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Ferroviaire : le Maroc et l’Italie explorent de nouveaux partenariats industriels

Les grands investissements ferroviaires marocains peuvent-ils accélérer la création d’une véritable filière industrielle nationale ?


Rédigé par le Jeudi 8 Octobre 2026

Le développement ferroviaire marocain attire de nouveaux partenaires internationaux. Le 6 octobre, Casablanca a accueilli une mission entrepreneuriale italienne consacrée aux infrastructures ferroviaires, réunissant entreprises, organisations professionnelles et représentants de l’écosystème marocain. Les discussions interviennent alors que le Royaume mène un programme d’investissement de 87 milliards de dirhams dans le rail. Au-delà des équipements et des marchés à venir, un enjeu stratégique apparaît : transformer cette dynamique d’infrastructures en opportunités industrielles durables pour les entreprises et les compétences marocaines.



​Casablanca accueille une mission consacrée au rail

Les échanges organisés à Casablanca ont permis de présenter les perspectives de coopération entre les opérateurs marocains et italiens du secteur ferroviaire.

La mission a été portée par l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), en collaboration avec plusieurs organisations professionnelles, dont ANIE, ASSIFER, Ditecfer, OICE et Confindustria Assafrica & Mediterraneo.

Les discussions ont porté sur les besoins associés à la modernisation du réseau ferroviaire marocain, mais aussi sur les possibilités de partenariat technologique et industriel.

Luigi D’Aprea, directeur de l’ICE à Casablanca, a notamment souligné le rôle stratégique du ferroviaire pour la logistique et les connexions entre les différentes infrastructures de transport.

Il importe de préciser le statut de cette rencontre.

Les informations publiques consultées établissent l’organisation d’échanges et la présentation d’opportunités de coopération. Elles ne démontrent pas, à elles seules, la conclusion de contrats commerciaux ou l’attribution de marchés à des entreprises italiennes.

​Un programme d’investissement de 87 milliards de dirhams

La mission italienne intervient dans un contexte d’investissements ferroviaires de grande ampleur.

Le programme évoqué lors de la rencontre représente 87 milliards de dirhams et comprend plusieurs composantes.

L’une des plus importantes concerne l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, sur une longueur annoncée de 430 kilomètres.

Le programme comprend également le développement de réseaux express régionaux dans les grandes agglomérations de Rabat, Casablanca et Marrakech.

À ces chantiers s’ajoutent l’acquisition programmée de 168 trains et différentes opérations de modernisation.

Selon les informations présentées à Casablanca, l’extension vers Marrakech permettra notamment de relier cinq régions représentant 59 % de la population.

Ces investissements traduisent une volonté d’améliorer les déplacements de voyageurs, d’accompagner l’urbanisation et de renforcer les performances logistiques du pays.

La réalisation de ces projets reste toutefois soumise à des calendriers, des procédures de marchés et des étapes techniques distinctes.

​Des infrastructures aux capacités industrielles

Pour le Maroc, l’intérêt d’une coopération ferroviaire ne se limite pas à l’acquisition de matériel.

Le véritable enjeu industriel porte sur la capacité à développer localement une partie des activités nécessaires au fonctionnement et à l’entretien du réseau.

Il peut s’agir de fabrication de composants, d’assemblage, de maintenance, de systèmes électriques, de signalisation ou d’ingénierie.

Kenza Benabderrazik, directrice générale du cluster Morocco Train Industry, a mis en avant l’ambition de développer un écosystème ferroviaire national capable, à terme, de répondre aux besoins domestiques et de viser les marchés extérieurs.

Cette orientation mérite d’être distinguée d’une réalisation déjà acquise.
Le développement d’une filière compétitive suppose des investissements, des certifications, la maîtrise de technologies spécifiques et une continuité des commandes.

La présence de fournisseurs internationaux peut favoriser les transferts de compétences, mais ceux-ci ne sont jamais automatiques.

Ils dépendent du contenu des accords industriels, de l’organisation des chaînes d’approvisionnement et de la place réellement accordée aux entreprises nationales.

​Formation, emplois et sous-traitance : des enjeux complémentaires

La montée en puissance du secteur pourrait ouvrir des perspectives pour plusieurs catégories de professionnels.

Les métiers de maintenance ferroviaire, d’automatisation, d’électronique, de mécanique et de sécurité nécessitent des compétences spécialisées.
Les établissements de formation professionnelle, écoles d’ingénieurs et universités peuvent jouer un rôle dans la préparation de ces ressources humaines.

Pour les petites et moyennes entreprises marocaines, l’enjeu porte également sur l’accès aux marchés.

L’intégration dans une chaîne industrielle exige le respect de normes, de délais, de procédures de contrôle et de critères de qualité souvent exigeants.

La capacité des entreprises locales à y répondre déterminera en partie les retombées économiques du programme.

Il faudra aussi distinguer les emplois temporaires générés pendant les travaux des emplois industriels susceptibles de se maintenir une fois les infrastructures réalisées.






Jeudi 8 Octobre 2026

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