Mais un CNP incapable de dialoguer avec l'État deviendrait institutionnellement faible.
Le nouveau bureau du Conseil national devrait être suffisamment proche des institutions pour participer à l'organisation du secteur, mais suffisamment indépendant pour être crédible auprès des journalistes.
Sa véritable maturité sera donc sa capacité à construire un rapport de coopération sans dépendance.
C'est, à mon sens, le cœur politique de cette élection. Sur le plan professionnel un autre enjeu est de taille : sauver la crédibilité du métier qui a beaucoup souffert ces dernières années d’absence de sérieux, de rigueur, de compétence et de professionnalisme.
La question n'est pas uniquement celle de la liberté et de la crédibilité de la presse. Le CNP devra également répondre à une crise plus profonde : le volet économique du journalisme, la presse traditionnelle subit depuis l’arrivée de la presse numérique de la baisse des recettes publicitaires ; de la concurrence des réseaux sociaux ; de la montée des influenceurs ; de la désinformation ; et de la précarité de certains journalistes.
Face à tous ces dossiers, le CNP devra devenir un acteur de modernisation de la profession, avec le fait de prendre en compte un dossier majeur celui de l’intelligence artificielle qui nous ouvre la porte d’une une période où il devient possible de produire : articles, photos ; vidéos ; voix ; traductions ; contenus audiovisuels à très grande échelle grâce cet outil. Si l’IA nous aide, ne poserait-elle pas un autre problème, celui de savoir où s'arrête le journalisme et où commence le contenu automatisé ?
Est-ce que le futur CNP pourrait avoir un rôle majeur dans la définition de règles professionnelles concernant l’utilisation de l'IA ? La vérification des informations ; l’identification des contenus générés par IA ; la protection des droits d'auteur ; la responsabilité éditoriale. ? Ceci devrait faire partie de ses préoccupations. Il devrait gérer ce dossier en s’appuyant sur la jeune génération qui maitrise les nouvelles technologies.
Car il existe un risque que le nouveau Conseil soit dominé par des profils expérimentés (voir dépassés), alors que le métier évolue très rapidement. Le journaliste de 2026 n'est plus exactement celui de 2015.Le futur CNP devrait intégrer davantage les problématiques des jeunes journalistes qui pourraient se résumer à : l’emploi, la formation, le numérique, la rémunération, la mobilité, les nouvelles compétences le journalisme d’investigation
La question générationnelle pourrait donc devenir un axe important de la légitimité du nouveau Conseil.
Nous arrivons à la méga question, celle de savoir quelles sont Les personnalités à même de mener à bien ce chantier ?
Il faut rester prudent car il serait prématuré de désigner un « favori ».
Néanmoins, la liste officielle comprend plusieurs personnalités connues du paysage journalistique marocain, notamment Hanane Rihab, Abdelhaq El Azmi, Mahfoud Aït Bensaleh, Karima Mselli, Yassine Ed-damiri, Marouane Kabbaj, Jad Abderdan et Abdellah El Bakkali, ainsi que de nombreux autres candidats.
La présence d'Abdellah El Bakkali est notamment intéressante du point de vue de l'expérience institutionnelle et syndicale.
Mais l'élection ne se gagnera pas nécessairement avec la plus grande notoriété.
Elle se gagnera avec : notoriété + réseau + implantation régionale + capacité de mobilisation + alliances.
Cependant et comme dans toute élection il y’a le risque d’une forte abstention pour des raisons propres au climat politique actuel. C'est probablement le scénario le plus dangereux pour la nouvelle institution.
Si une faible proportion des journalistes participe au scrutin, les élus pourront être légalement légitimes mais politiquement fragiles.À l'inverse, une participation élevée donnerait au nouveau CNP une forte légitimité.
Il faudra donc regarder attentivement le taux de participation.
À mon sens, c'est presque aussi important que le nom des gagnants.
Espérons que ce scenario ne ssoit pas present et que les journalistes seront nombreux à participer et à façonner leur avenir eux-mêmes.
M.K












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