Le dossier serait actuellement examiné par les départements concernés. Le ministère de l’Agriculture aurait récemment réuni plusieurs responsables afin d’évaluer les besoins du marché, d’établir un éventuel calendrier d’importation et de discuter des conditions douanières et fiscales avec le ministère de l’Économie et des Finances.
L’objectif affiché est d’éviter que l’insuffisance de l’offre ne provoque une nouvelle flambée des prix, notamment à l’approche des périodes durant lesquelles la consommation de viande augmente sensiblement. Mais, au-delà de la réponse immédiate, les autorités semblent surtout chercher une formule plus durable pour sortir d’un déséquilibre devenu structurel.
Une offre nationale encore sous pression
Le secteur de l’élevage traverse depuis plusieurs années une période difficile. La succession des épisodes de sécheresse, la hausse du prix des aliments pour bétail, le renchérissement du transport et la baisse des ressources fourragères ont fortement alourdi les charges supportées par les éleveurs.
Pour de nombreuses exploitations, en particulier les plus petites, maintenir un cheptel est devenu de plus en plus coûteux. Certains éleveurs ont été contraints de réduire leurs troupeaux, voire de quitter temporairement l’activité. Cette contraction progressive de l’offre nationale se répercute directement sur les marchés, où les prix restent élevés malgré les différentes mesures de soutien mises en place.
Le recours aux importations apparaît donc comme un instrument de régulation à court terme. En augmentant l’offre disponible, le gouvernement espère créer davantage de concurrence, réduire les tensions sur les abattoirs et limiter les hausses excessives des prix de détail.
Mais l’expérience montre que l’importation ne suffit pas toujours, à elle seule, à faire baisser durablement les prix payés par les consommateurs.
Importer, mais à quelles conditions ?
Toute la difficulté réside dans les conditions d’accès au marché. Si les animaux importés arrivent à des prix compétitifs, encore faut-il que cette baisse se répercute réellement dans les boucheries. Entre le prix d’achat, le transport, les contrôles sanitaires, l’abattage, les marges des intermédiaires et la distribution, l’écart peut rapidement devenir important.
La question ne porte donc pas seulement sur le nombre de moutons importés. Elle concerne également la transparence de la chaîne commerciale et le contrôle de la destination réelle des avantages accordés.
Dans le passé, les exonérations ou aides à l’importation ont parfois suscité des interrogations sur leur efficacité. Les pouvoirs publics devront donc veiller à ce que les mesures éventuelles bénéficient effectivement au consommateur final, et non uniquement aux opérateurs situés au milieu de la chaîne.
Un mécanisme de suivi des prix pourrait ainsi accompagner les importations, depuis l’arrivée des animaux jusqu’à la vente de la viande au détail. Sans contrôle précis, l’opération risquerait d’accroître l’offre sans provoquer de baisse significative dans les étals.
Ne pas transformer l’urgence en dépendance
Le retour des moutons européens peut constituer une réponse ponctuelle, mais il ne peut pas devenir l’unique politique publique du secteur. Une dépendance prolongée aux importations exposerait le Maroc aux fluctuations des marchés internationaux, aux coûts logistiques, aux contraintes sanitaires et aux variations des taux de change.
Elle pourrait aussi décourager les éleveurs nationaux, déjà fragilisés par plusieurs années de conditions climatiques difficiles. Si les animaux importés bénéficient d’avantages importants sans dispositif équivalent en faveur de la production locale, le risque serait de créer une concurrence déséquilibrée.
Le gouvernement cherche donc une solution à plusieurs niveaux : renforcer rapidement l’approvisionnement, soutenir les éleveurs, reconstituer progressivement le cheptel et améliorer la productivité de la filière.
Cette stratégie suppose un meilleur ciblage des aides, notamment au profit des petits et moyens éleveurs. Elle nécessite également un contrôle plus rigoureux de la distribution des aliments subventionnés, une amélioration des circuits de commercialisation et une réduction du nombre d’intermédiaires entre l’éleveur et le consommateur.
L’objectif affiché est d’éviter que l’insuffisance de l’offre ne provoque une nouvelle flambée des prix, notamment à l’approche des périodes durant lesquelles la consommation de viande augmente sensiblement. Mais, au-delà de la réponse immédiate, les autorités semblent surtout chercher une formule plus durable pour sortir d’un déséquilibre devenu structurel.
Une offre nationale encore sous pression
Le secteur de l’élevage traverse depuis plusieurs années une période difficile. La succession des épisodes de sécheresse, la hausse du prix des aliments pour bétail, le renchérissement du transport et la baisse des ressources fourragères ont fortement alourdi les charges supportées par les éleveurs.
Pour de nombreuses exploitations, en particulier les plus petites, maintenir un cheptel est devenu de plus en plus coûteux. Certains éleveurs ont été contraints de réduire leurs troupeaux, voire de quitter temporairement l’activité. Cette contraction progressive de l’offre nationale se répercute directement sur les marchés, où les prix restent élevés malgré les différentes mesures de soutien mises en place.
Le recours aux importations apparaît donc comme un instrument de régulation à court terme. En augmentant l’offre disponible, le gouvernement espère créer davantage de concurrence, réduire les tensions sur les abattoirs et limiter les hausses excessives des prix de détail.
Mais l’expérience montre que l’importation ne suffit pas toujours, à elle seule, à faire baisser durablement les prix payés par les consommateurs.
Importer, mais à quelles conditions ?
