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Déceptions et doutes déchirent les camps de Tindouf


Le retour de Brahim Ghali en Algérie a été fêté comme une ‘victoire’ par les dirigeants du polisario. Les ‘rugissements’ de l’African Lion, l’exercice militaire maroco-américain, a rappelé les miliciens polisariens au sens des réalités.



Miliciens du polisario en pick-up : ni la victoire, ni la mort... la fuite !
Miliciens du polisario en pick-up : ni la victoire, ni la mort... la fuite !
Un nuage de tension latente plane au dessus des camps de Tindouf, en Algérie.

Après la fiesta pour marquer le retour de leur tortionnaire en chef, Brahim Ghali, alias Benbatouch, qui a reçu son ‘homologue’ algérien sur son lit d’hôpital (maintenant on sait à quel niveau se place Abdelmajid Tebboun), les Marocains sont venus encore une fois tout gâcher.

Les miliciens du polisario ont eu le tournis en voyant les lance-roquettes multiples ‘M142 Himars’ cracher le feu, lors des manœuvres militaires maroco-américaines ‘African Lion 2021’, dont une partie se déroule aux confins sud-est du royaume.

Monté sur châssis, ce petit bijou de la technologie militaire peut t’envoyer une roquette jusqu’à 300 kms.

La menace qui plane

Et puis il y a tous ces chasseurs F16 marocains, bourrés de radars et lestés de bombes ‘intelligentes’, qui tournoient dans le ciel, connectés au sol pour transfert de données par Link16.

Forces aériennes et troupes au sol fonctionnent en parfaite interopérabilité.
 
Les seuls drones marocains ont déjà fait, dernièrement, pas mal de pertes parmi les crétins polisariens qui ont osé s’approcher du Mur des FAR.

Autant pour guider les tirs d’artillerie que pour cibler directement des ‘intrus’ dans la zone démilitarisée, les drones se sont avérés d’une redoutable efficacité.
 
Les F16 ‘Viper’, qui coûtent plus cher à faire voler, s’entraînent plutôt pour des scénarios du style ‘solution finale’.

Quant aux gars casqués et bottés, le fusil d'assaut en bandoulière, qui sautent en parachutes, c’est pour rappeler que les criminels contre l’humanité peuvent toujours être ramenés menottés avec un sac sur la tête pour répondre de leurs méfaits devant une vraie justice.


Quand se dissipent les illusions

MLRS M142 Himars : jusqu'à 300 kms de portée
MLRS M142 Himars : jusqu'à 300 kms de portée
Toutes ces joyeusetés high-tech dans la boîte à outils des FAR n’ont pas échappés à l’attention des miliciens polisariens, qui regardent leurs vielles ferrailles en se disant que se frotter à l’armée marocaine serait littéralement du suicide.

Puis les miliciens polisariens se sont lamentés de leurs maigres salaires, qui les situent au plus bas de l’échelle sociale dans les camps de Tindouf.

Et de fil en aiguille, ils se sont rappelés qu’avant le bouclage des camps, sur ordre d’Alger, ils pouvaient au moins gratter le sol pour chercher quelques pépites d’or, ou s’en aller traficoter en Mauritanie.

Les camps suffoquent

Les autorisations de sorties des camps sont rares, octroyés selon les critères exclusifs du tribalisme, du clientélisme et de la corruption. Dans les camps, c’est la misère.

La revendication de distribution de plus d’autorisations de sortie des camps sert, dans ce contexte, de catalyseur pour fédérer les colères.

Un appel est lancé pour une manifestation de jeunes miliciens, en treillis militaires, divise profondément les polisariens.

Polarisation

Deux camps semblent se distinguer.

Celui des lèches-bottes, qui se rangent sous la bannière du ‘commandement’ du polisario, de fait actuellement contrôlé par Lbachir Mustapha Sayed, ‘Lbichir’ le cruel tortionnaire qui a trahi son frère, El Ouali, fondateur du polisario.

L’autre camp est celui des déçus du polisario, des séparatistes jusqu’alors convaincus, mais de plus en plus déchirés par le doute.

La profondeur de la crise qui déchire les habitants des camps de Tindouf se révèle dans cette question existentielle : qui sommes nous ?

Souffrance de ne pas ‘être’

Camps de Tindouf en Algérie : Si on reste ici, on va finir comme nos parents
Camps de Tindouf en Algérie : Si on reste ici, on va finir comme nos parents
Des séparatistes ? Ou sont alors les moyens pour se battre contre les FAR ?

Des Algériens ? Pourquoi donc ils ne peuvent ni obtenir de papiers d’identité, ni bâtir habitat décent, ni circuler librement ?

Des Marocains ? Autant de ce fait rentrer chez soi, puisqu’il n’est pas question d’un autre round de près d’un demi-siècle d’attente d’une chimère, à dépérir dans la stérile Lahmada de Tindouf, en Algérie.

Peu importe que cette manifestation des miliciens en treillis se déroule ou pas, l’essentiel est que le ver de l’incertitude a commencé à faire son œuvre.

L’implosion n’est plus qu’une question de temps.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 11 Juin 2021

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