La majorité est constituée. Mais le gouvernement, lui, reste à construire.
Le communiqué rendu public ce lundi 12 octobre 2026 à Rabat marque la conclusion d’une première séquence politique ouverte après les élections législatives du 23 septembre. Fatima-Zahra Mansouri, désignée cheffe du gouvernement et chargée de sa formation conformément à l’article 47 de la Constitution, est parvenue à réunir une majorité autour de quatre formations : le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l’Istiqlal (PI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS).
L’accord met un terme aux interrogations sur le périmètre de la coalition. Il ouvre surtout une nouvelle période de négociations, probablement plus complexe que la précédente.
Car si les quatre partis se sont entendus pour gouverner ensemble, ils doivent désormais répondre à trois questions décisives : pour faire quoi, avec quelle organisation gouvernementale et avec quelles femmes et quels hommes ?
Une coalition politique, pas encore un gouvernement
Le communiqué insiste sur la volonté de constituer une majorité forte, cohérente et portée par une vision réformatrice commune.
Il met également en avant plusieurs priorités : la justice sociale, l’équité territoriale, la bonne gouvernance, le renforcement des capacités productives de l’économie nationale et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Ces orientations constituent néanmoins un socle politique général plutôt qu’un programme gouvernemental opérationnel.
Aucun calendrier précis de mise en œuvre, aucun engagement chiffré et aucune mesure sectorielle détaillée ne figurent dans le document.
Le communiqué indique d’ailleurs explicitement que le programme gouvernemental sera élaboré dans les meilleurs délais.
Autrement dit, l’accord sur la majorité précède encore l’accord détaillé sur les politiques publiques.
Premier chantier : rédiger un programme commun
C’est sans doute le premier véritable test de cohésion de cette coalition.
Les quatre formations partagent certaines références sociales et réformatrices, mais possèdent aussi leurs traditions politiques, leurs sensibilités économiques et leurs priorités électorales.
Il leur faudra donc construire des compromis sur des dossiers particulièrement sensibles : pouvoir d’achat, emploi, protection sociale, investissement, fiscalité, logement, santé et éducation.
La difficulté ne sera pas seulement de réunir les programmes électoraux dans un document consensuel. Elle consistera à hiérarchiser les engagements et à définir les arbitrages budgétaires nécessaires.
Comment concilier l'accélération de l'investissement avec les impératifs de justice sociale ? Comment améliorer les services publics sans multiplier les promesses difficilement finançables ? Comment répondre aux attentes des jeunes en matière d'emploi et de mobilité sociale ?
Le prochain programme gouvernemental sera jugé moins sur ses déclarations d'intention que sur la précision de ses engagements.
Il devra aussi tenir compte des politiques publiques déjà engagées, des contraintes macroéconomiques et des grands chantiers nationaux.
Deuxième chantier : dessiner l'architecture du nouvel exécutif
La composition de la majorité étant arrêtée, une autre négociation s'annonce : celle de l'organisation même du gouvernement.
Combien de ministères ? Quels départements conserveront leur périmètre actuel ? Lesquels pourraient être regroupés, redéployés ou confiés à des ministres délégués ?
Le communiqué ne donne aucune indication sur ce sujet.
Mais la question est essentielle. L'architecture gouvernementale traduit généralement une conception de l'action publique.
Un exécutif qui privilégie des départements fortement spécialisés ne fonctionne pas nécessairement selon la même logique qu'un gouvernement organisé autour de grands pôles transversaux.
La place accordée à l'emploi, à la transition numérique, à l'investissement, à la protection sociale ou à l'aménagement territorial constituera autant d'indicateurs des priorités réelles de la nouvelle équipe.
L'enjeu sera également d'éviter les chevauchements de compétences, les lourdeurs administratives et les problèmes de coordination entre départements.
Avant même de connaître les noms des ministres, il faudra donc connaître le nombre et le périmètre des fauteuils à pourvoir.
Troisième chantier : la négociation des portefeuilles et des noms
C'est probablement la séquence qui concentrera le plus l'attention politique et médiatique.
Le dernier paragraphe du communiqué est particulièrement révélateur. Il précise que les quatre partis travailleront à proposer des noms de ministres, femmes et hommes, présentant des qualités de compétence, de sens politique, de probité et d'intégrité.
