Après l’achèvement des travaux de terrassement et de gros œuvre, le projet entre dans une phase aussi spectaculaire que complexe. Ce troisième lot concerne l’un des volets les plus visibles du futur stade : sa peau, son identité architecturale, ce que le public retiendra avant même d’y pénétrer. À travers ce marché, l’ANEP confirme l’avancement méthodique d’un chantier présenté comme l’un des plus ambitieux jamais engagés dans le secteur des infrastructures sportives au Maroc.
Le montant estimatif de 3,29 milliards de dirhams TTC donne la mesure de l’enjeu. Les prestations attendues couvrent plusieurs corps d’état à forte technicité : gros œuvres spécifiques, charpente métallique de grande portée, installation d’un réseau de câbles tendus, ainsi que la réalisation de l’enveloppe architecturale en membrane et aluminium. Autant d’éléments déterminants, à la fois pour la performance structurelle du stade et pour son image iconique.
Face à cette complexité, le cahier des charges se veut particulièrement exigeant. Les entreprises marocaines candidates doivent justifier d’une qualification L8 en charpente métallique, avec une classe minimale 1, documents certifiés à l’appui. Pour les groupes étrangers, l’ANEP impose des références solides : au moins deux projets réalisés au cours des dix dernières années, dont la couverture complète d’un stade de plus de 40 000 places, ainsi qu’un autre projet comparable avec un montant de travaux d’au moins 2 milliards de dirhams TTC pour la charpente, la couverture et la façade. Le message est clair : ce lot ne laisse aucune place à l’improvisation.
Au-delà du marché lui-même, le Grand Stade Hassan II s’inscrit dans une vision structurante à long terme. Conçu par le cabinet marocain Oualalou + Choi, en partenariat avec le cabinet international Populous, référence mondiale dans la conception de stades, l’ouvrage revendique une architecture monumentale, inspirée des formes et des symboles marocains. Avec une capacité annoncée d’environ 115 000 spectateurs, il deviendra le plus grand stade du Royaume et l’un des plus vastes au niveau international.
Implanté sur un site de plus de 100 hectares dans la province de Benslimane, le stade est pensé comme un pôle sportif, culturel et urbain à part entière. Il ne s’agit pas seulement d’un équipement destiné aux grands rendez-vous footballistiques, mais d’un levier d’aménagement du territoire, susceptible de générer des retombées économiques, touristiques et sociales à l’échelle régionale.
Ce projet prend une dimension particulière dans la perspective de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Le Grand Stade de Casablanca figure parmi les enceintes pressenties pour accueillir la finale de la compétition. Une hypothèse qui confère à l’ouvrage une portée symbolique forte, tant sur le plan diplomatique que sur celui du rayonnement du Royaume.
À travers cet appel d’offres à 3,29 milliards de dirhams, le Grand Stade Hassan II s’affirme comme bien plus qu’un chantier d’ingénierie. Il devient un révélateur : celui de la capacité du Maroc à porter des projets d’envergure mondiale tout en posant, en filigrane, une question essentielle comment transformer une ambition spectaculaire en héritage durable, au service de l’économie, des territoires et des générations futures.












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