Ce choix n’était pas un détail linguistique.
Cette distinction fondatrice, posée au moment même où l’informatique naît, visait à prévenir des confusions conceptuelles durables.
Or, moins de quatre-vingts ans plus tard, cette vigilance semble s’être estompée. L’intelligence artificielle est désormais fréquemment décrite à l’aide de métaphores cognitives : raisonner, comprendre, décider, créer.
Ces formulations tendent à brouiller la frontière initialement établie entre traitement automatique des données et intelligence humaine.
Pourtant, sur le plan technique, rien n’a changé de nature depuis ENIAC.
La différence est essentiellement quantitative, non qualitative. Ce n’est pas une intelligence nouvelle qui est apparue, mais une aptitude accrue à exploiter des volumes massifs de données pour produire des résultats statistiquement plausibles.
Attribuer à ces systèmes des capacités cognitives humaines repose ainsi sur une confusion entre performance formelle et compréhension du sens. Les systèmes d’IA manipulent des symboles, des probabilités et des corrélations ; ils ne disposent ni d’intention, ni de conscience, ni d’expérience du monde.
Rappeler que l’ordinateur, dès 1945, n’a jamais été pensé comme un cerveau mais comme un outil n’est pas un exercice nostalgique.
C’est une condition essentielle pour analyser lucidement l’intelligence artificielle contemporaine, en évitant les glissements sémantiques qui obscurcissent la compréhension de ce que ces systèmes font réellement et de ce qu’ils ne font pas.
Par Dr Az-Eddine Bennani












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