Sur ce terrain, le Maroc fait face à un défi réel.
À l’approche de compétitions sportives majeures, des contenus circulent : images sorties de leur contexte, vidéos anciennes réutilisées, doutes sur les capacités organisationnelles du pays, tentatives de fragilisation de son image internationale. Pourtant, les faits sont vérifiables.
Le Maroc a investi massivement dans des stades de nouvelle génération, modernisé ses infrastructures logistiques, développé des ports et axes autoroutiers parmi les plus performants du continent africain et démontré, à plusieurs reprises, sa capacité à organiser des événements d’envergure internationale.
Le pays construit, modernise et réforme. Mais dans la guerre des récits, construire ne suffit pas. Celui qui structure le récit influence la perception.
C’est là que réside le paradoxe marocain. Le Royaume déploie des efforts considérables : généralisation progressive de la couverture médicale, soutien direct aux ménages vulnérables, aides aux agriculteurs pour préserver le cheptel dans un contexte climatique difficile, mobilisation rapide face aux catastrophes naturelles, investissements structurants dans les infrastructures sportives et touristiques.
À cela s’ajoute un chantier stratégique majeur souvent sous-estimé : la sécurité hydrique. Après près de huit années de sécheresse continue, le Maroc a engagé une politique volontariste de gestion et de redistribution des ressources en eau.
Le projet des « autoroutes de l’eau » permettant le transfert entre bassins hydrauliques constitue une réponse structurante à la raréfaction des précipitations.
Parallèlement, le Royaume a accéléré la construction et la mise en service de stations de dessalement de l’eau de mer, devenues un pilier essentiel de la stratégie nationale de résilience climatique.
Ces choix traduisent une vision à long terme et une capacité d’anticipation face aux défis environnementaux.
Pourtant, ces politiques publiques ambitieuses sont souvent insuffisamment expliquées et valorisées à l’international.
La communication institutionnelle marocaine demeure majoritairement factuelle et mesurée.
Dans le même temps, certains acteurs extérieurs utilisent des méthodes d’influence plus offensives : réseaux sociaux coordonnés, relais médiatiques internationaux, narratifs émotionnels et répétitifs capables de façonner progressivement les perceptions.
Le risque n’est pas uniquement externe. La répétition de discours critiques peut influencer une partie de l’opinion nationale elle-même, créant doute et confusion.
Or, la cohésion interne est un pilier fondamental de toute stratégie nationale.
Défendre le récit du pays ne relève pas de la propagande ; il s’agit de souveraineté informationnelle.
Cela suppose une meilleure coordination entre diplomatie, communication gouvernementale et présence digitale internationale.
Cela implique également un investissement accru dans des contenus multilingues de qualité, fondés sur des données vérifiables, adaptés aux standards des médias internationaux. Il devient nécessaire de former et d’encourager des experts, analystes et communicants capables de porter la voix du Maroc dans les grands espaces médiatiques mondiaux.
La réponse aux informations inexactes doit être rapide, factuelle et structurée. Mais au-delà de la réaction, l’enjeu principal demeure l’anticipation : raconter le Maroc avant que d’autres ne le fassent à sa place.
Mettre en avant ses réussites économiques, ses politiques sociales, ses avancées institutionnelles, ses choix stratégiques en matière d’eau et de résilience climatique, ainsi que son rôle croissant sur le continent africain dans une vision cohérente et assumée.
À l’ère numérique, le silence est souvent interprété comme un manque d’arguments ou une fragilité.
Aujourd’hui, la souveraineté ne se mesure plus uniquement en kilomètres d’autoroute, en capacités industrielles ou en volumes d’investissement.
Elle se mesure aussi en capacité à structurer et diffuser son propre récit.
Le Maroc construit. Il investit. Il réforme.
Le moment est venu de passer d’une communication essentiellement administrative à une communication stratégique, fondée sur l’anticipation, la cohérence et l’influence.
Rédigé par Abdelghani El Arrasse - Economiste, Membre de L’AEI.












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