Accuser les Arabes pour délégitimer leur victoire ?
Benjamin Netanyahu n'a pas obtenu la victoire parlementaire espérée. Et plutôt que de reconnaître la nouvelle réalité électorale, son parti, le Likoud, a choisi d'attaquer les formations politiques arabes, dont la progression pourrait empêcher son maintien au pouvoir.
Au lendemain des législatives israéliennes du 27 octobre 2026, les résultats provisoires dessinent une Knesset profondément divisée. Le bloc de Netanyahu, associant droite nationaliste, extrême droite et partis religieux, est crédité de 53 sièges sur 120, loin des 61 nécessaires pour disposer d'une majorité.
Face à lui, l'opposition menée par Gadi Eisenkot obtient environ 48 sièges. Mais la véritable surprise vient des partis à majorité arabe, crédités de 19 sièges, un résultat historique qui bouleverse les équilibres politiques.
Une percée que Netanyahu transforme en accusation. Le 28 octobre, le Likoud a affirmé que les partis arabes avaient volé les élections, évoquant des fraudes, des intimidations et des irrégularités. Pourtant, dès le lendemain, la police israélienne a déclaré ne disposer d'aucun élément d'enquête ou de renseignement permettant d'étayer ces accusations.
Cette contradiction nourrit une lecture critique de la stratégie du Premier ministre sortant. En présentant les formations arabes comme une menace pour la démocratie israélienne, Netanyahu pourrait chercher à délégitimer leur poids électoral et à rendre politiquement coûteuse toute alliance entre ces partis et l'opposition.
La radicalisation du discours ne s'arrête pas là. Le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir a même appelé à l'arrestation des dirigeants des partis arabes, sur fond d'allégations non démontrées d'ingérence étrangère.
Parallèlement, Netanyahu a de nouveau brandi la menace iranienne, ravivant les tensions sécuritaires alors que son avenir politique demeure incertain. Cette simultanéité alimente les interrogations de ses adversaires sur une possible instrumentalisation de la sécurité nationale. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, la preuve d'un complot organisé.
Pour les Palestiniens, cette séquence révèle une contradiction profonde : lorsque la participation politique arabe devient suffisamment importante pour peser sur le pouvoir, sa légitimité est immédiatement contestée par les tenants de la droite nationaliste.
Au Maroc, où la question palestinienne conserve une forte dimension populaire et diplomatique, ces élections rappellent que la bataille pour les droits des Palestiniens se joue aussi sur le terrain de la représentation politique. La question dépasse désormais le sort de Netanyahu : les institutions israéliennes accepteront-elles que le vote arabe contribue réellement à déterminer le prochain gouvernement, ou restera-t-il considéré comme une menace dès qu'il devient décisif ?
Au lendemain des législatives israéliennes du 27 octobre 2026, les résultats provisoires dessinent une Knesset profondément divisée. Le bloc de Netanyahu, associant droite nationaliste, extrême droite et partis religieux, est crédité de 53 sièges sur 120, loin des 61 nécessaires pour disposer d'une majorité.
Face à lui, l'opposition menée par Gadi Eisenkot obtient environ 48 sièges. Mais la véritable surprise vient des partis à majorité arabe, crédités de 19 sièges, un résultat historique qui bouleverse les équilibres politiques.
Une percée que Netanyahu transforme en accusation. Le 28 octobre, le Likoud a affirmé que les partis arabes avaient volé les élections, évoquant des fraudes, des intimidations et des irrégularités. Pourtant, dès le lendemain, la police israélienne a déclaré ne disposer d'aucun élément d'enquête ou de renseignement permettant d'étayer ces accusations.
Cette contradiction nourrit une lecture critique de la stratégie du Premier ministre sortant. En présentant les formations arabes comme une menace pour la démocratie israélienne, Netanyahu pourrait chercher à délégitimer leur poids électoral et à rendre politiquement coûteuse toute alliance entre ces partis et l'opposition.
La radicalisation du discours ne s'arrête pas là. Le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir a même appelé à l'arrestation des dirigeants des partis arabes, sur fond d'allégations non démontrées d'ingérence étrangère.
Parallèlement, Netanyahu a de nouveau brandi la menace iranienne, ravivant les tensions sécuritaires alors que son avenir politique demeure incertain. Cette simultanéité alimente les interrogations de ses adversaires sur une possible instrumentalisation de la sécurité nationale. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, la preuve d'un complot organisé.
Pour les Palestiniens, cette séquence révèle une contradiction profonde : lorsque la participation politique arabe devient suffisamment importante pour peser sur le pouvoir, sa légitimité est immédiatement contestée par les tenants de la droite nationaliste.
Au Maroc, où la question palestinienne conserve une forte dimension populaire et diplomatique, ces élections rappellent que la bataille pour les droits des Palestiniens se joue aussi sur le terrain de la représentation politique. La question dépasse désormais le sort de Netanyahu : les institutions israéliennes accepteront-elles que le vote arabe contribue réellement à déterminer le prochain gouvernement, ou restera-t-il considéré comme une menace dès qu'il devient décisif ?












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