Dix questions pour comprendre les enjeux climatiques de cette nouvelle campagne agricole.
1. L'ODJ Média : Après plusieurs années de sécheresse, peut-on affirmer que le Maroc est enfin sorti de cette crise climatique ?
Réponse : Il faut distinguer la sécheresse météorologique de la sécheresse hydrologique et de la sécheresse agricole. L'hiver 2025-2026 a été exceptionnellement pluvieux dans plusieurs régions du Royaume. Il a permis une amélioration considérable des réserves hydriques.
Mais une année favorable ne suffit pas à effacer les conséquences de plusieurs années déficitaires. Les nappes souterraines, notamment, réagissent beaucoup plus lentement que les barrages.
Nous pouvons donc parler d'une amélioration significative de la situation hydrique nationale, mais pas nécessairement d'une disparition de toutes les formes de sécheresse.
2. L'ODJ Média : Aujourd'hui, 2 octobre 2026, existe-t-il des signaux scientifiques annonçant une nouvelle sécheresse pour la campagne 2026-2027 ?
Réponse : À cette période de l'année, il est encore trop tôt pour établir un diagnostic définitif.
Les prévisions saisonnières fournissent des probabilités de précipitations supérieures, proches ou inférieures aux normales. Elles ne permettent pas d'annoncer avec certitude une sécheresse plusieurs mois à l'avance.
Le véritable enjeu concerne l'installation des pluies entre octobre et décembre, puis leur régularité pendant l'hiver. Il faut également surveiller les températures. Un automne particulièrement chaud peut accentuer l'évaporation et aggraver le déficit hydrique des sols, même lorsque les précipitations ne sont pas exceptionnellement faibles.
3. L'ODJ Média : Les barrages affichent un remplissage national supérieur à 65 %. Est-ce une garantie contre une nouvelle sécheresse ?
Réponse : C'est incontestablement une situation beaucoup plus confortable que celle de l'année précédente. Mais il faut éviter de confondre réserve hydrique et garantie climatique.
Les barrages constituent un stock permettant de sécuriser une partie des besoins en eau potable, en irrigation et dans d'autres usages. Ils ne peuvent pas remplacer les précipitations nécessaires aux cultures pluviales.
Par ailleurs, les ressources ne sont pas réparties uniformément entre les bassins. Certaines régions restent beaucoup plus vulnérables que d'autres.
Un barrage bien rempli constitue donc une protection importante, mais pas une assurance contre tous les effets d'une éventuelle sécheresse.
4. L'ODJ Média : Les modèles météorologiques permettent-ils aujourd'hui de savoir si l'automne et l'hiver seront pluvieux ?
Réponse : Les modèles ont beaucoup progressé, notamment grâce aux satellites, aux supercalculateurs et à l'amélioration des observations océaniques. Cependant, la prévision saisonnière reste probabiliste.
Nous pouvons identifier des tendances générales pour les températures et les précipitations sur plusieurs mois, mais pas déterminer précisément les dates des épisodes pluvieux.
Le Maroc se situe à la rencontre de plusieurs influences climatiques : l'Atlantique, la Méditerranée, le Sahara et les reliefs de l'Atlas. Cette complexité rend les prévisions pluviométriques particulièrement délicates.
Il faut donc considérer les bulletins saisonniers comme des instruments d'anticipation, et non comme des certitudes.
5. L'ODJ Média : On parle beaucoup du retour d'El Niño. Ce phénomène peut-il provoquer une nouvelle sécheresse au Maroc ?
Réponse proposée : El Niño correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial. Il modifie les circulations atmosphériques à l'échelle mondiale.
Mais son influence sur les précipitations marocaines reste indirecte et variable. Au Maroc, l'oscillation nord-atlantique, les déplacements de l'anticyclone des Açores et la circulation atmosphérique méditerranéenne jouent des rôles déterminants.
Il serait donc incorrect d'affirmer qu'El Niño entraîne automatiquement une sécheresse au Maroc. En revanche, son influence sur les températures mondiales mérite d'être surveillée, dans un contexte général de réchauffement climatique.
6. L'ODJ Média : Quelles régions marocaines vous paraissent structurellement les plus exposées au risque de sécheresse ?
Réponse : Les régions méridionales et certaines zones de l'intérieur présentent une vulnérabilité climatique importante.
Le Souss-Massa, le Drâa-Tafilalet, les zones présahariennes et certaines parties de l'Oriental connaissent une forte variabilité des précipitations et une évaporation élevée. Mais il ne faut pas négliger les plaines céréalières du Centre.
