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Enfin une évaluation du coût social des violences à l'égard des femmes


Rapport du HCP sur l’impact social de la violence

Depuis de longues années, les acteurs associatifs ne cessent de demander une étude, émanant du Haut Commissariat au Plan, sur le coût de la violence à l’encontre des femmes.

Le coût social est « exaucé » mais il reste le coût économique, à même de rendre compte de la gravité de ces effets sur la société et le pays.



Se basant sur l’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes et des hommes de 2019, réalisée entre février et juillet 2019 avec l’appui de l’ONU FEMME au Maroc, le HCP a relevé plusieurs points sur l’impact sur les femmes et même sur les enfants.

Cette enquête a évalué l’impact, sur les filles et femmes de 15 à 74 ans ayant déclaré avoir été victimes de violence physique et/ou sexuelle, au cours des 12 derniers mois, que ce soit dans le cadre conjugal, familial, au travail, dans le lieu d'études et publics.

Il en ressort qu’une femme sur 4 a subi des violences physiques et une sur 10 a subi des une violence sexuelles. Les conséquences directes et indirectes sont fâcheuses et parfois handicapantes pour les victimes, pouvant entacher leur qualité de vie, parfois à vie, et même de leurs enfants.


Violence conjugale

Dans le cadre domestique, 25% parmi les victimes de violence physique ont souffert de lésions physiques et de séquelles psychologiques.

L’incidence de la violence physique est grande, surtout côté psychologique qui est évalué à 60,2% par le HCP, suivi d’autres dégâts telles que blessures, égratignures et ecchymoses, fractures osseuses, brûlures, lésions oculaires, fracture des dents ou autres.

Pour ce qui est de la violence sexuelle dans le cadre conjugal, les 10% représentatifs du bilan ont subi, à 79%, des problèmes psychologiques, à 13,6 % des déchirures au niveau des organes sexuelles et 11,7 % ont eu une hémorragie. Sans oublier les maladies sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et autres.


Violences psychologiques

Pour ce qui est de l’impact psychologique de la violence physique dans l’espace public, les femmes souffrant de troubles d’ordre psychologique représentent 34,3% des suites de violence physique et 79,1% des suites d’agression sexuelle.


Répercussions sur les activités socioculturelles des femmes

L’absentéisme au travail (suite aux violences), que ce soit pour la victime ou l’auteur de violence, est une grande problématique, pour la plupart de frange sociale pauvre et précaire. Son impact est grand sur le ménage, en termes de pertes de revenus et de productivité.
14% des femmes actives ont dû arrêter le travail suite à une violence physique engendrée par le mari, soit, en moyenne, une perte de 14 jours de travail. Ce qui n’est pas peu, en estimant que c’est leur seul source de revenus.

Dans l’espace public, cette tendance courante a été évaluée à 29,8%. Selon le HCP, le nombre de jours de travail perdus suite à des violences physiques est de 8 jours par an par victime active occupée.

Outre l’absentéisme, il y a d’autres effets directs. Ces violences agissent aussi sur le rendement des femmes (diminution de 53%) et sur leur engagement professionnel (changement de travail : 40%, abandon du marché de travail : 7%).
Les incidences sur sa vie familiale sont aussi énormes. Certaines quittent le domicile conjugal (16% pour les violentées physiques et 3,5% pour les victimes de sévices sexuels).

 

Le coût supplémentaire des services sanitaires et procédures judiciaires

Les violences, qu’elles soient physique ou sexuelles, engendrent des coûts relatifs aux soins médicaux mais aussi juridiques, pour ce qui est du traitement de leur dossier, en cas de divorce faisant suite à la violence conjugale.
48% des victimes de violence physique et 40% des victimes de sévices sexuels dans l’espace privé, ont eu recours à des prestations sanitaires, entre médecins et médicaments.

Aussi, 60% des cas de violence physique et 20% des cas de violence sexuelle dans l’espace publique ont eu accès aux services de santé.

Pour ce qui est des procédures judiciaires et plaintes entamées dans le cadre juridique, elles ont été estimées à 7% pour les femmes victimes de violence physique et 2% pour ce qui est de la violence sexuelle.

En comparaison avec le nombre de femmes qui ont subi les violences, ce chiffre est éloquent, les procédures judiciaires sont faibles. Ce qui coïncide avec les statistiques de la société civile et leur analyse qui rapporte que les femmes ne déclarent pas assez, faute de timidité, de sentiment de honte ou de peur pour les enfants.

« Ces proportions sont encore plus importantes quand il s’agit de violence dans un cadre hors conjugal (22% et 3,3% respectivement) », selon le HCP.


Impact psychologique sur les enfants

Si ce genre de violences a de grandes répercussions sur les victimes, elle reste aussi importante pour les enfants, confrontés, au quotidien, à ce genre de brutalités.

En effet 16% de femmes victimes ont déclaré un changement psychologique et de comportement de leurs enfants (de 5 à 18ans).

En plus de problèmes d’énurésie (pipi au lit : 22,4%), d’isolement, de crises d’angoisse ou d’épilepsie, de cauchemars nocturnes…, ces enfants sont sujets à des problèmes psycho-sociaux ou d’ordre cognitif, tel que le manque de concentration. ce qui se traduit par une baisse de rendement scolaire.

Parmi les troubles cognitifs et comportementaux recensés, d’après les déclarations des femmes victimes de violence : régression scolaire : 22,5% des victimes, violence et agressivité : 18,9%, abandon scolaire : 7%, délinquance : 2,3% et fugue : 1%. Aussi 8,1% des victimes ont déclaré l’absentéisme de leurs enfants de l’école.






Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 10 Décembre 2020

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