Cette formulation confirme que la phase de proposition des personnalités ministérielles constitue désormais un chantier à part entière.
Elle ne signifie toutefois pas que les portefeuilles ont déjà été répartis ni que les candidatures ont été définitivement arbitrées.
Plusieurs équilibres devront vraisemblablement être recherchés : le poids parlementaire de chaque formation, la représentation des différentes sensibilités de la coalition, l'expérience gouvernementale, le renouvellement générationnel et la place des femmes.
La question de la parité pourrait d'ailleurs prendre une dimension politique particulière avec l'arrivée, pour la première fois, d'une femme à la tête du gouvernement marocain.
Ce précédent historique créera nécessairement des attentes concernant la féminisation de l'équipe gouvernementale.
Mais la négociation ne se résumera pas à une distribution arithmétique des postes entre quatre appareils partisans.
Le choix des profils devra aussi répondre à une exigence de compétence, dans un contexte où les citoyens attendent davantage de résultats que de déclarations politiques.
Quatrième chantier : éviter que la cohésion affichée ne devienne un compromis permanent
Le communiqué présente la nouvelle majorité comme un ensemble de formations caractérisées par leur proximité intellectuelle et politique.
Cette affirmation devra être confrontée à l'exercice concret du pouvoir. Le PAM, l'Istiqlal, l'USFP et le PPS disposent chacun de leur histoire, de leur culture politique et de leurs réseaux de responsabilités.
Leur rapprochement peut offrir une base parlementaire et politique solide, mais la stabilité d'une coalition ne dépend pas uniquement de sa composition.
Elle repose aussi sur sa capacité à gérer les désaccords, à arbitrer les priorités et à assumer collectivement les décisions difficiles.
La véritable épreuve interviendra lorsque les ambitions de chaque parti rencontreront les limites des finances publiques, les contraintes de l'administration et les attentes parfois contradictoires de l'opinion.
Une majorité peut être numériquement confortable sans être politiquement homogène sur tous les dossiers.
D'où l'importance de définir, dès le départ, des mécanismes de coordination et une méthode de décision claire.
Une nouvelle étape institutionnelle avant l'entrée en fonction
L'annonce de la coalition ne doit pas être confondue avec l'achèvement du processus constitutionnel de formation du gouvernement.
Les propositions de personnalités ministérielles devront aboutir à la nomination des membres du gouvernement par le Roi, sur proposition de la cheffe du gouvernement, conformément à l'article 47 de la Constitution.
Le gouvernement devra ensuite présenter son programme devant les deux Chambres du Parlement. Son investiture dépendra du vote de confiance de la Chambre des représentants, dans les conditions prévues à l'article 88.
Ces étapes donnent à la rédaction du programme une importance institutionnelle qui dépasse le seul accord entre les partis.
La future équipe devra non seulement s'entendre sur une feuille de route, mais également la défendre devant les représentants de la Nation.
La fin du suspense sur les partis, le début de celui sur les personnes
La séquence politique change désormais de nature.
Jusqu'ici, l'essentiel des spéculations portait sur les formations susceptibles d'intégrer la majorité.
À partir de maintenant, les interrogations se déplaceront vers la répartition des responsabilités, le choix des profils et le contenu du programme.
Quels ministres seront reconduits ? Quels nouveaux visages feront leur apparition ? Quelle place sera réservée aux compétences extérieures aux appareils partisans ? Quels départements seront considérés comme stratégiques ?
À ce stade, le communiqué du 12 octobre ne permet de répondre à aucune de ces questions.
Et c'est précisément pourquoi la prochaine étape mérite une attention journalistique particulière : distinguer les candidatures effectivement proposées des simples ambitions individuelles, les arbitrages confirmés des rumeurs de couloir et les véritables innovations gouvernementales des changements de dénomination.
La majorité est donc bouclée, mais l'essentiel reste à négocier. Car au-delà de la photographie politique des quatre partis réunis, la question centrale est désormais celle de leur capacité à produire une équipe cohérente et un programme crédible.
La formation du gouvernement ne sera réellement achevée que lorsque les accords politiques auront été traduits en responsabilités précises, en engagements publics et en décisions institutionnelles.
