Menace ou opportunité pour la jeunesse marocaine ?
Derrière la question technique des taux de change se cache un enjeu beaucoup plus profond : comment les Marocains peuvent-ils tirer parti d’un monde où le dollar et l’euro fixent la valeur de leur labeur ?
La dévaluation n’est pas une hypothèse abstraite. Elle signifie concrètement une hausse des prix importés, une pression sur les classes moyennes, une vulnérabilité accrue des plus modestes. Elle accentue l’écart entre ceux qui gagnent en dirhams et dépensent en dirhams, et ceux qui, par leurs compétences ou leurs activités, parviennent à facturer en devises. Cette fracture pourrait devenir la nouvelle ligne de partage économique du pays.
Car dans un contexte de globalisation numérique et de mobilité accrue, la valeur d’un métier ne se mesure plus uniquement à l’échelle nationale. Elle dépend désormais de la capacité à s’inscrire dans un circuit international, à convertir son savoir-faire en euros, en dollars ou en toute autre devise forte.
Le freelancing illustre cette mutation. Qu’il s’agisse de programmation, de design, de rédaction ou de marketing digital, les plateformes mondiales permettent à un Marocain de travailler pour une start-up berlinoise, une agence canadienne ou une entreprise du Golfe. Le paiement en devises protège du glissement du dirham et ouvre l’accès à des revenus qui, une fois convertis, deviennent conséquents.
Certes, cette option n’est pas accessible à tous : elle suppose un niveau de compétence, de discipline et de connexion au réseau international. Mais elle incarne une voie de sortie crédible pour une jeunesse formée et consciente que son avenir ne dépend plus seulement du marché local.
Dans la même logique, l’e-commerce international offre une autre échappatoire. Vendre sur Amazon, Shopify ou Etsy, exporter des produits marocains authentiques — tapis, poteries, huile d’argan, bijoux traditionnels — permet d’encaisser en devises et de valoriser une identité culturelle. Cette dynamique transforme les artisans et petits producteurs en entrepreneurs globaux, parfois plus visibles à Paris ou New York qu’à Casablanca ou Fès.
L’enjeu n’est plus uniquement de produire, mais d’organiser une logistique fluide, de maîtriser les codes du marketing numérique et de s’adapter à des clientèles aux attentes multiples. Si certains échouent à franchir le cap de l’export digital, d’autres bâtissent des empires silencieux, générant des revenus en euros qui amortissent les secousses monétaires.
La dévaluation n’est pas une hypothèse abstraite. Elle signifie concrètement une hausse des prix importés, une pression sur les classes moyennes, une vulnérabilité accrue des plus modestes. Elle accentue l’écart entre ceux qui gagnent en dirhams et dépensent en dirhams, et ceux qui, par leurs compétences ou leurs activités, parviennent à facturer en devises. Cette fracture pourrait devenir la nouvelle ligne de partage économique du pays.
Car dans un contexte de globalisation numérique et de mobilité accrue, la valeur d’un métier ne se mesure plus uniquement à l’échelle nationale. Elle dépend désormais de la capacité à s’inscrire dans un circuit international, à convertir son savoir-faire en euros, en dollars ou en toute autre devise forte.
Le freelancing illustre cette mutation. Qu’il s’agisse de programmation, de design, de rédaction ou de marketing digital, les plateformes mondiales permettent à un Marocain de travailler pour une start-up berlinoise, une agence canadienne ou une entreprise du Golfe. Le paiement en devises protège du glissement du dirham et ouvre l’accès à des revenus qui, une fois convertis, deviennent conséquents.
Certes, cette option n’est pas accessible à tous : elle suppose un niveau de compétence, de discipline et de connexion au réseau international. Mais elle incarne une voie de sortie crédible pour une jeunesse formée et consciente que son avenir ne dépend plus seulement du marché local.
Dans la même logique, l’e-commerce international offre une autre échappatoire. Vendre sur Amazon, Shopify ou Etsy, exporter des produits marocains authentiques — tapis, poteries, huile d’argan, bijoux traditionnels — permet d’encaisser en devises et de valoriser une identité culturelle. Cette dynamique transforme les artisans et petits producteurs en entrepreneurs globaux, parfois plus visibles à Paris ou New York qu’à Casablanca ou Fès.
L’enjeu n’est plus uniquement de produire, mais d’organiser une logistique fluide, de maîtriser les codes du marketing numérique et de s’adapter à des clientèles aux attentes multiples. Si certains échouent à franchir le cap de l’export digital, d’autres bâtissent des empires silencieux, générant des revenus en euros qui amortissent les secousses monétaires.
