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Entretien avec Ouafa Hajji, Coordinatrice du collectif "Parité Maintenant"


Le collectif Mounasafa daba s’attendait au tiers en ces échéances électorales communales, législatives et régionales de 2021. Jusqu’à maintenant, il s’avère que quoi que les candidatures des femmes aient été représentatives, les résultats sont peu convaincants quant à leur représentativité politique postélectorale et à la volonté des partis politiques.
En attendant des résultats plus clairs, au niveau de la chambre des conseillers, qui jusqu’à cette heure sont décevantes, et la constitution du gouvernement, nous avons fait un tour d’horizon avec Ouafa Hajji, la coordinatrice du collectif « Parité maintenant ». La militante associative est également l’instigatrice de tout ce mouvement féminin et collectif, autour de la présence des femmes dans les instances décisionnelles.



Lodj : En tant que porteur du projet Parité maintenant, quelles sont vos observations en marge des élections communales, législatives et professionnelles ? Les résultats obtenus jusqu’à maintenant confortent-ils vos souhaits ?
 
Mme Ouafa Hajji : En tant que collectif Parité maintenant, nous avons suivi l’ensemble du processus électoral, depuis les chambres professionnelles et nous scrutons le reste. Ce que je peux dire, c’est que nous considérons, globalement, qu’il y a eu une avancée sur le plan quantitatif (des chiffres), mais qui reste timide par rapport aux attentes prévues avec ce processus électoral. Ce qui est remarqué, c’est que ces avancées sont dues essentiellement à l’amélioration des mécanismes de discrimination positive, qui ont été mis en place lors de la réforme des textes de lois régissant le processus électoral en avril dernier. Et nous avions mené une action de lobbying  pour arriver à ces réformes.
La réforme du système électoral a permis une plus grande présence des femmes au niveau de la chambre des représentants, à travers le mécanisme de discrimination positive des listes régionales. Elle a permis également leur présence dans les assemblées des conseils communaux, régionaux et préfectoraux. Mais nous attendions plus, comme spécifié lors de la  discussion de l’ensemble  des réformes au niveau du parlement, autrement dit, le tiers au niveau des institutions élues des assemblées générales, mais aussi, dans les bureaux de l’exécutif de toutes ces institutions.
En effet, il y a peu d’avancées sur le plan de la présence des femmes dans les assemblées des institutions élues. Elles sont 96 députées sur 395 au niveau de la chambre des représentants, ce qui  n’est pas très significatif. Cela constitue un taux de 24%, donc en deçà du tiers espéré.
Par ailleurs, sur les 96 députées élues, 90 l’ont été à travers le mécanisme de discrimination positive, donc par le biais des listes régionales qui ont remplacé la liste nationale, et 6 l’ont été directement par des circonscriptions locales.
Ce qui veut dire que s’il n’y avait pas eu l’amélioration du mécanisme de discrimination positive, il n’y aurait pas eu d’avancées et le résultat serait 6 députées sur 395. D’autant plus que les partis politiques n’étaient pas réellement au rendez-vous. Ils n’ont pas  fait d’efforts supplémentaires réels par rapport à ce qui a été instauré en matière de mécanismes de discrimination positive. Ce qui ne coïncide pas avec la logique de ces outils qui est d’assurer un minimum de présence féminine, mais sans pour autant se substituer aux efforts des partis. D’autant plus que, cette fois, avec la forte présence de candidatures féminines, l’argument avancé auparavant par les partis, pour ce qui est du manque de femmes à présenter n’est plus de mise. Nous avons été agréablement surpris du nombre de femmes candidates et leur volonté d’intégrer la gestion des affaires publiques. Le collectif Parité maintenant a travaillé sur ce créneau afin de donner cette énergie positive et dynamique aux femmes afin de les encourager à se porter candidates.

Trois femmes maires est une première au Maroc, qu’en pensez vous ?

Mme O.H. : Effectivement, trois grandes  villes marocaines ont à leurs têtes des femmes  pour assurer leur gestion, ce qui est important. C’est un signal fort, un message donné aux partis politiques et à la coalition qui est en train de constituer le gouvernement. Il y a une volonté finalement affichée. C’est une démarche intéressante mais pas suffisante, et qui ne peut se substituer à une présence importante des femmes dans tous les autres conseils communaux, préfectoraux ou régionaux, au niveau rural, urbain et régional.
La vision n’est pas encore claire pour le reste. Nous espérons dépasser la faiblesse et le déficit de représentation des femmes au niveau de la chambre des conseillers. Et nous nous attendons, au niveau des partis politiques, des syndicats et du patronat, à retrouver des femmes. Mais aussi dans les instances de prise de décision du parlement, dans la présidence du groupe parlementaire, le bureau, les présidences de commissions et dans le bureau des deux chambres. Et qu’elles soient à des niveaux de responsabilité qui leur permettent d’impacter finalement la décision.
 


Les conseils régionaux ont été attribués pour la quasi-totalité aux hommes, quel est votre point de vue ?

Mme O.H. : Oui, d’ailleurs, nous l’avions souligné dans nos communiqués. Nous aurions bien aimé voir la parité instaurée au niveau des présidences des régions. Parce qu’une femme sur 12 conseillers régionaux, soit un douzième, est très faible et peu encourageant, surtout que la gestion des territoires est une nouvelle phase évolutive dans notre pays. Nous avons d’ailleurs contacté, à ce sujet face les leaders des partis. Ils nous ont dit : « Oui c’est vrai, nous avons ce problème mais nous avons veillé à ce qu’il y ait une forte présence de vice-présidentes au sein des bureaux » !


Le gouvernement est en cours de constitution avec 3 partis. Etes-vous optimiste quant à un nombre plus grand de femmes lors de ce mandat ?

Mme Ouafa Hajji : Nous ne pouvons véritablement nous prononcer quant à la présence des femmes au niveau du gouvernement. Ce que je peux espérer, c’est que les négociations, certes très serrées, ne se passent pas au détriment de la présence des femmes au gouvernement. C’est ce qui est très attendu. On nous dit que ces élections, de manière générale, nous permettent de tourner la page vis-à-vis d’une gestion qui a été  très conservatrice. On pense que c’est vrai, on en est conscients. Maintenant, il faut véritablement prendre le contrepied de cette gestion conservatrice qui a bloqué l’évolution du Maroc. Et la meilleure manière de  s’y prendre est d’appliquer l’égalité et la parité, et que les femmes soient dans les postes de prise de décision.  Et ce, si nous voulons évoluer positivement, atteindre le progrès, le développement et concevoir un Maroc dans un modèle de développement plus fructueux.
 





Mercredi 6 Octobre 2021

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