Et pour les Marocains, la question la plus importante ne sera peut-être pas de savoir qui obtiendra tel ou tel ministère, mais ce que ce nouveau gouvernement sera effectivement capable de changer dans leur quotidien.
L’accord met un terme aux interrogations sur le périmètre de la coalition. Il ouvre surtout une nouvelle période de négociations, probablement plus complexe que la précédente.
Car si les quatre partis se sont entendus pour gouverner ensemble, ils doivent désormais répondre à trois questions décisives : pour faire quoi, avec quelle organisation gouvernementale et avec quelles femmes et quels hommes ?
Une coalition politique, pas encore un gouvernement
Le communiqué insiste sur la volonté de constituer une majorité forte, cohérente et portée par une vision réformatrice commune.
Il met également en avant plusieurs priorités : la justice sociale, l’équité territoriale, la bonne gouvernance, le renforcement des capacités productives de l’économie nationale et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Ces orientations constituent néanmoins un socle politique général plutôt qu’un programme gouvernemental opérationnel.
Aucun calendrier précis de mise en œuvre, aucun engagement chiffré et aucune mesure sectorielle détaillée ne figurent dans le document.
Le communiqué indique d’ailleurs explicitement que le programme gouvernemental sera élaboré dans les meilleurs délais.
Autrement dit, l’accord sur la majorité précède encore l’accord détaillé sur les politiques publiques.
Premier chantier : rédiger un programme commun
C’est sans doute le premier véritable test de cohésion de cette coalition.
Les quatre formations partagent certaines références sociales et réformatrices, mais possèdent aussi leurs traditions politiques, leurs sensibilités économiques et leurs priorités électorales.
Il leur faudra donc construire des compromis sur des dossiers particulièrement sensibles : pouvoir d’achat, emploi, protection sociale, investissement, fiscalité, logement, santé et éducation.
La difficulté ne sera pas seulement de réunir les programmes électoraux dans un document consensuel. Elle consistera à hiérarchiser les engagements et à définir les arbitrages budgétaires nécessaires.
Comment concilier l'accélération de l'investissement avec les impératifs de justice sociale ? Comment améliorer les services publics sans multiplier les promesses difficilement finançables ? Comment répondre aux attentes des jeunes en matière d'emploi et de mobilité sociale ?
Le prochain programme gouvernemental sera jugé moins sur ses déclarations d'intention que sur la précision de ses engagements.
Il devra aussi tenir compte des politiques publiques déjà engagées, des contraintes macroéconomiques et des grands chantiers nationaux.
Deuxième chantier : dessiner l'architecture du nouvel exécutif
La composition de la majorité étant arrêtée, une autre négociation s'annonce : celle de l'organisation même du gouvernement.
Combien de ministères ? Quels départements conserveront leur périmètre actuel ? Lesquels pourraient être regroupés, redéployés ou confiés à des ministres délégués ?
Le communiqué ne donne aucune indication sur ce sujet.
Mais la question est essentielle. L'architecture gouvernementale traduit généralement une conception de l'action publique.
Un exécutif qui privilégie des départements fortement spécialisés ne fonctionne pas nécessairement selon la même logique qu'un gouvernement organisé autour de grands pôles transversaux.
La place accordée à l'emploi, à la transition numérique, à l'investissement, à la protection sociale ou à l'aménagement territorial constituera autant d'indicateurs des priorités réelles de la nouvelle équipe.
L'enjeu sera également d'éviter les chevauchements de compétences, les lourdeurs administratives et les problèmes de coordination entre départements.
Avant même de connaître les noms des ministres, il faudra donc connaître le nombre et le périmètre des fauteuils à pourvoir.
Troisième chantier : la négociation des portefeuilles et des noms
C'est probablement la séquence qui concentrera le plus l'attention politique et médiatique.
Le dernier paragraphe du communiqué est particulièrement révélateur. Il précise que les quatre partis travailleront à proposer des noms de ministres, femmes et hommes, présentant des qualités de compétence, de sens politique, de probité et d'intégrité.
Cette formulation confirme que la phase de proposition des personnalités ministérielles constitue désormais un chantier à part entière.
Elle ne signifie toutefois pas que les portefeuilles ont déjà été répartis ni que les candidatures ont été définitivement arbitrées.
