L'ODJ Média

lodj





Coupe du monde 2026 : le Maroc confirme son rang de grande nation de football


Rédigé par le Dimanche 14 Juin 2026

Il y a des matchs nuls qui ressemblent à des regrets. Et puis il y a ceux qui ressemblent à une déclaration. Le Maroc n’a pas battu le Brésil, samedi soir au MetLife Stadium du New Jersey, mais il a fait plus que partager les points avec la Seleção. Il a confirmé, devant l’une des plus grandes nations de l’histoire du football, qu’il appartient désormais au cercle sérieux des équipes qui ne demandent plus la permission pour exister au plus haut niveau.



Maroc–Brésil : un bras de fer de haut niveau, Bouâaddi répond présent !

Le score, un but partout, dira seulement que les deux sélections ont pris un point pour ouvrir leur Coupe du monde deux mille vingt-six. Mais le contenu raconte autre chose. Il raconte une équipe marocaine qui a débuté sans complexe, qui a pressé haut, qui a voulu le ballon, qui a refusé le réflexe ancien du petit face au géant. Le Maroc n’a pas attendu le Brésil. Il l’a regardé dans les yeux.

Dès les premières minutes, les Lions de l’Atlas ont imposé une forme d’autorité rare dans ce genre de match. Une autorité non pas arrogante, mais construite. Pressing coordonné, occupation intelligente des espaces, circulation rapide, volonté de jouer dans le dos du milieu brésilien : le Maroc n’a pas simplement résisté. Il a proposé. Il a même dominé la première demi-heure, jusqu’à ouvrir le score par Ismael Saibari, servi avec justesse par Brahim Díaz. Plusieurs comptes rendus internationaux ont d’ailleurs relevé cette entame marocaine de haut niveau, soulignant que le Brésil avait dû courir après le match avant l’égalisation de Vinícius Júnior.
C’est peut-être là le signe le plus profond du changement.

 Pendant longtemps, une équipe africaine réussissant à accrocher le Brésil aurait été célébrée pour son courage, son abnégation, sa solidarité défensive. Le Maroc, lui, oblige désormais à employer un autre vocabulaire : maîtrise, cohérence, personnalité, maturité tactique. Ce n’est plus seulement une équipe généreuse. C’est une équipe structurée.

Certes, le Brésil a fini par répondre. Il reste le Brésil, cinq étoiles sur le maillot, une mémoire footballistique unique, une capacité permanente à transformer une demi-ouverture en punition. Vinícius Júnior a profité d’une faille, comme savent le faire les très grands attaquants, pour ramener la Seleção dans le match. Mais même cette égalisation ne doit pas masquer l’essentiel : le Maroc n’a pas été submergé par l’événement. Il a encaissé, s’est réorganisé, a souffert par moments en deuxième période, puis a retrouvé assez de lucidité pour finir la rencontre avec des intentions offensives.

La deuxième mi-temps a montré une autre facette des Lions : celle d’une équipe capable de défendre bas sans paniquer. Face aux ajustements de Carlo Ancelotti, face à la densité offensive brésilienne, face à cette pression qui use les jambes et les nerfs, le Maroc a tenu. Yassine Bounou, la ligne défensive, le repli collectif, les couvertures latérales : tout n’a pas été parfait, mais tout a été sérieux. Et dans une Coupe du monde, le sérieux est souvent la première forme du talent.

Ce match confirme aussi que la demi-finale de deux mille vingt-deux n’était pas une parenthèse enchantée. Elle était le début d’un cycle. Depuis le Qatar, le Maroc n’a plus le même statut, mais il devait encore prouver qu’il pouvait vivre avec ce nouveau poids. C’est une chose de surprendre le monde. C’en est une autre d’assumer ensuite les attentes. Le nul face au Brésil répond à cette question : oui, le Maroc sait désormais jouer avec une réputation.

Le classement FIFA avait déjà donné un indice fort de cette progression. Début juin deux mille vingt-six, le Maroc a atteint la septième place mondiale, son meilleur rang historique, confirmant son statut de première puissance africaine du moment.  

Ce classement n’est pas un trophée, mais il traduit une régularité. Une grande nation de football ne se définit pas seulement par un exploit isolé. Elle se définit par sa capacité à répéter, à durer, à rester compétitive contre les meilleurs.

Reste évidemment la part de regret. Le Maroc aurait pu mieux exploiter ses temps forts. Il aurait pu tuer le match avant que le Brésil ne revienne. Il a parfois trop reculé au retour des vestiaires, laissant l’initiative à une Seleção qui n’attend que cela pour respirer. L’équipe de Mohamed Ouahbi devra corriger cette tendance si elle veut aller loin : contre les géants, défendre est nécessaire ; renoncer trop longtemps à attaquer devient dangereux.

Mais l’essentiel est ailleurs. En ouvrant son Mondial par un nul face au Brésil, le Maroc envoie un message clair au groupe, au continent africain et au football mondial : il n’est pas là pour faire de la figuration. Il n’est plus une belle histoire exotique, ni une surprise romantique, ni une anomalie statistique. Il est une équipe de compétition, une équipe de rendez-vous, une équipe que même le Brésil doit respecter.

La grandeur footballistique ne se proclame pas. Elle se construit dans ces soirées-là : quand le maillot ne tremble pas, quand le plan de jeu existe, quand les joueurs assument le ballon, quand le public comprend que le rêve n’est plus seulement de résister, mais de rivaliser.

Le Maroc n’a pris qu’un point. Mais symboliquement, il en a gagné beaucoup plus. Il a gagné en autorité, en crédibilité, en stature. Ce nul contre le Brésil n’est pas une fin. C’est un avertissement.

 
Les grandes nations de football ne naissent pas dans les discours. Elles naissent dans les matchs où elles cessent d’avoir peur des grandes nations.





Mohamed Ait Bellahcen
Un ingénieur passionné par la technique, mordu de mécanique et avide d'une liberté que seuls l'auto... En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 14 Juin 2026

Dans la même rubrique :
< >

Sport à l'international | Inside WC 2026 | Brèves sportives


Bannière Réseaux Sociaux



Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo