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Gueule de bois…


Le 1er janvier de chaque nouvelle année a toujours une saveur particulière. Il ne ressemble à aucun autre jour de l’année. Car c’est le premier jour d’abord, qu’il survient fatidiquement après une longue nuit de fête, qui sert à enterrer majestueusement toute l’année précédente avec ses peines et ses mauvais souvenirs.



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Par Rachid Boufous

Le premier janvier est le jour de l’espoir de jours et d’années meilleurs. C’est aussi le jour des résolutions importantes : j’arrête la cigarette, j’arrête de boire, j’arrête avec le chocolat, j’arrête de sortir le soir, j’arrête de déconner, j’arrête de soutenir Poutine, j’arrête d’arrêter…

Bref, on cherche à se donner bonne conscience en essayant à repartir avec de nouvelles résolutions, qu’on sait pertinemment qu’on ne tiendra pas. Mais par les temps qui courent, vaut mieux avoir la Niya Regraguiya et essayer de faire du mieux que nous pouvons pour y parvenir.

Pour celles et ceux qui ont fait la fête la veille, le réveil est souvent tardif, avec ce qu’on dénomme communément la « gueule de bois ». D’ailleurs, l'expression « avoir la gueule de bois » viendrait du fait d'avoir la bouche sèche comme du bois (pâteuse)après avoir bu trop d'alcool, puis aurait évolué pour désigner les symptômes dus à l'alcool au réveil.

C’est pour ces gens, que le brunch a été inventé. Ce petit-déjeuner-déjeuner-dîner qui dure plusieurs heures, au soleil d’hiver de préférence avec un arrière-fond de plage, de désert, de monts enneigés ou de grande pelouse au bord de la piscine, après un long réveil tardif.

C’est aussi le moment où on avale des tonnes de cachets réveillants après un réveillon plein de bulles pour somnambules. 

C’est aussi, en ce jour, que le mec qui a inventé l’aspirine, a décidé de lui donner un autre nom, plus mystérieux, et le vendre à tous les porteurs de gueule de bois, en milliards de gélules : l’ALKA-SELTZER était né. Il est utilisé pour faire baisser la fièvre et dans le traitement des affections douloureuses, mais certainement pas pour enlever l’effet de la gueule de bois. Mais la Niya étant toujours de rigueur, les neurones font croire au corps que ça marche aussi pour la même chose…

Chez nous la gueule de bois a un nom magique : Tmen. Pour enlever le fameux « Tmen », les saints buveurs-pécheurs boivent une bière au réveil, ou même deux. Apparemment c’est plus efficace que l’ALKA-SELTZER. Jamais essayé. Car depuis longtemps je ne sors que pour boire du thé japonais ou russe. Quand j’ai soif, j’opte pour du thé français, rouge de préférence. Comme celui des Bennaya sur les chantiers. C’est plus sûr et moins enivrant…

Au réveil, le premier janvier, on retrouve à côté de soi les cotillons, les masques de carnaval, les perruques bleues ou vertes, et autres chapeaux en plastique compensé. On ne sait plus à quel moment on s’est déguisé pour partir dans des cris de joie et de fureur : à 23h59 ou à 00h03…

Entre-temps on embrasse tout ce qui se trouve à proximité en criant haut et fort : Boooonnne Annéeeee !!! 

Tout le monde y passe, les voisins de table, les amis, la famille, les inconnus rencontrés lors de la soirée et même le serveur perdu entre les commandes et le videur ultra contaminé aux stéroïdes qui attend sagement que quelqu’un dérape pour l’envoyer au tapis…

Quand la soirée est privée, en général tout le monde arrive habillé en noir. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs ! Peut-être pour fêter le deuil de l’année passée. Les nanas y sont en général ultra poudrées avec des robes ultra serrées qui n’arrivent pourtant pas à cacher les affres du temps sur les cellules adipeuses. Les mecs sont pareils, cachant une calvitie naissante avec des chapeaux quelconques et un ventre ventripotent contenu dans une chemise taille M, pour des XXL et qui risque d’exploser à tout moment. 


 

La soirée démarre toujours timidement, le temps de faire connaissance avec les inconnu(e)s invités, après avoir fait la bise de circonstance à tout le monde et remis le vin, les alcools forts et les gâteaux ramenés, à Hafida qui doit convoyer à la cuisine le salaire du trimestre entre les bras surchargés de multiples Harams.

