Chômage et sous-emploi : des situations différentes
Le chiffre de 2,4 millions dépasse le seul nombre de chômeurs. Il regroupe trois situations : le chômage strict, la main-d’œuvre potentielle et le sous-emploi lié à une durée de travail insuffisante.
Autrement dit, toutes ces personnes ne sont pas sans emploi. Certaines travaillent, mais manquent d’heures.
D’autres constituent une réserve de main-d’œuvre sans réunir tous les critères du chômage strict : être sans emploi contre revenu, rechercher activement un poste et être disponible.
Le taux composite mesurant ces besoins de travail non satisfaits atteint 19,6 %, contre 18,9 % au trimestre précédent. Le chômage strict concerne, lui, 1,22 million de personnes, soit 103.000 de plus en trois mois. Son taux s’établit à 10,5 %.
Jeunes et femmes : les difficultés s’accentuent
Chez les 15-24 ans, le taux de chômage strict grimpe à 30,5 %, contre 27,2 % au deuxième trimestre. En intégrant les autres formes de sous-utilisation, l’indicateur atteint 44,5 %. L’accès au travail demeure donc particulièrement difficile au début de la vie active.
Les femmes subissent également une pression croissante. Leur taux de chômage strict atteint 16,7 %, contre 8,7 % chez les hommes. Leur taux composite de sous-utilisation monte à 28,5 %.
Le diplôme ne garantit pas davantage une insertion immédiate. Le chômage strict touche 18,1 % des titulaires d’un diplôme intermédiaire comme des détenteurs d’un diplôme avancé.
Les campagnes concentrent le recul de l’emploi
Sur la même période, l’emploi contre revenu diminue de 173.000 personnes, pour s’établir à 10,47 millions. Le milieu rural concentre l’essentiel du recul : 148.000 emplois en moins, contre 25.000 dans les villes.
L’agriculture, la sylviculture et la pêche enregistrent une baisse nette de 145.000 postes. Les services reculent de 96.000 postes, tandis que l’industrie progresse de 69.000 emplois.
Ces mouvements trimestriels doivent toutefois être interprétés avec prudence : le HCP précise qu’ils ne suffisent pas à conclure à une destruction structurelle d’emplois.
Derrière les statistiques, le défi dépasse donc le recrutement. Il concerne aussi le nombre d’heures travaillées et l’accès effectif à une activité rémunérée. Les prochains résultats permettront de suivre si les possibilités d’emploi s’élargissent, particulièrement pour les jeunes, les femmes et les habitants des campagnes.












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