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Confiance des ménages et allocation des subventions


Les subventions publiques à la consommation sont-elles orientées au mieux des attentes des ménages ?



Trois ménages sur quatre estiment que leur niveau de vie a baissé, selon les résultats d’une enquête de conjoncture réalisée par le Haut Commissariat au Plan (HCP) portant sur la confiance des ménages.

La même proportion prévoit une continuation de la hausse des prix et près de neuf ménages sur dix considère que le chômage va encore s’aggraver.

Laissons aux économistes le soin d’analyser ces chiffres, contentons-nous d’en estimer les effets politiques.
Quand le HCP dit que la confiance des ménages est au plus bas depuis 2008, année de la grave crise financière internationale, le gouvernement devrait avoir bien des soucis à se faire.

Encore plus en tenant compte du fait que les trois quart des ménages n’ont pas une vision optimiste de l’avenir à court terme.

Ça gaze ?

Pourtant, ce n’est pas faute de tenter d’endiguer la vague inflationniste qui déferle sur le monde entier. Le gouvernement a déjà consenti 7,8 milliards de dhs de charge de compensation.

Cela fait de deux tiers de plus que la même période de l’année écoulée, d’après le département des Finances.
D’autre part, « le gouvernement n'envisage pas de lever les subventions sur le gaz butane et ce, en dépit de la hausse des prix sur le marché international », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

Le cours du gaz butane a, en effet, grimpé en une année de 543 dollars la tonne, en moyenne, à 890 dollars. Il va sans dire que la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie qui s’en sont suivis ont pesé à la hausse sur les prix du gaz.

Trésor excédentaire

Il n’en demeure pas moins que la situation du trésor public n’est pas inquiétante, dans le sens ou il dégage un solde excédentaire de 0,9 milliard de dhs, à fin mars dernier.

Il faut rappeler qu’à la même période, en 2021, c’était plutôt un déficit de l’ordre de 7,4 milliards de dhs qui était affiché.

Le gouvernement est, donc, engagé dans le soutien, toutefois sans grand succès, au niveau de vie des citoyens, tout en parvenant à absorber son déficit budgétaire, amplifié par les conséquences de la crise sanitaire.

Il est évident dans quel sens a penché l’arbitrage dans l’allocation des ressources.


Qui encaisse ?

La question que se pose également nombre de citoyens porte sur les destinataires finaux de certaines subventions accordées par l’Etat.

Ainsi, le gouvernement a consenti pas moins de 307 millions de dhs au profit des professionnels du transport routier.

Selon le ministre du transport, Mohamed Abdeljalil, son département a déjà reçu 78.000 demandes de subvention, portant sur 120.000 véhicules de transport de marchandises, touristique et de personnel, ainsi que les grands et petits taxis.

Engraisser les rentiers

L’on sait, cependant, que cet argent n’ira pas, par exemple, allé aux chauffeurs de taxis mais plutôt aux détenteurs des agréments, alors que ce ne sont pas ces derniers qui remplissent le réservoir de carburant, mais se contentent de percevoir une rente.

C’est encore plus intolérable lorsqu’une seule et même personne détient plusieurs agréments.

D’après un syndicaliste membre de la Chambres des Conseillers, les transporteurs des fruits et légumes, produits dont les prix flambent pourtant sur les marchés, seraient également privés de cette aide publique.
  
Plus de recettes pour les rentiers, alors que les acteurs réels du secteur doivent affronter la montée en flèche des prix des carburants, la logique de cette démarche est franchement difficile à percevoir.

« Forsa » à 100.000 dhs

Dans ce contexte d’inflation galopante, le gouvernement vient de lancer le programme « Forsa », en faisant appel à des « influenceurs » afin de s’en faire l’écho sur les réseaux sociaux, consacrant 100.000 dhs par porteur de projet.

On aura beau avancer que ledit programme serait ambitieux du fait du 1,25 milliard de Dhs qui lui est alloué, il n’en demeure pas moins que chaque projet a besoin d’atteindre un seuil critique en matière de capital engagé afin de permettre le lancement d’une activité réellement viable et rentable.

L’idée du professeur d’économie bengali, Mohamed Yunus, inventeur du micro-cédit, aussi lumineuse s’est-elle avérée dans la lutte contre l’extrême pauvreté, a néanmoins montré ses limites.

Elle ne génère pas un effet d’entraînement suffisant pour stimuler le développement d’une nation.

Le sens des réalités

L’enveloppe accordée aux porteurs de projets dans le cadre du programme « Forsa » est, bien sûr, beaucoup plus conséquente que le plafond des montants prêtés dans le cadre du microcrédit, mais fondamentalement, le raisonnement demeure le même.

Quand les prix des matières premières et de l’énergie font souffrir les opérateurs économiques déjà installés, comment pourraient bien s’en sortir des jeunes inexpérimentés avec 100.000 dhs dans un tel contexte ?

Il y a quand même une grande différence entre optimisme béat, pour faire preuve d’un « positive thinking » politiquement correct, et bon sens commun, qui n’est point synonyme de pessimisme.

Influences virtuelles

Si certaines élites, du haut de leur tour d’ivoire, s’imaginent que les petites gens seraient capables de faire des miracles avec 100.000 dhs, ils devraient descendre faire un petit tour dans le monde réel.

Les « influenceurs » auxquels ils ont fait appel pourraient très bien leur dire quels genres de commentaires font les communs des citoyens sur leurs pages.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 15 Avril 2022

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