Justement, en matière de Haram, le jour de l’an est la seule nuit où beaucoup de bons musulmans et assimilés, prennent un jour off, pour s’adonner à des interdits susceptibles de les envoyer en enfer. Mais rien n’y fait, s’étourdir un moment et oublier le monde autour de soi en voguant sur le dos d’éléphants roses, c’est le rêve d’un jour auquel beaucoup aspirent et pour lequel ils enverraient Dante Allighieri à l’échafaud.

Ils distribueront des aumônes les autres jours, quand ils seront mieux disposés, en essayant de racheter des indulgences pour les péchés d’une nuit inoubliable, auprès d’hommes de foi contemporains…

Et puis, dès que le DJ, loué pour la soirée, se met à programmer des tubes endiablés et que l’eau de feu ait brûlé les entrailles, déjà gorgées de noix de cajou, de fromage, d’olives, de biscuits et amandes salés, de ships, de saucisson, de pistaches iraniennes, de jambon, de Kawkaw et autres amuse-gueules, direction la piste de danse et place aux déhanchements lascifs et provocateurs. 

Après, tout dépend. Est-ce qu’on arrive sains et saufs au dîner d’avant le compte à rebours des 12 coups de minuits pour prolonger la soirée à plus d’heure ou est-ce qu’on se dirige rapidement aux toilettes pour vider l’acide accumulé provoqué par la terrible réaction chimique non maîtrisée par tant d’huiles, de sucres, de gras, de sels et d’alcools ingurgités…? 

Quand la soirée se déroule en hôtel ou en boîte nuit, c’est une autre ambiance. En hôtel c’est toujours plus guindé jusqu’à minuit, après coup, c’est l’explosion de cotillons et danses. En boîte de nuit, ça ne démarre qu’après minuit, déjà en nouvelle année.

J’adore les fins d’année en Espagne et particulièrement à Séville, la sœur aînée de Marrakech. Avant onze heures et demi du soir, pas âme qui circule dans les rues. Les gens sont chez eux ou dans les restaurants pour le dîner de circonstance. Mais à une demi-heure de la fin de l’année, la grande place de la mairie devient noire de monde, on achète de petits sachets contenant 12 raisins.

Tout le monde s’agglutine dans la place par ce froid sec d’hiver espagnol munis de bouteilles de champagne, et de vins et alcools en tous genres. Et aux démarrage des douze coups de minuit on ouvre le sachet, et à chaque coup, on avale un raisin et on fait un vœu, ou le contraire. Il n’y a pas de règle précise. L’essentiel est d’avaler les 12 raisins au 12e son de glas. Apparemment au 12eme raisin, si tout va bien les vœux s’exaucent. Bon coup marketing pour vendre du raisin en hiver, quant aux vœux, il faut avoir la Niya… et attendre.

Juste après, on entend un grand bruit de rideaux métalliques qui s’ouvrent d’un coup, les bars ouvrent leurs portes simultanément et place à la fête jusqu’à l’aube.

Partout dans le monde à la même heure, place aux feux d’artifice, aux sabrage de champagne . Toujours sabrer le champagne, et non le sabler cette expression n’existant pas puisque ce sont les maréchaux de Napoleon qui ont dégoupillé le champagne au sabre sur les champs de bataille.

Le sabrer à l’encolure et à la veine de verre qui en est la couture, le bouchon coincé avec la couronne en fil de fer pour qu’il ne blesse personne, utiliser une cuillère ou un couteau, à défaut de sabre et d’un coup sec du bas de la bouteille vers le haut, la tête s’en trouve guillotinée, pour le plus grand bonheur des admiratrices et des admirateurs, à moitié conscients de leur état…

Le problème qui reste après cette longue nuit de fête est la reconduite aux frontières de chez soi. Toujours prévoir une personne sobre dans son voisinage, pour rentrer, sinon dormir sur les lieux. Pas besoin de commettre une folie au volant et pas besoin de se retrouver en cellule de dégrisement après un contrôle fortuit à un barrage de police.

Le mieux avec l’âge arrivant, est de rester chez soi peinardement, à regarder les niaiseries de fin d’année à la télévision, de boire un petit sec accompagné de petits mets savamment préparés, au chaud, sous une couverture en polaire, en se remémorant les souvenirs quand on avait vingt ans et toutes ses dents, tout en gardant près de soi le téléphone allumé pour s’enquérir des coups de fils de minuit et de l’heure où vos enfants vont rentrer de la fête organisée chez leurs copains… 

Et de se dire que passé le jour de l’an, tous les autres soirs de l’année à venir, seront des jours de fête, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige…

Bonne année les Ami(e)s et bonne gueule de bois…!!!

Réidigé par Rachid Boufous



Lundi 2 Janvier 2023


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