Les métiers qui résistent à la tempête :
Mais c’est peut-être le tourisme qui illustre le mieux cette logique de résilience. Car là où la dévaluation appauvrit les Marocains, elle enrichit l’expérience des étrangers. Pour un visiteur européen ou américain, un dirham plus faible rend le Maroc encore plus attractif. Les hôtels, restaurants, riads, guides, plateformes de location courte durée comme Airbnb en tirent immédiatement profit.
Le tourisme ne se contente pas d’apporter des devises : il irrigue une chaîne entière d’emplois locaux. Chauffeurs, artisans, restaurateurs, agriculteurs qui fournissent les circuits de proximité… tous profitent indirectement de l’afflux des visiteurs. Dans un pays où l’hospitalité est une seconde nature, cette manne pourrait devenir un moteur de survie économique si elle est encadrée et durable.
Il serait naïf cependant de croire que la dévaluation n’apporte que des occasions. Elle fragilise les importateurs, met en péril les entreprises dépendantes des intrants étrangers et alourdit la facture énergétique du pays. Elle accroît aussi les inégalités : seuls ceux qui ont accès aux réseaux numériques, à l’anglais ou au français, ou aux marchés étrangers pourront se protéger.
La vraie question devient alors politique : comment éviter que la dévaluation ne crée deux Maroc ? L’un branché sur le monde, gagnant en dollars et en euros, protégé de l’inflation ; l’autre enfermé dans l’économie domestique, vulnérable à la hausse des prix et au rétrécissement du pouvoir d’achat.
La réponse ne se trouvera pas uniquement dans la technique monétaire. Elle réside dans une transformation culturelle : investir dans les langues, dans les compétences digitales, dans les circuits courts mais connectés. Car au fond, la dévaluation du dirham agit comme un test de résilience collective : sommes-nous capables d’adapter notre économie et notre société à un monde où les frontières monétaires ne protègent plus ?
Le Maroc n’est pas seul dans ce dilemme. De nombreux pays émergents ont vécu les mêmes tensions et découvert que la fragilité monétaire pouvait aussi être le catalyseur d’une nouvelle dynamique entrepreneuriale. Mais pour cela, encore faut-il que les politiques publiques accompagnent ce mouvement, que l’éducation prépare les jeunes à l’économie globale, et que l’État investisse dans les infrastructures numériques et touristiques.
La dévaluation, redoutée comme une menace, pourrait alors devenir une opportunité : l’occasion de repenser le modèle économique, de diversifier les moteurs de croissance et de donner à la jeunesse marocaine les clés d’un avenir où la valeur ne se mesure pas seulement en dirhams, mais en impact global.
Le tourisme ne se contente pas d’apporter des devises : il irrigue une chaîne entière d’emplois locaux. Chauffeurs, artisans, restaurateurs, agriculteurs qui fournissent les circuits de proximité… tous profitent indirectement de l’afflux des visiteurs. Dans un pays où l’hospitalité est une seconde nature, cette manne pourrait devenir un moteur de survie économique si elle est encadrée et durable.
Il serait naïf cependant de croire que la dévaluation n’apporte que des occasions. Elle fragilise les importateurs, met en péril les entreprises dépendantes des intrants étrangers et alourdit la facture énergétique du pays. Elle accroît aussi les inégalités : seuls ceux qui ont accès aux réseaux numériques, à l’anglais ou au français, ou aux marchés étrangers pourront se protéger.
La vraie question devient alors politique : comment éviter que la dévaluation ne crée deux Maroc ? L’un branché sur le monde, gagnant en dollars et en euros, protégé de l’inflation ; l’autre enfermé dans l’économie domestique, vulnérable à la hausse des prix et au rétrécissement du pouvoir d’achat.
La réponse ne se trouvera pas uniquement dans la technique monétaire. Elle réside dans une transformation culturelle : investir dans les langues, dans les compétences digitales, dans les circuits courts mais connectés. Car au fond, la dévaluation du dirham agit comme un test de résilience collective : sommes-nous capables d’adapter notre économie et notre société à un monde où les frontières monétaires ne protègent plus ?
Le Maroc n’est pas seul dans ce dilemme. De nombreux pays émergents ont vécu les mêmes tensions et découvert que la fragilité monétaire pouvait aussi être le catalyseur d’une nouvelle dynamique entrepreneuriale. Mais pour cela, encore faut-il que les politiques publiques accompagnent ce mouvement, que l’éducation prépare les jeunes à l’économie globale, et que l’État investisse dans les infrastructures numériques et touristiques.
La dévaluation, redoutée comme une menace, pourrait alors devenir une opportunité : l’occasion de repenser le modèle économique, de diversifier les moteurs de croissance et de donner à la jeunesse marocaine les clés d’un avenir où la valeur ne se mesure pas seulement en dirhams, mais en impact global.












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