le plateau quand la partie tourne mal… C’est un espace peuplé d’hommes et de femmes qui, eux, n’ont pas le privilège de contempler les crises depuis un bureau climatisé…
La diplomatie demande de la patience, de la finesse et parfois l’humilité de reconnaître que l’on ne commande pas à tout le monde… La posture martiale, elle, présente un avantage incomparable… elle dispense de répondre aux questions embarrassantes… Pourquoi chercher des compromis quand on peut afficher de la fermeté ? Pourquoi expliquer une stratégie quand un uniforme bien repassé suffit à impressionner les photographes ? Et pourquoi s’encombrer des conséquences quand elles ne figurent pas dans le communiqué du lendemain ?... Le plus cocasse, dans cette affaire, serait de voir une puissance régionale confondre l’agitation avec l’action et le soupçon avec la stratégie… À force de vouloir peser sur tous les plateaux, on finit parfois par se retrouver assis sur une chaise bancale… Et, en géopolitique, le ridicule ne tue pas toujours les ambitions… il arrive même qu’il les encourage, ce qui est beaucoup plus inquiétant… !!
Pendant ce temps, le citoyen algérien, lui, n’a pas besoin d’un cours magistral sur les équilibres stratégiques du Sahel... Il connaît déjà les équilibres beaucoup plus acrobatiques de son budget… Les prix, les difficultés du quotidien et les attentes sociales ne se règlent ni à coups de déclarations martiales ni par l’envoi imaginaire de flèches sur une carte… Le panier de la ménagère n’est pas impressionné par les étoiles sur les épaules d’un général… Il ne baisse pas les prix au garde-à-vous… !! Mais voilà… s’occuper des difficultés intérieures exige des résultats, tandis que cultiver les grandes postures régionales permet de distribuer des promesses sans avoir immédiatement à en présenter le reçu… C’est l’un des vieux charmes de la politique-spectacle… quand le bilan domestique manque de panache, on peut toujours essayer de se donner une stature continentale... À défaut de faire rêver au supermarché, on fera frissonner sur la carte d’Afrique… !!
Attention, cependant, à ne pas prendre cette satire pour un procès de l’armée algérienne dans son ensemble, ni pour une condamnation de tout intérêt algérien au Sahel… L’Algérie a des raisons légitimes de se préoccuper de la sécurité de ses frontières… C’est précisément pourquoi la prudence devrait être une vertu cardinale de ses dirigeants… Protéger son pays ne signifie pas s’inviter dans chaque crise avec l’assurance d’un pompier qui arrive sur les lieux en apportant son propre bidon d’essence… !!
Une armée responsable n’est pas celle qui cherche à démontrer qu’elle peut intervenir partout… C’est celle dont les chefs savent mesurer le prix du moindre faux pas… Car, lorsque les calculs des états-majors dérapent, les galons ne montent pas seuls au front… derrière eux avancent des soldats, des familles et un peuple qui n’a pas signé de chèque en blanc pour les aventures stratégiques de ses dirigeants… Saïd Chengriha et les décideurs algériens feraient donc bien de se rappeler qu’une carte d’état-major n’est pas une carte de crédit illimitée… Chaque ambition a son coût, chaque intervention comporte ses risques et chaque démonstration de force peut produire l’effet inverse de celui qui était recherché… L’influence ne se décrète pas, la stabilité ne s’impose pas par incantation et la puissance ne se mesure pas au volume sonore des déclarations…
Un pays doté de ressources considérables, d’une position géographique stratégique et d’un poids régional réel, mais dont les ambitions pourraient être compromises par une conception de la puissance trop attachée aux réflexes du passé… et c’est ici que réside le paradoxe algérien… À quoi bon disposer d’atouts si l’on s’obstine à les jouer comme des cartes marquées par l’Histoire ?... Il reste une question, toute simple, que les stratèges gagneraient à afficher au-dessus de leurs bureaux : à quoi sert de vouloir jouer les arbitres du Sahel si l’on risque de faire payer au peuple algérien le prix des prolongations ?
Les peuples n’ont pas besoin de généraux qui collectionnent les bras de fer… Ils ont besoin de dirigeants qui savent quand serrer la main, quand négocier et, surtout, quand s’abstenir… C’est moins photogénique qu’une démonstration de force, mais nettement moins coûteux qu’une aventure dont personne ne maîtrise le dernier acte… Et si, pour une fois, Alger tentait une opération véritablement audacieuse… faire passer le bien-être des Algériens avant les rêves de grandeur de ses stratèges ? Une révolution doctrinale, en somme. Sans chars, sans fanfare et, surtout, sans facture adressée au contribuable…
Aaaah ! À force de nourrir mes souhaits politiques, je crois bien que je commence à dérailler ! Pardonnez-moi, chers lecteurs, et soyez indulgents… prenez-moi pour ce que je suis, avec mes idées, mes convictions et mes raisonnements, parfois un peu trop optimistes pour le paysage politique que j’observe ! Après tout, malgré les sarcasmes, les divergences et les passes d’armes, je souhaite sincèrement tout le bien possible au peuple algérien… Car les peuples ne sont pas leurs dirigeants, et les citoyens n’ont pas à payer éternellement la facture des ambitions de ceux qui prétendent parler en leur nom…
Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.