Dans la Chaouia, les Doukkala ou les Abda, par exemple, un retard des pluies peut perturber le calendrier agricole, même lorsque les précipitations annuelles finissent par atteindre des niveaux relativement satisfaisants. La sécheresse n'est donc pas seulement une question de quantité d'eau. C'est aussi une question de calendrier et de répartition géographique.
7. L'ODJ Média : Pour les agriculteurs marocains, quelles sont les périodes décisives de la campagne 2026-2027 ?
Réponse : Il existe plusieurs périodes importantes.
Les premières pluies d'automne permettent la préparation des sols et les semis. Leur retard peut décaler l'installation des cultures. Les précipitations de décembre et janvier favorisent ensuite le développement végétatif. Enfin, les pluies de fin d'hiver et du début du printemps jouent un rôle déterminant pour les rendements céréaliers.
Une campagne peut commencer difficilement et se redresser grâce à des précipitations ultérieures. L'inverse est également possible. C'est pourquoi les agriculteurs doivent suivre non seulement les cumuls pluviométriques, mais aussi leur distribution dans le temps.
8. L'ODJ Média : Le réchauffement climatique signifie-t-il que le Maroc connaîtra nécessairement de moins en moins de pluie ?
Réponse : La réalité scientifique est plus complexe.
Le réchauffement climatique augmente les températures, accentue l'évapotranspiration et modifie les régimes de précipitations. Dans plusieurs régions du Maroc, les projections climatiques indiquent une tendance à l'aridification et une augmentation du risque de sécheresse.
Mais cela n'exclut absolument pas des années très pluvieuses, voire des épisodes de précipitations extrêmes.
Nous pouvons ainsi connaître une succession de périodes sèches prolongées et de pluies intenses concentrées sur quelques jours. Ce phénomène pose un double défi : gérer le manque d'eau et se protéger contre les inondations.
L'enjeu est donc moins de savoir si la pluie va disparaître que de comprendre comment sa fréquence, son intensité et sa répartition évoluent.
9. L'ODJ Média : L'intelligence artificielle peut-elle améliorer les prévisions de sécheresse au Maroc ?
Réponse : L'intelligence artificielle ouvre des perspectives intéressantes.
Elle permet d'analyser rapidement des volumes considérables de données provenant des stations météorologiques, des satellites, des modèles océaniques et des observations des sols.
Elle peut contribuer à améliorer certaines prévisions, à identifier des anomalies et à produire des alertes territorialisées.
Mais elle ne supprime pas l'incertitude scientifique.
Pour le Maroc, l'enjeu consiste à combiner les modèles physiques, les données locales, l'expertise des climatologues et les nouvelles méthodes d'apprentissage automatique. L'objectif devrait être de produire une information climatique directement exploitable par les agriculteurs, les agences de bassins hydrauliques et les collectivités territoriales.
Il serait particulièrement utile de développer des bulletins agroclimatiques accessibles à l'échelle provinciale, voire communale.
10. L'ODJ Média : Si vous deviez adresser aujourd'hui un message aux Marocains, aux agriculteurs et aux pouvoirs publics, quel serait-il ?
Réponse : Le premier message serait de ne pas confondre amélioration hydrique et sécurité durable.
Le Maroc dispose aujourd'hui de réserves plus importantes, ce qui constitue un avantage réel pour aborder la nouvelle campagne. Mais nous devons continuer à gérer l'eau comme une ressource rare.
Le deuxième message concerne l'anticipation. Il faut intégrer davantage les prévisions climatiques dans les décisions agricoles, la gestion des barrages et les politiques territoriales.
Enfin, il faut accepter une réalité fondamentale : nous ne maîtrisons pas la pluie, mais nous pouvons améliorer notre capacité à en gérer l'abondance comme la rareté.
La question n'est plus seulement de savoir s'il pleuvra suffisamment cette année. Elle est aussi de savoir si notre modèle de développement sera capable de résister à une variabilité climatique de plus en plus exigeante.
Réponse : Il faut distinguer la sécheresse météorologique de la sécheresse hydrologique et de la sécheresse agricole. L'hiver 2025-2026 a été exceptionnellement pluvieux dans plusieurs régions du Royaume. Il a permis une amélioration considérable des réserves hydriques.
