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Gouvernement : Quelle communication ?


Formé le 7 octobre dernier, le gouvernement Akhannouch n'a même pas deux mois. Trop tôt pour évaluer quoi que ce soit. La tradition - journalistique surtout - accorde d'ordinaire "Cent jours" à un nouveau cabinet. Un état de grâce.



Par Mustapha Sehimi

gouvernement_quelle_communication.mp3 A lire ou à écouter en podcast :  (5.52 Mo)

Est-ce le cas aujourd'hui ? Pas vraiment ! La curée a commencé dès les premiers jours - une sorte d'assaut, de siège aussi, mené par les perdants, ceux qui ont été rejetés dans l'opposition. Il faut donc raison garder pour risquer une appréhension péremptoire. Il est vrai que "les couacs" n'ont pas manqué - telle, la démission ou plutôt le limogeage six jours à peine après sa nomination au département de la santé, de la nouvelle maire de Casablanca, la RNI Nabila Rmili. La raison officiellement invoquée m'a trompé personne : la lourdeur de la double charge d'un tel cumul... Mauvais départ. Et puis, la majorité des ministres sont des technocrates, peu enclins sans doute par tempérament au nécessaire faire savoir qui doit accompagner leur savoir-faire supposé ou réel. De nombreux ministres sont encore en train de former leurs cabinets, à la recherche de spécialistes en communication ou encore de ceux pouvant les accompagner avec des éléments de langage audibles participant d'une feuille de route annoncée. 


Reprendre la main


Le Chef de l'exécutif, Aziz Akhannouch, n'a pas - c'est connu - une forte appétence pour la communication. Par tempérament sans doute - c'est ainsi. L'on a encore en mémoire ses ratés, tel son discours à Milan décembre 2019 devant les MRE : "rééduquer les Marocains qui manquent d'éducation"... Depuis, il fait montre de prudence, voire la frilosité en n'improvisant plus pratiquement et en lisant ses discours. 
 

Cela dit, comment marche, si l'on peut dire, la machine gouvernementale dans sa communication ? A n’en pas douter, le Chef du gouvernement doit davantage reprendre la main pour mieux expliquer les multiples déclinaisons des politiques publiques à entreprendre dans le cadre de son programme d'investiture par le Parlement. Pour l'heure, en tout cas, certains membres de son cabinet s'emploient à porter déjà la bonne parole mais dans leurs secteurs respectifs : Abdellatif Ouahbi à la justice mobilisé pour la réforme du code pénal surtout et partant sur des réformes sociétales, Mohamed Mehdi Bensaïd (jeunesse, culture et communication), Ryad Mezzour ( industrie, commerce, Faouzi lakjaa (budget), Nadia Fettah Alaoui ( économie et finances), Mohcine Jazouli (investissement)… D'autres peinent encore à se donner une visibilité minimale : ils ne paraissent pas imprimer pour l'instant.
 

Mais une addition d'interventions sectorielles suffit-elle ? Pas vraiment : i1 importe en effet que s'affirme au plus tôt une communication globale. L'insistance sur " l'Etat social" ne suffit pas. C'est évidemment un grand chantier de législature - un chantier royal - traduisant de grandes avancées prises en compte dans le nouveau modèle de développement. Mais pour le reste qu'en est-il ? La relance économique est une priorité et une ardente obligation ; la consolidation et la promotion des PME et des TPME en est une autre. De quoi aider à restaurer la confiance. Sauf à préciser qu'il manque – encore - du concret, un calendrier, des engagements clairs. Les annonces officielles de budgets mirifiques, ici ou là, ou encore d'accords de même registre, ne sont pas à évacuer sans doute. Mais ils pêchent peut-être par manque de visibilité à court, moyen et long terme. Une mention particulière doit être faite à propos de Nizar Baraka, ministre de l'équipement et de l'eau - et par ailleurs secrétaire général du parti de l'istiqlal- qui paraît en retrait par rapport à ses collègues empressés dans un "sprint" de début de mandat. Compte tenu de son parcours ministériel (affaires économiques générales d'octobre 2007 à janvier 2012 puis de l'économie durant dix-huit mois) il est "marathonien», plutôt attaché à un programme sur cinq ans qu'à des postures et à des coups de menton médiatiques aujourd'hui. 
 

Ce qui se passe avec Chakib Benmoussa, ministre de l'éducation nationale est intéressant à relever. Encarté RNI, l'on a considéré qu'il était l’homme de la situation dans ce secteur pour faire passer, fût-ce à marche forcée, la difficile mais nécessaire et profonde réforme du système éducatif. Prévaut ici, semble-t-il, une forme de gouvernance autoritaire qui a fini par s'imposer après des semaines de rencontres avec les cinq syndicats les plus représentatifs. Patatras ! Le voilà qui décide des mesures restrictives  relatives à l’âge de moins de trente ans des candidats au recrutement l'enseignant contractuels. Suit une cristallisation, par suite d'un défaut de concertation - mais aurait-elle abouti ? Rien n'est moins sûr. Bien des résistances restent conservatrices parce que "statutaires", rétives au changement - le corps enseignant n'y échappe pas. Du pain béni pour les acteurs hostiles à ce gouvernement et à sa majorité et qui se mobilisent dans ce sens. Un "patchwork" de PJD, d'Al Adl Wal Ihsan, du PSU, d'Al Nahj Démocrati et de l'AMDH, attisant les braises contestataires, ici ou là, à travers le royaume. 
 

Alors ? Tenir bon. Faire face. Expliquer. Communiquer. Avec un paramètre supplémentaire: porter politiquement les réformes ; mettre en avant aussi des profils pouvant assurer le service après-vente (SAV) de la politique au gouvernement, ses mesures et ses réformes mises en perspective. 

Rédigé par Mustapha Sehimi sur https://quid.ma




Jeudi 2 Décembre 2021


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