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I am her




Par Basma El Hajami

We grew up in a world where happiness was seeing your dad smile to your mom. Where he takes care of the groceries as she cleans the house. Where happiness was that glimpse of your mom's excitement when her family comes around. And joy was that day when she cooks your favorite meal as you sit next to her in the kitchen as she cooks.


We grew up thinking that dad loves mom, and mom loves dad.  Thinking that they're fighting over who kept the toilet seat up, why she bought that pot without checking with him first. Thinking he was teasing her when he said that she got chubby. Thinking that she slept in the couch that night beccause she was up all night reading a book.


It was never the case for either of our parents. You suffered as much as I did. We realized early in life that dad never loved mom; the later was happy when her family came around because she was relived of my dad's constant nagging. They used to fight cause dad didn't care about her feelings when she shared what hurt her, because he beat her. Dad stopped loving my mom cause she got fat.. cause she doesn't satisfy him anymore, or maybe he just felt stuck. 


We learned at a very early age that our parents don't really love us, rather invest in us. That our dads expect us to become their product not their kids. That our moms only care if we're pretty enough. 

Yours left the moment things got hard, mine cared only after she believed every lie. Yours hit you and thought you'd never make it in life, almost killed you even, mine only started to believe in me when he saw me getting there. 


The damage was already set and done when you met the woman that you thought you'd marry. You loved her, you cared for her, and spent what could be an eternity in your thoughts with her. She messed up, and until today she begs for another chance. Still, you find a way to put faith in me. The ones I trusted violated me, left me when I needed them the most, which lead to me never believing in ever finding something real ever again. Unlike me, you did.

You came back and believed in the possibility of us making it. We are somewhere where no one else has ever been; we've been through the same hell, and still survived. Somehow, the only damaged piece is me. Yet I learned from you that some things are worth fixing.


But how can I be fully convinced in that, if you turn numb on me when I look at you? I don't feel you getting where I'm getting. Feeling so distant because of the idea that you're too broken to be fixed. Absorbing the sour truth that you might never love me. I feel lost and shattered every time I see myself being somewhere you're not, somehow, you find a way to hold me down. Reassuring me.

You're making me believe that 

I am her. 

Rédigé par Basma Elhajami sur Moroccan Writers

Je suis elle

Nous avons grandi dans un monde où le bonheur était de voir son père sourire à sa mère. Où il s'occupe des courses pendant qu'elle nettoie la maison. Où le bonheur était d'entrevoir l'excitation de votre mère quand sa famille arrive. Et la joie, c'était ce jour où elle prépare votre repas préféré alors que vous êtes assis à côté d'elle dans la cuisine pendant qu'elle cuisine.


Nous avons grandi en pensant que papa aime maman, et que maman aime papa.  Nous avons pensé qu'ils se disputaient pour savoir qui gardait la lunette des toilettes levée, pourquoi elle avait acheté cette casserole sans lui en parler d'abord. On pense qu'il la taquinait quand il disait qu'elle avait grossi. Penser qu'elle a dormi dans le canapé cette nuit-là parce qu'elle était debout toute la nuit à lire un livre.


Ça n'a jamais été le cas pour aucun de nos parents. Tu as souffert autant que moi. Nous avons réalisé très tôt que papa n'a jamais aimé maman ; cette dernière était heureuse quand sa famille venait parce qu'elle était soulagée des remarques constantes de mon père. Ils avaient l'habitude de se battre parce que papa ne se souciait pas de ses sentiments lorsqu'elle partageait ce qui la blessait, car il la battait. Papa a cessé d'aimer ma mère parce qu'elle a grossi... parce qu'elle ne le satisfaisait plus, ou peut-être qu'il se sentait simplement coincé. 


Nous avons appris très tôt que nos parents ne nous aiment pas vraiment, mais qu'ils investissent plutôt en nous. Que nos pères attendent de nous que nous devenions leur produit et non leurs enfants. Que nos mères se soucient seulement de savoir si nous sommes assez beaux. 

La tienne est partie dès que les choses sont devenues difficiles, la mienne ne s'est intéressée à nous qu'après avoir cru à tous les mensonges. Le tien t'a frappé et a pensé que tu n'y arriverais jamais dans la vie, il a même failli te tuer, le mien n'a commencé à croire en moi que lorsqu'il m'a vu y arriver. 


Le mal était déjà fait quand tu as rencontré la femme que tu pensais épouser. Vous l'avez aimée, vous avez pris soin d'elle, et vous avez passé ce qui pourrait être une éternité dans vos pensées avec elle. Elle a fait une erreur, et jusqu'à aujourd'hui, elle vous supplie de lui donner une autre chance. Pourtant, vous trouvez le moyen de me faire confiance. Ceux en qui j'avais confiance m'ont violé, m'ont quitté quand j'en avais le plus besoin, ce qui m'a conduit à ne plus jamais croire que je pourrais trouver quelque chose de vrai. Contrairement à moi, tu l'as fait.

Tu es revenu et tu as cru en la possibilité qu'on y arrive. Nous sommes quelque part où personne d'autre n'a jamais été, nous avons traversé le même enfer et nous avons survécu. D'une certaine façon, la seule pièce endommagée, c'est moi. Pourtant, j'ai appris de toi que certaines choses valent la peine d'être réparées.


Mais comment puis-je en être pleinement convaincu, si tu deviens insensible lorsque je te regarde ? Je ne sens pas que tu comprends ce que je comprends. Je me sens si distant à cause de l'idée que tu es trop cassé pour être réparé. J'absorbe l'amère vérité que tu pourrais ne jamais m'aimer. Je me sens perdue et brisée chaque fois que je me vois être quelque part où tu n'es pas, d'une manière ou d'une autre, tu trouves le moyen de me retenir. En me rassurant.

Tu me fais croire que 

Je suis elle. 

Traduit par la rédaction de L'ODJ /Salma Chaoui

 



Samedi 18 Juin 2022


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