Ces tensions coïncident en effet avec une nouvelle dynamique politique autour du Sahara marocain.
L’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations unies constitue une étape importante : le texte appelle à une solution réaliste, pragmatique et durable sous souveraineté marocaine.
Dans ce cadre, le rôle des États-Unis devient central. Washington pousse désormais à accélérer le règlement politique à travers des formats de discussions discrets réunissant les différentes parties.
L’objectif affiché n’est plus la gestion indéfinie du conflit mais son aboutissement dans un calendrier diplomatique raisonnable.
Cette évolution modifie l’équilibre traditionnel du dossier.
La phase actuelle réduit cet espace d’ambiguïté : la recherche d’une solution implique désormais une implication plus explicite de tous les acteurs concernés.
Dans ce contexte, les incidents frontaliers prennent une signification particulière. Ils ne traduisent pas nécessairement une volonté d’escalade militaire — dont le coût serait considérable pour toute la région — mais relèvent davantage d’une diplomatie parallèle faite de signaux, de pressions limitées et de démonstrations de présence.
Dans de nombreux conflits prolongés, le terrain devient un prolongement du rapport de forces politique au moment où les négociations approchent d’une phase décisive.
Parallèlement, le débat évolue également sur le plan juridique international.
Sans décision officielle à ce stade, cette discussion traduit néanmoins une évolution de perception du dossier, désormais associé à la stabilité régionale.
Pour le Maroc, la stratégie consiste à maintenir une double posture : fermeté sur la souveraineté et ouverture sur la solution politique.
L’initiative d’autonomie apparaît aujourd’hui comme la formule la plus crédible conciliant intégrité territoriale, gouvernance locale et sécurité régionale sous souveraineté marocaine, ce qui explique le soutien international croissant et l’intensification actuelle de l’activité diplomatique.
Ainsi, les tensions ponctuelles observées à la frontière ne doivent pas être interprétées comme le prélude d’un conflit direct, mais comme les secousses d’une phase de transition.
Après près d’un demi-siècle d’immobilisme, le dossier entre progressivement dans une logique de résolution.
Au-delà des incidents, une réalité s’impose : le Sahara marocain est désormais engagé dans un processus de règlement et non plus dans un statu quo.
L’enjeu pour l’ensemble du Maghreb n’est pas la prolongation du conflit, mais la gestion de l’après-conflit — stabilité, intégration régionale et développement partagé.
Rédigé par Abdelghani El Arrasse - Membre de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens.












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