Après 120 minutes d’un combat âpre, un penalty manqué par Brahim Diaz et des scènes écœurantes provoquées par une partie des supporters sénégalais, le Sénégal a arraché le titre sur le plus petit des scores (1-0). Une victoire sportive, certes, mais une victoire au goût amer, entachée par un climat délétère et un fair-play aux abonnés absents.
Un plan frileux, un discours démenti par les faits
Sur le plan purement sportif, cette finale laisse un arrière-goût de déjà-vu. Comme lors des précédents matchs à élimination directe, Walid Regragui a reconduit son onze sans réelle audace, fidèle à ses certitudes, parfois jusqu’à l’entêtement. Aucun ajustement majeur, aucune surprise tactique. Même privé d’Eliesse Ben Seghir sur le banc, le sélectionneur a persisté dans une approche prudente, presque craintive, à l’opposé du discours conquérant tenu depuis le début de la compétition.
Dans un stade plein à craquer, prêt à pousser les Lions de l’Atlas vers l’histoire, le Maroc a démarré avec un bloc médian, laissant volontairement la possession au Sénégal. Une stratégie assumée, mais risquée. Très vite, les Lions de la Téranga ont imposé leur tempo, accumulant les corners et les situations dangereuses, pendant que les Marocains attendaient l’erreur adverse.
Saibari a bien tenté d’allumer la première mèche à la 13e minute, puis à la 21e, sans réussite. Mais à la demi-heure de jeu, le constat était implacable : le Maroc subissait. Le couloir droit, habituellement une arme fatale, était muselé. Hakimi et Diaz, peu servis, semblaient spectateurs d’une finale qui leur échappait.
Des occasions ratées qui coûtent un titre
Le Sénégal aurait pu ouvrir le score avant la pause, sans un arrêt salvateur de Bounou face à Iliman Ndiaye. Le Maroc, lui, a laissé passer sa chance à la 40e minute, quand Aguerd a manqué l’immanquable de la tête, servi idéalement par Ezzalzouli. Les erreurs individuelles se sont ensuite accumulées, révélant une fébrilité inquiétante chez des cadres pourtant aguerris.
La seconde période a suivi le même scénario. Un Maroc courageux, parfois volontaire, mais terriblement inefficace. Ayoub El Kaâbi a raté deux offrandes monumentales, dont une à bout portant à la 58e minute. À ce niveau, en finale continentale, ces occasions ne se manquent pas sans conséquence.
Les changements, tardifs, sont arrivés à la 79e minute. Trop tard. Trop timides. Le match s’est étiré, haché par une longue interruption après la blessure d’El Aynaoui, puis par une tension grandissante à mesure que la fin approchait.
Le penalty, le chaos et la honte
Le tournant du match intervient dans le temps additionnel. Après recours à la VAR, un penalty est accordé au Maroc. À cet instant, la finale bascule dans le chaos. Des supporters sénégalais tentent d’envahir la pelouse, agressent forces de l’ordre et photographes. Des agents marocains sont blessés. Les joueurs sénégalais, encouragés par leur staff, menacent de quitter le terrain. Brahim Diaz est pris pour cible, harcelé, déstabilisé.
Le résultat est cruel mais logique dans ce contexte : Diaz manque sa Panenka. Un geste osé, malvenu dans un tel climat. Quelques minutes plus tard, le Sénégal frappe. Pape Gueye crucifie Bounou d’un tir puissant. Le Maroc ne s’en relèvera pas.
Une Coupe perdue, une parole envolée
Le Sénégal repart avec le trophée. Le Maroc, lui, reste avec ses regrets, ses occasions manquées et une promesse non tenue. Walid Regragui sort de cette CAN 2025 fragilisé. Non pas pour avoir perdu une finale – le football le permet – mais pour l’écart béant entre le discours et la réalité, entre l’ambition affichée et la frilosité observée.
Cette finale devait être une consécration. Elle restera comme une immense déception. Une nuit où le rêve s’est brisé, où la Coupe s’est envolée, et où le football africain a perdu, lui aussi, une part de sa noblesse.












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