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Françafrique : le Mali, c’est fini


Les forces françaises de l’opération Barkhane ont quitté le Mali, le 15 août, sous la pression de la junte militaire au pouvoir à Bamako. Paris ne peut que constater le recul inexorable de son influence en Afrique.



Écouter le podcast en entier :


Sans tambour, ni trompette, les soldats français de l’opération « Barkhane » ont achevé leur retrait du Mali, pour être redéployés au Niger.

Paris a ainsi souligné que l’armée française allait continuer sa lutte contre le terrorisme jihadiste au Sahel.

La décision de mettre un terme à l’opération Barkhane et à la présence militaire française au Mali a été prise le 17 février, quand Paris a constaté que « les conditions n’étaient plus réunies pour rester au Mali », selon le site de l’Elysée.

En termes moins diplomatiques, le président Emmanuel Macron a bien été obligé d’admettre que le sentiment anti-français au Mali était devenu tel que les soldats de l’opération Barkhane n’avaient d’autres choix que de plier bagages.

Perte de popularité

Les médias français ont beau mettre l’accent sur la nature non-démocratique du régime actuel au Mali, une junte militaire menée par le Colonel Assimi Goïta qui a renversé, le 18 août 2020, le président élu Ibrahim Boubacar Keïta, il n’en demeure pas moins avéré que l’actuel pouvoir à Bamako jouit d’une certaine popularité auprès des Maliens.

La France paye pour ses choix stratégiques douteux et son hypocrisie politique au Mali, après avoir sacrifié la vie de 59 de ses soldats lors de ladite opération Barkhane.

Sachant que Barkhane fait suite à l’opération Serval, qui a duré de janvier 2013 à août 2014, et coûté la vie 9 soldats français, Paris aurait donc subi la perte de 68 soldats, pour voir, en fin de compte, ses forces militaires engagées au Mali mises à la porte.

Conflit ethnique

La raison avancée par les médias français pour expliquer le départ de l’armée française du Mali serait la lutte d’influence qui oppose la France à la Russie en Afrique, les mercenaires russes de la société Wagner, réputée proche du Kremlin, devant y remplacer les forces de l’Hexagone.

Sans être erronée, cette explication ne constitue qu’une part du déroulement des évènements qui ont mené au départ des forces militaires françaises au Mali.

Il faut revenir à l’opération Serval, qui a permit d’empêcher les jihadistes de prendre d’assaut la capitale du Mali, pour saisir la complexité du sujet.

Les forces armées maliennes ont du attendre le 13 février 2020 pour entrer dans la ville de Kidal, fief des rebelles Touaregs proches d’Al Qaïda dirigés par Iyad Ag Ghali, pourtant tombée aux mains de l’armée française début 2014.

Démocratie « arithmétique »

Paris était prise entre le marteau de l’intégrité territoriale malienne et du droit de l’autorité centrale d’exercer sa pleine souveraineté sur le Nord du Mali et la réalité d’une composition ethnique, avec ses référents historiques, totalement inadaptée à un régime démocratique à l’occidentale.

Au Nord du Mali se trouvent les tribus de pasteurs nomades et semi-nomades Touaregs et Maures (Amazighs) et les Kountas (Arabes).

Ces ethnies, fières d’une longue tradition guerrière qui les a fait craindre pendant des siècles par les ethnies du Sud, ne représentent pas plus de 10% de la population.

Les ethnies du Sud, à vocation d’agriculteurs et anciennement opprimées par les ethnies du Nord, se sont retrouvées, après le départ du colonisateur français en 1960, les maîtres du Mali, par la grâce de la démocratie « arithmétique ».

Insurrections à répétition

La première rébellion touareg a eu lieu en 1963, c'est-à-dire trois ans seulement après l’accès à l’indépendance. Il y a eu, par la suite, quatre autres insurrections touaregs, en 1990, en 2006, en 2007 et en 2012.

S’imaginer que les anciens oppresseurs du Nord du Mali allaient se plier, par la magie de la démocratie, à l’autorité de leurs anciens opprimés du Sud, ou que ses derniers allaient traiter les premiers, sous leur administration, en simples citoyens ne peut germer que dans l’esprit malade d’Occidentaux convaincus de l’universalité de leur modèle politique.

Maintenant que les Français se sont retirés du Mali, il est certain que les milices jihadistes vont reprendre du poil de la bête, mais il n’est pas aussi sûr qu’elles puissent envahir la capitale, Bamako, dont la défense est actuellement assurée par les mercenaires russes de Wagner.

Terroristes et criminels

D’ailleurs, que sont réellement ces milices jihadistes ? Les Touaregs se sont essentiellement liés à Al Qaïda, qui s’est adaptée à leurs revendications politico-ethniques.

Daech est venue la concurrencer dans la zone du Sahel, mais en gardant son idéologie internationaliste, ce qui en fait une véritable bizarrerie auprès de populations à culture fondamentalement tribale.

Mais il y a également toutes les bandes de narcotrafiquants sévissant dans cette région, qui trouvent moins honteux de se présenter comme des terroristes plutôt que les criminels qu’ils sont réellement.

Toutes ces bandes armées du Nord du Mali, aux motivations différenciées, n’en coopèrent pas moins contre l’ennemi commun du Sud. A l’exception de Daech, qui combat frontalement Al Qaïda pour l’évincer du Sahel.

Le troisième larron

Le recul d’influence de Paris sur le continent noir, avec une progression notable des sentiments anti-français dans une Afrique de l’Ouest, pourtant jusqu’à présent considérée comme une arrière-cour de la France, ne va pas manquer de laisser apparaître une autre ambition hégémonique, qui attendait impatiemment son heure, celle des Anglo-saxons.

Pendant ce temps, les populations du Mali, du Nord comme du Sud, vont continuer à souffrir des affres d’une guerre de basse intensité, mais ininterrompue.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mardi 16 Août 2022

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