Plusieurs équilibres devront vraisemblablement être recherchés : le poids parlementaire de chaque formation, la représentation des différentes sensibilités de la coalition, l'expérience gouvernementale, le renouvellement générationnel et la place des femmes.
La question de la parité pourrait d'ailleurs prendre une dimension politique particulière avec l'arrivée, pour la première fois, d'une femme à la tête du gouvernement marocain.
Ce précédent historique créera nécessairement des attentes concernant la féminisation de l'équipe gouvernementale.
Mais la négociation ne se résumera pas à une distribution arithmétique des postes entre quatre appareils partisans.
Le choix des profils devra aussi répondre à une exigence de compétence, dans un contexte où les citoyens attendent davantage de résultats que de déclarations politiques.
Quatrième chantier : éviter que la cohésion affichée ne devienne un compromis permanent
Le communiqué présente la nouvelle majorité comme un ensemble de formations caractérisées par leur proximité intellectuelle et politique.
Cette affirmation devra être confrontée à l'exercice concret du pouvoir. Le PAM, l'Istiqlal, l'USFP et le PPS disposent chacun de leur histoire, de leur culture politique et de leurs réseaux de responsabilités.
Leur rapprochement peut offrir une base parlementaire et politique solide, mais la stabilité d'une coalition ne dépend pas uniquement de sa composition.
Elle repose aussi sur sa capacité à gérer les désaccords, à arbitrer les priorités et à assumer collectivement les décisions difficiles.
La véritable épreuve interviendra lorsque les ambitions de chaque parti rencontreront les limites des finances publiques, les contraintes de l'administration et les attentes parfois contradictoires de l'opinion.
Une majorité peut être numériquement confortable sans être politiquement homogène sur tous les dossiers.
D'où l'importance de définir, dès le départ, des mécanismes de coordination et une méthode de décision claire.
Une nouvelle étape institutionnelle avant l'entrée en fonction
L'annonce de la coalition ne doit pas être confondue avec l'achèvement du processus constitutionnel de formation du gouvernement.
Les propositions de personnalités ministérielles devront aboutir à la nomination des membres du gouvernement par le Roi, sur proposition de la cheffe du gouvernement, conformément à l'article 47 de la Constitution.
Le gouvernement devra ensuite présenter son programme devant les deux Chambres du Parlement. Son investiture dépendra du vote de confiance de la Chambre des représentants, dans les conditions prévues à l'article 88.
Ces étapes donnent à la rédaction du programme une importance institutionnelle qui dépasse le seul accord entre les partis.
La future équipe devra non seulement s'entendre sur une feuille de route, mais également la défendre devant les représentants de la Nation.
La fin du suspense sur les partis, le début de celui sur les personnes
La séquence politique change désormais de nature.
Jusqu'ici, l'essentiel des spéculations portait sur les formations susceptibles d'intégrer la majorité.
À partir de maintenant, les interrogations se déplaceront vers la répartition des responsabilités, le choix des profils et le contenu du programme.
Quels ministres seront reconduits ? Quels nouveaux visages feront leur apparition ? Quelle place sera réservée aux compétences extérieures aux appareils partisans ? Quels départements seront considérés comme stratégiques ?
À ce stade, le communiqué du 12 octobre ne permet de répondre à aucune de ces questions.
Et c'est précisément pourquoi la prochaine étape mérite une attention journalistique particulière : distinguer les candidatures effectivement proposées des simples ambitions individuelles, les arbitrages confirmés des rumeurs de couloir et les véritables innovations gouvernementales des changements de dénomination.
La majorité est donc bouclée, mais l'essentiel reste à négocier. Car au-delà de la photographie politique des quatre partis réunis, la question centrale est désormais celle de leur capacité à produire une équipe cohérente et un programme crédible.
La formation du gouvernement ne sera réellement achevée que lorsque les accords politiques auront été traduits en responsabilités précises, en engagements publics et en décisions institutionnelles.
Et pour les Marocains, la question la plus importante ne sera peut-être pas de savoir qui obtiendra tel ou tel ministère, mais ce que ce nouveau gouvernement sera effectivement capable de changer dans leur quotidien.












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