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Cybersécurité : Rabat réunit des experts internationaux autour de la protection numérique

Comment le Maroc peut-il renforcer la sécurité de ses infrastructures et de ses services face à la multiplication des risques cyber ?


Rédigé par le Mardi 13 Octobre 2026

Rabat accueille du 12 au 14 octobre 2026 la Semaine nationale de la cybersécurité, « Morocco CyberSecurity Week », organisée par la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI). La rencontre rassemble des responsables institutionnels, des experts et des professionnels autour de la protection des infrastructures critiques, de la sécurité du cloud, de l’intelligence artificielle et de la coopération internationale. Pour le Maroc, cet événement intervient dans un contexte où la transformation numérique accroît les besoins de protection des systèmes publics et privés.



​Trois jours de discussions et de formation à Rabat

L’événement a été officiellement ouvert lundi 12 octobre à Rabat, sous l’organisation de la DGSSI, qui relève de l’Administration de la Défense nationale.

La séance inaugurale a été marquée par l’intervention d’Abdeltif Loudyi, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Administration de la Défense nationale.

Selon le communiqué officiel relayé par la MAP, des responsables gouvernementaux, dont des représentants de pays africains, ainsi que des personnalités nationales et internationales, participent à cette rencontre.

Le thème retenu associe cybersécurité, transformation numérique et développement.

Le programme prévoit des tables rondes et des ateliers consacrés notamment à la protection des infrastructures d’importance vitale, aux stratégies nationales de cybersécurité, au développement des compétences et à la lutte contre la cybercriminalité.

La sécurité des services cloud et l’apport potentiel de l’intelligence artificielle font également partie des sujets annoncés.

Des activités de formation sont prévues pour des professionnels marocains et des participants venus d’autres pays arabes et africains.

Un atelier doit notamment être animé par l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR).

Un exercice de cybersécurité est également annoncé en coopération avec l’Union internationale des télécommunications (UIT), avec une participation attendue de représentants d’une trentaine de pays.

À l’heure de clôture documentaire, cet exercice doit être considéré comme programmé. Les informations consultées ne permettent pas de présenter son déroulement ou ses résultats comme déjà établis.

Les infrastructures critiques au centre des préoccupations

La cybersécurité dépasse largement la protection des ordinateurs personnels ou des sites Internet.

Elle concerne aussi des systèmes informatiques indispensables au fonctionnement de l’économie et des services publics.

Les infrastructures d’importance vitale peuvent inclure, selon les classifications et les cadres réglementaires applicables, des installations ou services dont l’interruption aurait des conséquences majeures.

Les secteurs de l’énergie, des transports, des télécommunications, de l’eau et de certains services essentiels illustrent la nature des enjeux concernés.

Une attaque informatique visant de tels systèmes peut provoquer une interruption d’activité, compromettre des données ou perturber des opérations techniques.

Il faut toutefois distinguer la possibilité théorique d’une attaque de la confirmation d’un incident réel.

La tenue de cette semaine nationale ne signifie pas qu’une cyberattaque particulière serait en cours contre les infrastructures marocaines.

L’intérêt de la démarche est précisément d’anticiper les risques et d’améliorer les capacités de prévention, de détection et de réponse.

Dans son intervention, Abdeltif Loudyi a notamment évoqué plusieurs chantiers engagés par la DGSSI, dont le développement des centres opérationnels de sécurité, également appelés SOC.

Ces structures permettent de surveiller les événements de sécurité informatique et d’organiser la réponse à certains incidents.

Le communiqué fait également état du renforcement des contrôles, des audits et de la formation des responsables de sécurité.

​L’intelligence artificielle, entre nouvelles capacités et nouvelles vulnérabilités

L’intelligence artificielle occupe une place croissante dans les discussions relatives à la cybersécurité.

Des outils fondés sur l’apprentissage automatique peuvent contribuer à analyser de grands volumes de données, repérer certains comportements inhabituels et faciliter le travail des équipes chargées de la surveillance.

Ces applications restent cependant dépendantes de la qualité des données, des modèles utilisés et des procédures de validation.

Elles ne garantissent pas la détection de toutes les attaques.

Parallèlement, certaines technologies d’intelligence artificielle peuvent être détournées pour automatiser des tentatives de fraude, produire des messages trompeurs ou faciliter des opérations de manipulation.

La question n’est donc pas seulement de savoir comment utiliser l’IA pour renforcer la sécurité.

Il s’agit également de déterminer comment sécuriser les systèmes d’intelligence artificielle eux-mêmes, leurs données et leurs usages.

Pour le Maroc, cette problématique rejoint les ambitions de transformation numérique des administrations et des entreprises.

Plus les services deviennent interconnectés, plus la continuité des activités dépend de la fiabilité des systèmes techniques et organisationnels.

Un projet numérique doit ainsi intégrer la protection des données, la gestion des accès, les sauvegardes, la réponse aux incidents et la formation des utilisateurs.

Ces mesures ne relèvent pas uniquement de départements informatiques spécialisés. Elles concernent les responsables d’organisations et les utilisateurs.

​Formation et entreprises marocaines : deux priorités annoncées

L’intervention officielle a identifié quatre priorités à court terme.

Elles concernent la formation des talents, le soutien aux entreprises de l’écosystème national de cybersécurité, la protection des infrastructures d’importance vitale et les défis associés à l’intelligence artificielle.

Cette orientation souligne l’importance du facteur humain.

Les besoins en cybersécurité ne se limitent pas aux experts chargés de répondre aux attaques. Ils concernent également les spécialistes de l’audit, de la gouvernance, de la sécurité des réseaux, de la gestion des risques et de la conformité.

Pour les établissements d’enseignement supérieur et les organismes de formation, ces évolutions peuvent nourrir la réflexion sur les cursus et les certifications professionnelles.

Du côté des entreprises marocaines, la sécurisation des systèmes devient un sujet de continuité d’activité, de confiance commerciale et de maîtrise des risques opérationnels.

Les PME ne disposent pas toutes des mêmes moyens que les grandes organisations, ce qui pose la question de solutions adaptées à leur taille et à leurs ressources.

Le développement d’un tissu national de prestataires spécialisés pourrait contribuer à répondre à une partie de ces besoins.

Il s’agit cependant d’une perspective : aucun nombre précis d’emplois créés ni montant d’investissement nouveau ne peut être déduit du seul programme de l’événement.





Mardi 13 Octobre 2026

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