Mais une année favorable ne suffit pas à effacer les conséquences de plusieurs années déficitaires. Les nappes souterraines, notamment, réagissent beaucoup plus lentement que les barrages.
Nous pouvons donc parler d'une amélioration significative de la situation hydrique nationale, mais pas nécessairement d'une disparition de toutes les formes de sécheresse.
2. L'ODJ Média : Aujourd'hui, 2 octobre 2026, existe-t-il des signaux scientifiques annonçant une nouvelle sécheresse pour la campagne 2026-2027 ?
Réponse : À cette période de l'année, il est encore trop tôt pour établir un diagnostic définitif.
Les prévisions saisonnières fournissent des probabilités de précipitations supérieures, proches ou inférieures aux normales. Elles ne permettent pas d'annoncer avec certitude une sécheresse plusieurs mois à l'avance.
Le véritable enjeu concerne l'installation des pluies entre octobre et décembre, puis leur régularité pendant l'hiver. Il faut également surveiller les températures. Un automne particulièrement chaud peut accentuer l'évaporation et aggraver le déficit hydrique des sols, même lorsque les précipitations ne sont pas exceptionnellement faibles.
3. L'ODJ Média : Les barrages affichent un remplissage national supérieur à 65 %. Est-ce une garantie contre une nouvelle sécheresse ?
Réponse : C'est incontestablement une situation beaucoup plus confortable que celle de l'année précédente. Mais il faut éviter de confondre réserve hydrique et garantie climatique.
Les barrages constituent un stock permettant de sécuriser une partie des besoins en eau potable, en irrigation et dans d'autres usages. Ils ne peuvent pas remplacer les précipitations nécessaires aux cultures pluviales.
Par ailleurs, les ressources ne sont pas réparties uniformément entre les bassins. Certaines régions restent beaucoup plus vulnérables que d'autres.
Un barrage bien rempli constitue donc une protection importante, mais pas une assurance contre tous les effets d'une éventuelle sécheresse.
4. L'ODJ Média : Les modèles météorologiques permettent-ils aujourd'hui de savoir si l'automne et l'hiver seront pluvieux ?
Réponse : Les modèles ont beaucoup progressé, notamment grâce aux satellites, aux supercalculateurs et à l'amélioration des observations océaniques. Cependant, la prévision saisonnière reste probabiliste.
Nous pouvons identifier des tendances générales pour les températures et les précipitations sur plusieurs mois, mais pas déterminer précisément les dates des épisodes pluvieux.
Le Maroc se situe à la rencontre de plusieurs influences climatiques : l'Atlantique, la Méditerranée, le Sahara et les reliefs de l'Atlas. Cette complexité rend les prévisions pluviométriques particulièrement délicates.
Il faut donc considérer les bulletins saisonniers comme des instruments d'anticipation, et non comme des certitudes.
5. L'ODJ Média : On parle beaucoup du retour d'El Niño. Ce phénomène peut-il provoquer une nouvelle sécheresse au Maroc ?
Réponse proposée : El Niño correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial. Il modifie les circulations atmosphériques à l'échelle mondiale.
Mais son influence sur les précipitations marocaines reste indirecte et variable. Au Maroc, l'oscillation nord-atlantique, les déplacements de l'anticyclone des Açores et la circulation atmosphérique méditerranéenne jouent des rôles déterminants.
Il serait donc incorrect d'affirmer qu'El Niño entraîne automatiquement une sécheresse au Maroc. En revanche, son influence sur les températures mondiales mérite d'être surveillée, dans un contexte général de réchauffement climatique.
6. L'ODJ Média : Quelles régions marocaines vous paraissent structurellement les plus exposées au risque de sécheresse ?
Réponse : Les régions méridionales et certaines zones de l'intérieur présentent une vulnérabilité climatique importante.
Le Souss-Massa, le Drâa-Tafilalet, les zones présahariennes et certaines parties de l'Oriental connaissent une forte variabilité des précipitations et une évaporation élevée. Mais il ne faut pas négliger les plaines céréalières du Centre.
Dans la Chaouia, les Doukkala ou les Abda, par exemple, un retard des pluies peut perturber le calendrier agricole, même lorsque les précipitations annuelles finissent par atteindre des niveaux relativement satisfaisants. La sécheresse n'est donc pas seulement une question de quantité d'eau. C'est aussi une question de calendrier et de répartition géographique.
7. L'ODJ Média : Pour les agriculteurs marocains, quelles sont les périodes décisives de la campagne 2026-2027 ?
Réponse : Il existe plusieurs périodes importantes.