Voilà donc le Niger et le Sahel devenus les nouveaux terrains d’une partie dont les conséquences pourraient dépasser de beaucoup les ambitions de ceux qui en déplacent les pions… Dans cette région déjà secouée par les crises politiques, les rivalités sécuritaires et les convoitises internationales, il ne manquait plus que les calculs de puissance pour ajouter une couche de complications… Le Sahel n’est pas un jeu de société dont on renverse le plateau quand la partie tourne mal… C’est un espace peuplé d’hommes et de femmes qui, eux, n’ont pas le privilège de contempler les crises depuis un bureau climatisé…
La diplomatie demande de la patience, de la finesse et parfois l’humilité de reconnaître que l’on ne commande pas à tout le monde… La posture martiale, elle, présente un avantage incomparable… elle dispense de répondre aux questions embarrassantes… Pourquoi chercher des compromis quand on peut afficher de la fermeté ? Pourquoi expliquer une stratégie quand un uniforme bien repassé suffit à impressionner les photographes ? Et pourquoi s’encombrer des conséquences quand elles ne figurent pas dans le communiqué du lendemain ?... Le plus cocasse, dans cette affaire, serait de voir une puissance régionale confondre l’agitation avec l’action et le soupçon avec la stratégie… À force de vouloir peser sur tous les plateaux, on finit parfois par se retrouver assis sur une chaise bancale… Et, en géopolitique, le ridicule ne tue pas toujours les ambitions… il arrive même qu’il les encourage, ce qui est beaucoup plus inquiétant… !!
Pendant ce temps, le citoyen algérien, lui, n’a pas besoin d’un cours magistral sur les équilibres stratégiques du Sahel... Il connaît déjà les équilibres beaucoup plus acrobatiques de son budget… Les prix, les difficultés du quotidien et les attentes sociales ne se règlent ni à coups de déclarations martiales ni par l’envoi imaginaire de flèches sur une carte… Le panier de la ménagère n’est pas impressionné par les étoiles sur les épaules d’un général… Il ne baisse pas les prix au garde-à-vous… !! Mais voilà… s’occuper des difficultés intérieures exige des résultats, tandis que cultiver les grandes postures régionales permet de distribuer des promesses sans avoir immédiatement à en présenter le reçu… C’est l’un des vieux charmes de la politique-spectacle… quand le bilan domestique manque de panache, on peut toujours essayer de se donner une stature continentale... À défaut de faire rêver au supermarché, on fera frissonner sur la carte d’Afrique… !!
Attention, cependant, à ne pas prendre cette satire pour un procès de l’armée algérienne dans son ensemble, ni pour une condamnation de tout intérêt algérien au Sahel… L’Algérie a des raisons légitimes de se préoccuper de la sécurité de ses frontières… C’est précisément pourquoi la prudence devrait être une vertu cardinale de ses dirigeants… Protéger son pays ne signifie pas s’inviter dans chaque crise avec l’assurance d’un pompier qui arrive sur les lieux en apportant son propre bidon d’essence… !!
Une armée responsable n’est pas celle qui cherche à démontrer qu’elle peut intervenir partout… C’est celle dont les chefs savent mesurer le prix du moindre faux pas… Car, lorsque les calculs des états-majors dérapent, les galons ne montent pas seuls au front… derrière eux avancent des soldats, des familles et un peuple qui n’a pas signé de chèque en blanc pour les aventures stratégiques de ses dirigeants… Saïd Chengriha et les décideurs algériens feraient donc bien de se rappeler qu’une carte d’état-major n’est pas une carte de crédit illimitée… Chaque ambition a son coût, chaque intervention comporte ses risques et chaque démonstration de force peut produire l’effet inverse de celui qui était recherché… L’influence ne se décrète pas, la stabilité ne s’impose pas par incantation et la puissance ne se mesure pas au volume sonore des déclarations…
Un pays doté de ressources considérables, d’une position géographique stratégique et d’un poids régional réel, mais dont les ambitions pourraient être compromises par une conception de la puissance trop attachée aux réflexes du passé… et c’est ici que réside le paradoxe algérien… À quoi bon disposer d’atouts si l’on s’obstine à les jouer comme des cartes marquées par l’Histoire ?... Il reste une question, toute simple, que les stratèges gagneraient à afficher au-dessus de leurs bureaux : à quoi sert de vouloir jouer les arbitres du Sahel si l’on risque de faire payer au peuple algérien le prix des prolongations ?
Les peuples n’ont pas besoin de généraux qui collectionnent les bras de fer… Ils ont besoin de dirigeants qui savent quand serrer la main, quand négocier et, surtout, quand s’abstenir… C’est moins photogénique qu’une démonstration de force, mais nettement moins coûteux qu’une aventure dont personne ne maîtrise le dernier acte… Et si, pour une fois, Alger tentait une opération véritablement audacieuse… faire passer le bien-être des Algériens avant les rêves de grandeur de ses stratèges ? Une révolution doctrinale, en somme. Sans chars, sans fanfare et, surtout, sans facture adressée au contribuable…
Aaaah ! À force de nourrir mes souhaits politiques, je crois bien que je commence à dérailler ! Pardonnez-moi, chers lecteurs, et soyez indulgents… prenez-moi pour ce que je suis, avec mes idées, mes convictions et mes raisonnements, parfois un peu trop optimistes pour le paysage politique que j’observe ! Après tout, malgré les sarcasmes, les divergences et les passes d’armes, je souhaite sincèrement tout le bien possible au peuple algérien… Car les peuples ne sont pas leurs dirigeants, et les citoyens n’ont pas à payer éternellement la facture des ambitions de ceux qui prétendent parler en leur nom…
Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.












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