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Jeunes, addictions, familles : ce que propose le programme de l’Istiqlal


Dans son programme législatif 2026-2031, le Parti de l’Istiqlal consacre plusieurs mesures aux addictions, à la santé mentale et à l’accompagnement des familles. À travers le programme « Hna Maak », la reconnaissance de l’addiction comme maladie chronique et l’intégration de la consultation psychologique dans l’AMO, le parti tente de poser un sujet longtemps resté discret dans le débat public marocain.



Familles, soins et seconde chance

Dans beaucoup de familles marocaines, l’addiction reste un sujet que l’on cache plus qu’on ne traite. Drogues, alcool, médicaments détournés, jeux d’argent, écrans, paris en ligne ou dépendances comportementales : derrière ces réalités, il y a souvent des jeunes en rupture, des parents dépassés et un système de soins encore difficile d’accès. Dans son programme législatif 2026-2031, le Parti de l’Istiqlal propose de placer cette question dans le champ de la santé publique, et non plus seulement dans celui de la morale, de la honte ou de la répression.

Le programme prévoit d’abord l’élaboration d’une politique publique de prévention contre les drogues et les addictions comportementales. Cette formulation est importante, car elle élargit le regard au-delà des substances. Elle reconnaît que certains comportements peuvent aussi devenir destructeurs lorsqu’ils isolent, endettent, déscolarisent ou fragilisent psychologiquement les jeunes. Dans un Maroc où les réseaux sociaux, les jeux en ligne, les paris sportifs et la pression sociale occupent une place croissante dans la vie quotidienne, cette approche correspond à une évolution réelle des risques.

L’une des mesures fortes du programme est la reconnaissance de l’addiction comme maladie chronique. Ce changement de vocabulaire peut avoir des conséquences profondes. Considérer l’addiction comme une maladie, c’est sortir d’une logique de culpabilisation pure. C’est aussi ouvrir la voie à une prise en charge médicale, psychologique et sociale plus stable. Pour les familles, cela peut signifier moins de silence et plus d’accompagnement. Pour les jeunes concernés, cela peut représenter une possibilité de retour, au lieu d’une condamnation sociale définitive.

Le programme prévoit aussi l’extension de l’offre de soins et de prise en charge, ainsi que le lancement de « Hna Maak », présenté comme un dispositif de seconde chance destiné notamment aux jeunes confrontés aux addictions. L’idée est d’accompagner la personne vers la réinsertion, plutôt que de la laisser seule face à la rechute, à l’exclusion ou à la précarité. 

Le volet familial est tout aussi central. L’Istiqlal propose des mécanismes de prévention de la désagrégation familiale par l’accompagnement et la médiation. Cette approche part d’un constat simple : lorsqu’un jeune bascule dans l’addiction ou la détresse psychologique, toute la famille est touchée. Les parents ne savent pas toujours comment réagir. Entre peur du scandale, manque d’information et absence de structures proches, beaucoup attendent trop longtemps avant de demander de l’aide.

Le programme aborde enfin la santé mentale avec des mesures précises : une cartographie nationale de la santé mentale, la création d’un réseau de centres régionaux, l’intégration de la consultation psychologique dans l’Assurance maladie obligatoire et la lutte contre la stigmatisation. Ces propositions répondent à un besoin grandissant, notamment chez les jeunes confrontés au chômage, à la pression scolaire, à l’isolement numérique, aux tensions familiales ou à l’incertitude de l’avenir.

Le vrai test sera celui de la mise en œuvre. Parler de santé mentale et d’addictions est déjà un changement dans le débat politique marocain. Mais pour les jeunes, la promesse ne comptera que si elle se traduit par des psychologues accessibles, des centres ouverts dans les régions, des familles accompagnées et un regard social moins violent. Dans un Maroc jeune, connecté et sous pression, soigner les blessures invisibles pourrait devenir l’une des conditions les plus sérieuses du développement national.



Dimanche 6 Septembre 2026

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