Toute la difficulté réside dans les conditions d’accès au marché. Si les animaux importés arrivent à des prix compétitifs, encore faut-il que cette baisse se répercute réellement dans les boucheries. Entre le prix d’achat, le transport, les contrôles sanitaires, l’abattage, les marges des intermédiaires et la distribution, l’écart peut rapidement devenir important.
La question ne porte donc pas seulement sur le nombre de moutons importés. Elle concerne également la transparence de la chaîne commerciale et le contrôle de la destination réelle des avantages accordés.
Dans le passé, les exonérations ou aides à l’importation ont parfois suscité des interrogations sur leur efficacité. Les pouvoirs publics devront donc veiller à ce que les mesures éventuelles bénéficient effectivement au consommateur final, et non uniquement aux opérateurs situés au milieu de la chaîne.
Un mécanisme de suivi des prix pourrait ainsi accompagner les importations, depuis l’arrivée des animaux jusqu’à la vente de la viande au détail. Sans contrôle précis, l’opération risquerait d’accroître l’offre sans provoquer de baisse significative dans les étals.
Ne pas transformer l’urgence en dépendance
Le retour des moutons européens peut constituer une réponse ponctuelle, mais il ne peut pas devenir l’unique politique publique du secteur. Une dépendance prolongée aux importations exposerait le Maroc aux fluctuations des marchés internationaux, aux coûts logistiques, aux contraintes sanitaires et aux variations des taux de change.
Elle pourrait aussi décourager les éleveurs nationaux, déjà fragilisés par plusieurs années de conditions climatiques difficiles. Si les animaux importés bénéficient d’avantages importants sans dispositif équivalent en faveur de la production locale, le risque serait de créer une concurrence déséquilibrée.
Le gouvernement cherche donc une solution à plusieurs niveaux : renforcer rapidement l’approvisionnement, soutenir les éleveurs, reconstituer progressivement le cheptel et améliorer la productivité de la filière.
Cette stratégie suppose un meilleur ciblage des aides, notamment au profit des petits et moyens éleveurs. Elle nécessite également un contrôle plus rigoureux de la distribution des aliments subventionnés, une amélioration des circuits de commercialisation et une réduction du nombre d’intermédiaires entre l’éleveur et le consommateur.
Reconstituer le cheptel et sécuriser l’avenir
À moyen terme, la priorité reste la reconstitution du cheptel national. Cela implique d’accompagner les éleveurs dans la conservation des femelles reproductrices, de renforcer les programmes sanitaires et d’améliorer l’accès à l’alimentation animale.
Le développement de cultures fourragères moins consommatrices d’eau pourrait également contribuer à réduire la dépendance aux aliments importés. Dans un contexte de changement climatique, la filière ovine devra nécessairement évoluer vers des modèles d’élevage plus résistants aux sécheresses et moins vulnérables à la volatilité des prix.
La modernisation des marchés à bestiaux constitue un autre chantier essentiel. Une meilleure traçabilité des animaux, une information plus transparente sur les prix et une organisation plus efficace des abattoirs pourraient réduire les pratiques spéculatives et améliorer la rémunération des producteurs.
Le gouvernement semble aujourd’hui reconnaître qu’il n’existe pas de réponse unique. Importer peut soulager temporairement le marché. Subventionner peut aider les éleveurs à traverser une période difficile. Contrôler les prix peut limiter certains abus. Mais aucune de ces mesures ne sera suffisante si elle est appliquée isolément.
La véritable solution passe par un équilibre entre l’urgence et le long terme. Il faut empêcher une nouvelle flambée des prix sans condamner les éleveurs marocains. Il faut ouvrir le marché lorsque l’offre nationale est insuffisante, tout en investissant dans la reconstruction de la production locale.
Le retour éventuel des moutons européens ne devrait donc pas être présenté comme une solution définitive, mais comme l’un des instruments d’une politique plus large. Une politique qui devra être évaluée à l’aune de trois critères simples : le prix payé par le consommateur, le revenu réel de l’éleveur et la capacité du Maroc à préserver sa sécurité alimentaire.
Le développement de cultures fourragères moins consommatrices d’eau pourrait également contribuer à réduire la dépendance aux aliments importés. Dans un contexte de changement climatique, la filière ovine devra nécessairement évoluer vers des modèles d’élevage plus résistants aux sécheresses et moins vulnérables à la volatilité des prix.
La modernisation des marchés à bestiaux constitue un autre chantier essentiel. Une meilleure traçabilité des animaux, une information plus transparente sur les prix et une organisation plus efficace des abattoirs pourraient réduire les pratiques spéculatives et améliorer la rémunération des producteurs.
Le gouvernement semble aujourd’hui reconnaître qu’il n’existe pas de réponse unique. Importer peut soulager temporairement le marché. Subventionner peut aider les éleveurs à traverser une période difficile. Contrôler les prix peut limiter certains abus. Mais aucune de ces mesures ne sera suffisante si elle est appliquée isolément.
La véritable solution passe par un équilibre entre l’urgence et le long terme. Il faut empêcher une nouvelle flambée des prix sans condamner les éleveurs marocains. Il faut ouvrir le marché lorsque l’offre nationale est insuffisante, tout en investissant dans la reconstruction de la production locale.
Le retour éventuel des moutons européens ne devrait donc pas être présenté comme une solution définitive, mais comme l’un des instruments d’une politique plus large. Une politique qui devra être évaluée à l’aune de trois critères simples : le prix payé par le consommateur, le revenu réel de l’éleveur et la capacité du Maroc à préserver sa sécurité alimentaire.












L'accueil















