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Élections en septembre ou chronique d'un rituel annoncé...


Par Aziz Daouda.

Le rendez-vous est fixé : le 26 septembre. Comme à chaque échéance électorale, le Maroc s'apprête à entrer dans une séquence bien connue, presque ritualisée, où se mêlent espoirs affichés, calculs discrets et désillusions latentes. Mais bien avant le jour du vote, c'est déjà toute une mécanique qui se met en branle.

Car en réalité, il n'y a pas une campagne, mais des campagnes. Celles, visibles, des slogans et des promesses, et celles, plus feutrées, des traités et des arbitrages. Dès maintenant, le jeu des candidatures s'intensifie. Les partis s'activent, scrutent, sélectionnent, recrutent ou écartent, font des heureux et des heureuses ou déçoivent. Part à la recherche de profils « utiles » : ceux qui disposent de moyens financiers conséquents, ceux qui possèdent un réseau d'influence, ceux capables de mobiliser des clientèles locales. La logique est rarement idéologique, souvent pragmatique, parfois cynique.



Dans cette compétition silencieuse, certains paient leur entrée, directement ou indirectement.

D'autres multiplient les démarches, sollicitent, négociants, espèrent obtenir le précieux sésame de la تزكية.

Cette investiture, qui devrait incarner un choix politique fondé sur la compétence, le militantisme et la vision, devient trop souvent une monnaie d'échange, un marqueur d'allégeance ou de capacité à « peser ».

Et puis, en creux, il y a les absents. Toutes ces compétences reléguées en marge.

Des profils sérieux, formés, parfois engagés, mais dépourvus des attributs jugés indispensables : pas d'argent, pas d'ancrage familial influent, pas de réseau stratégique. Ceux-là regardent souvent le train passer.

Leur exclusion silencieuse est peut-être l'un des angles les plus préoccupants du processus électoral. Ils sont légion, les jeunes filles et garçons et les femmes qui aspirent à jouer un rôle politique.

Mais parmi elles et eux pullulent les opportunistes qui se collent à la politique pour des raisons que les exemples récents et anciens rendent limpides à tous...

Viendra ensuite la phase des programmes. Une valse bien rodée de déclarations d'intention, où la parole tient lieu d'action. Ici le ridicule ne tue point, il est applaudi. Les discours s'empilent, les promesses s'alignent, les ambitions se gonflent. Mais entre dire et faire, l’écart reste abyssal.

Dans un autre registre, la psychiatrie évoque les « images » : des constructions mentales qui ne se traduisent pas essentiellement dans le réel. La métaphore n'est pas sans pertinence ici. Trop souvent, les programmes relèvent davantage de la projection que de la planification.

Et enfin, il ya le citoyen. Le votant. Celui dont la participation est censée donner du sens à tout l'édifice. Mais là encore, le constat est préoccupant.

Une part importante de la population ne s'est même pas inscrite sur les listes électorales.

D'autres, désabusés, hésitants à se déplacer. Le risque d’une abstention massive plane, comme une ombre persistante.


Dans ces conditions, qui votera ? Probablement les militants, fidèles mais peu nombreux.

Ceux qui restent mobilisés par conviction ou par discipline partisane. Et puis, plus problématique encore, celles que des logiques de rétribution incitent à participer.

Une participation biaisée, qui affaiblit la portée démocratique du contrôle. Un million de voix peut faire de tel ou tel parti une force gouvernementale...

Ainsi se dessine une équation fragile : des élites sélectionnées selon des critères discutables, des programmes souvent déconnectés, et un corps électoral en retrait. Le tout dans un contexte où les attentes sociales, elles, restent fortes.

Les élections devraient être un moment de clarification, de choix, d'élan collectif. Elles risquent, une fois de plus, de n'être qu'un exercice formel, dont les résultats peinent à traduire la complexité et les aspirations profondes de la société marocaine.

La question demeure alors, simple et essentielle : comment redonner du sens à ce moment démocratique ?

Il nous reste encore du temps pour corriger cela. C'est une responsabilité : nous, héritiers d'un pays millénaire, que léguons-nous à notre descendance, que nous décevons un peu plus chaque jour ?

C'est une question de conscience.

PAR AZIZ DAOUDA/BLUWR.COM




Mardi 21 Avril 2026

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