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Harhoura prise d’assault, éventrée, hors-norme ?




A lire ou à écouter en podcast :

harhoura.mp3 Harhoura.mp3  (5.94 Mo)

Si seulement ça venait du ciel…
 
Un chantier à ciel ouvert, des travaux de partout, le décor n’est plus le même, n’a d’égal que la colère sourde des habitants qui peinent à se frayer un chemin parmi tout le remue-ménage mal venu qui perturbe, fout en l'air leur petit quotidien.

Les voix s’élèvent pour hurler de ces travaux, et les langues fourchent, et le verbe se trouble, de ces travaux,  loin de venir du ciel, auraient tout d’un enfer, faits d’improvisation, et de choses à la va vite, sans daigner de mettre au diapason de ces humeurs, qui souffrent en silence tout le brouhaha qui accompagne cette affaire d’élargissement de voies, ou d’assainissement.

Bien sûr, qu’à tendre l’oreille du côté des concernés, on entend de tout. De ceux qui s’écrient «  Grand bien nous fasse ! » que cet amorçage, bien qu’intempestif, de travaux à vous défigurer le paysage d’abord, le soigner, le rendre meilleur dans des délais qu’il reste à circonscrire, car, continuent-ils sur la même lancée, brouillée du vacarme incessant de gros engins, à vous rythmer ce flux sanguin et de tête, de secousses désagréables, à vous crever le tympan, et c’est là leur expression, " Harhoura, à présent, échappe à tout espace-temps" 
 
Plus c’est gros, mieux ça passe ? 
 
« Grand bien nous fasse ! » s’échinent-ils, tout en s’offusquant de la manière déréglée, grossière, à vous faire valser et votre humeur chagrine sur des envolées macabres, la manière avec laquelle ce chantier leur aurait tombé dessus et de si haut, ces gens-là vous disent, plutôt que la larme à l’œil, une déception crochue,  prise de court par la grosseur de l’évènement, vous disent donc, le poing fermé,  qu’ils jugent bon que d’être tenu au courant de la dimension énorme, par-delà les mesures de l’entendement usuelle,  et sans passer sous silence de ces énormités dont nous vous dispensons la vue et la stridence.

Une dimension rocambolesque qui vous prend en otage votre quotidien à présent effarouché, jadis  fait de mer, de soleil, et surtout de silence. Une dimension qui s’étale à vous manger les trottoirs, les terrasses de café, à vous forcer, dans l’embarras, que de vous bricoler un chemin, un raccourci, avec le moins de crevasses, de terres retournées, de poussières soulevées à faire de même de votre cœur, alors que vous avez, à votre déplaisir, été, nez à nez, avec une signalisation nouvelle, comme une injonction pour détourner votre œil mauvais, et d’aller voir ailleurs si les travaux y sont toujours. 
 


L’angoisse des habitants, et ce tout désagréable…
 
Une signalisation improvisée à tout va, qui tient à peine debout, dans un état aussi mauvais que le reste, mais que vous ferez mieux de voir avant que de donner dans un goudron explosé, apocalyptique.

Les habitants, à les entendre, côtoient l’imprévu de très près, chaque minute que le bon dieu fait, résument leur embarras quotidien  à cette ritournelle d’eux seuls connue «  Quel route va-t-on bloquer, défigurer,  mettre à mal aujourd’hui ? ».

Des habitants, et c’est là un minimum à leur concéder dans leur rage et solitude, qui devaient être mis, et c'est là leur mots,  plutôt au parfum qu’à la poussière, de cette affaire qui leur retourne l’estomac au même titre que leur décor familier.

Des habitants qui vous disent qu’ils auraient, mais qui les aurait entendu? Vous arrêtent-ils… qu’ils auraient donc préféré que les travaux soient entamés, tronçon par tronçon, histoire de garder ce peu de faisabilité de routes devenues impraticables, de préserver un tant soit peu d’ordre, de respecter ce calme, de ne l’égratigner que du peu.

Ce calme typique de cette commune qui mérite mieux que cet amateurisme ringard.
 
 
Et les mesures de sécurité ? 
 
Ces gens-là, droit dans leur hébétude, se taraudent le peu de présence de tête qui leur reste, évoquent, dans la foulée, de ces mesures de sécurité bafouées, de ces engins gros comme ciel et terre, qui se dandinent librement, côte à côte, de votre petit quatre-roues. Des engins titanesques qui vous prennent de haut, et votre nature bipède qui a du mal à se hisser jusqu’à ce nouvel ordre. 

Hicham Aboumerrouane 






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