Le problème n'est plus l'accès, c'est le tri
Le Maroc s'informe massivement en ligne. Pourtant, la confiance dans les actualités reste bloquée à 28 %, tandis que 54 % des personnes interrogées disent redouter la désinformation. Le paradoxe est devenu presque banal : on consulte, on partage, on commente… mais on doute.
Le dernier rapport du Reuters Institute décrit un paysage médiatique marocain bousculé par les plateformes, les vidéos courtes, les groupes de messagerie et les créateurs de contenus.
L'information arrive désormais avant même que le lecteur ne la cherche. Elle surgit dans un fil Facebook, une vidéo TikTok, un groupe WhatsApp, une story Instagram. Elle se mélange avec l'opinion, la publicité, la rumeur, parfois avec la propagande.
Ce bouleversement ne signifie pas que les médias classiques ont perdu toute utilité. Il signifie qu'ils ont perdu leur monopole. Le public ne reçoit plus l'actualité dans un ordre éditorial construit ; il la croise au milieu d'un flux où une enquête sérieuse peut voisiner avec une intox grossière, un commentaire de café ou une vidéo fabriquée par intelligence artificielle.
Le chiffre de 28 % doit alerter les rédactions, mais aussi les institutions et les citoyens. Il ne suffit plus d'être un média connu pour être cru. Il faut montrer comment l'information est obtenue, corriger publiquement les erreurs, identifier les auteurs, distinguer clairement le fait du commentaire.
La crise est rude, mais elle ouvre aussi une obligation salutaire : refaire du journalisme un espace où l'on vérifie avant de partager. Dans un pays qui entre dans une séquence électorale importante, cette exigence n'a rien d'abstrait.
Le dernier rapport du Reuters Institute décrit un paysage médiatique marocain bousculé par les plateformes, les vidéos courtes, les groupes de messagerie et les créateurs de contenus.
L'information arrive désormais avant même que le lecteur ne la cherche. Elle surgit dans un fil Facebook, une vidéo TikTok, un groupe WhatsApp, une story Instagram. Elle se mélange avec l'opinion, la publicité, la rumeur, parfois avec la propagande.
Ce bouleversement ne signifie pas que les médias classiques ont perdu toute utilité. Il signifie qu'ils ont perdu leur monopole. Le public ne reçoit plus l'actualité dans un ordre éditorial construit ; il la croise au milieu d'un flux où une enquête sérieuse peut voisiner avec une intox grossière, un commentaire de café ou une vidéo fabriquée par intelligence artificielle.
Le chiffre de 28 % doit alerter les rédactions, mais aussi les institutions et les citoyens. Il ne suffit plus d'être un média connu pour être cru. Il faut montrer comment l'information est obtenue, corriger publiquement les erreurs, identifier les auteurs, distinguer clairement le fait du commentaire.
La crise est rude, mais elle ouvre aussi une obligation salutaire : refaire du journalisme un espace où l'on vérifie avant de partager. Dans un pays qui entre dans une séquence électorale importante, cette exigence n'a rien d'abstrait.












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