Les premières pluies d'automne permettent la préparation des sols et les semis. Leur retard peut décaler l'installation des cultures. Les précipitations de décembre et janvier favorisent ensuite le développement végétatif. Enfin, les pluies de fin d'hiver et du début du printemps jouent un rôle déterminant pour les rendements céréaliers.
Une campagne peut commencer difficilement et se redresser grâce à des précipitations ultérieures. L'inverse est également possible. C'est pourquoi les agriculteurs doivent suivre non seulement les cumuls pluviométriques, mais aussi leur distribution dans le temps.
8. L'ODJ Média : Le réchauffement climatique signifie-t-il que le Maroc connaîtra nécessairement de moins en moins de pluie ?
Réponse : La réalité scientifique est plus complexe.
Le réchauffement climatique augmente les températures, accentue l'évapotranspiration et modifie les régimes de précipitations. Dans plusieurs régions du Maroc, les projections climatiques indiquent une tendance à l'aridification et une augmentation du risque de sécheresse.
Mais cela n'exclut absolument pas des années très pluvieuses, voire des épisodes de précipitations extrêmes.
Nous pouvons ainsi connaître une succession de périodes sèches prolongées et de pluies intenses concentrées sur quelques jours. Ce phénomène pose un double défi : gérer le manque d'eau et se protéger contre les inondations.
L'enjeu est donc moins de savoir si la pluie va disparaître que de comprendre comment sa fréquence, son intensité et sa répartition évoluent.
9. L'ODJ Média : L'intelligence artificielle peut-elle améliorer les prévisions de sécheresse au Maroc ?
Réponse : L'intelligence artificielle ouvre des perspectives intéressantes.
Elle permet d'analyser rapidement des volumes considérables de données provenant des stations météorologiques, des satellites, des modèles océaniques et des observations des sols.
Elle peut contribuer à améliorer certaines prévisions, à identifier des anomalies et à produire des alertes territorialisées.
Mais elle ne supprime pas l'incertitude scientifique.
Pour le Maroc, l'enjeu consiste à combiner les modèles physiques, les données locales, l'expertise des climatologues et les nouvelles méthodes d'apprentissage automatique. L'objectif devrait être de produire une information climatique directement exploitable par les agriculteurs, les agences de bassins hydrauliques et les collectivités territoriales.
Il serait particulièrement utile de développer des bulletins agroclimatiques accessibles à l'échelle provinciale, voire communale.
10. L'ODJ Média : Si vous deviez adresser aujourd'hui un message aux Marocains, aux agriculteurs et aux pouvoirs publics, quel serait-il ?
Réponse : Le premier message serait de ne pas confondre amélioration hydrique et sécurité durable.
Le Maroc dispose aujourd'hui de réserves plus importantes, ce qui constitue un avantage réel pour aborder la nouvelle campagne. Mais nous devons continuer à gérer l'eau comme une ressource rare.
Le deuxième message concerne l'anticipation. Il faut intégrer davantage les prévisions climatiques dans les décisions agricoles, la gestion des barrages et les politiques territoriales.
Enfin, il faut accepter une réalité fondamentale : nous ne maîtrisons pas la pluie, mais nous pouvons améliorer notre capacité à en gérer l'abondance comme la rareté.
La question n'est plus seulement de savoir s'il pleuvra suffisamment cette année. Elle est aussi de savoir si notre modèle de développement sera capable de résister à une variabilité climatique de plus en plus exigeante.
Conclusion de la rédaction
La campagne agricole 2026-2027 s'ouvre dans un contexte sensiblement différent de celui des années précédentes. Les réserves des barrages se sont reconstituées, mais les températures élevées et les fragilités territoriales rappellent que la question de l'eau reste structurelle.
Le Maroc n'est pas condamné à connaître une nouvelle sécheresse cette année. Il ne peut pas davantage considérer les dernières précipitations comme une garantie pour les prochains mois.
Entre optimisme hydrique et prudence climatique, une certitude demeure : la gestion de l'eau devra désormais s'inscrire dans le temps long.
Le Maroc n'est pas condamné à connaître une nouvelle sécheresse cette année. Il ne peut pas davantage considérer les dernières précipitations comme une garantie pour les prochains mois.
Entre optimisme hydrique et prudence climatique, une certitude demeure : la gestion de l'eau devra désormais s'inscrire dans le temps long.












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