Une gouvernance qui change d’échelle
Le projet APA II s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux du Royaume, tout en cherchant à les traduire dans des dispositifs concrets. Il ne s’agit plus seulement de conservation, mais de régulation, de traçabilité et de partage des bénéfices. Les outils de sauvegarde sociale et environnementale mis en place visent à éviter les dérives connues ailleurs : appropriation abusive des ressources, marginalisation des communautés locales, ou exploitation sans retour économique réel.
Dans les réunions techniques, souvent loin des projecteurs, un mot revient avec insistance : confiance. Confiance entre l’État, les acteurs économiques, les chercheurs et les populations locales. Sans elle, aucune chaîne de valeur durable ne tient. L’APA II tente justement de créer ce socle, en clarifiant les règles du jeu et en rendant visibles les droits, mais aussi les devoirs, de chaque partie prenante.
Les communautés locales au centre du dispositif
L’un des apports majeurs du projet réside dans son ancrage territorial. Les communautés locales ne sont plus considérées comme de simples “bénéficiaires”, mais comme des acteurs à part entière. Leurs savoirs traditionnels, souvent transmis oralement, deviennent une richesse reconnue, protégée et intégrée dans des modèles économiques responsables.
Cette reconnaissance n’est pas symbolique. Elle conditionne l’acceptabilité sociale des projets liés à la biodiversité. Dans certaines zones rurales, où les opportunités économiques restent limitées, la valorisation durable des ressources génétiques peut représenter une source de revenus complémentaires, sans rompre les équilibres sociaux ni environnementaux. C’est là que l’économie verte cesse d’être un slogan pour devenir une pratique.
Chaînes de valeur durables : promesse et vigilance
La promotion de chaînes de valeur durables constitue un autre pilier de l’APA II. Transformation locale, traçabilité, respect des écosystèmes : les principes sont clairs. Leur mise en œuvre, elle, exige une vigilance constante. Le risque de “verdissement” de façade existe, et les porteurs du projet en sont conscients.
Le rôle du FEM et du PNUD est ici déterminant. Leur appui ne se limite pas au financement ou à l’expertise technique. Il apporte aussi un cadre de redevabilité, essentiel pour maintenir le cap sur les objectifs initiaux. Dans un contexte international marqué par la pression sur les ressources naturelles, le Maroc cherche à avancer sans précipitation, mais sans naïveté non plus.
Un choix stratégique pour le Maroc de demain
En misant sur une gouvernance environnementale structurée autour des ressources génétiques, le Royaume envoie un signal clair : la durabilité n’est pas une contrainte, mais un choix stratégique. Un choix qui suppose des arbitrages, des compromis, parfois des lenteurs. Mais aussi une vision de long terme, alignée avec les aspirations d’une nouvelle génération attentive aux droits économiques, sociaux et environnementaux.
L’APA II ne réglera pas, à lui seul, tous les défis liés à la biodiversité au Maroc. Il trace néanmoins une voie crédible : celle d’un développement qui respecte les territoires, valorise les savoirs locaux et inscrit l’économie verte dans une logique de partage. Une voie exigeante, mais cohérente avec l’idée d’un Maroc durable, solidaire et résolument tourné vers l’avenir.












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