Coopération, stabilité, lignes rouges
Khaled Haftar entame une visite officielle au Royaume. Fils du maréchal Khalifa Haftar, figure militaire majeure de l’est libyen, il appartient à un camp qui pèse sur le terrain, les institutions parallèles et les équilibres régionaux. Une visite officielle au Maroc n’est donc pas un déplacement mondain. Elle s’inscrit dans un réseau de contacts entre Rabat et des acteurs libyens, alors que Tripoli et Benghazi n’ont toujours pas tranché, de façon durable, la question de l’unité de l’État.
Le Maroc n’arrive pas sans mémoire sur ce dossier. Il a accueilli en 2015 les pourparlers qui ont abouti à l’accord de Skhirat, texte fondateur, et ensuite fragilisé, d’une tentative de règlement politique. Depuis, Rabat a défendu une solution libyenne, sous égide onusienne, tout en cultivant des canaux avec plusieurs parties. Cette méthode a un avantage : elle évite de s’enfermer dans un seul camp. Elle a une limite : chaque visite peut être interprétée, à Tripoli ou ailleurs, comme un basculement.
Le cadre annoncé reste celui de la coopération bilatérale et des relations entre les deux pays. Dans les faits, les sujets possibles sont connus : stabilité régionale, circulation des personnes, économie, sécurité des frontières, et rôle du Maroc comme facilitateur. La Libye, malgré la guerre et la division, reste un voisin stratégique de l’espace méditerranéen et saharien.
Pour les Marocains, l’intérêt n’est pas anecdotique. Un voisin libyen instable, c’est un risque de trafic, de mercenariat, de chocs diplomatiques et d’incertitude énergétique régionale. Un voisin en voie de recomposition, c’est un marché, des opportunités pour les entreprises et une diplomatie utile. Les jeunes diplômés qui regardent vers l’Afrique et la Méditerranée savent que la paix chez les autres conditionne aussi nos chantiers.
Rabat joue serré. Recevoir Khaled Haftar, c’est parler à une réalité de pouvoir à l’est, sans pour autant écrire que cette réalité est toute la Libye. La diplomatie marocaine a souvent réussi lorsqu’elle a tenu cette ligne : ouvrir la porte, refuser l’alignement brutal, rappeler le cadre onusien. La visite se jugera à ce qu’elle produit après les honneurs : désescalade, canaux de dialogue, ou simple photo. En politique étrangère, les tapis rouges ne valent que s’ils mènent quelque part.
Le Maroc n’arrive pas sans mémoire sur ce dossier. Il a accueilli en 2015 les pourparlers qui ont abouti à l’accord de Skhirat, texte fondateur, et ensuite fragilisé, d’une tentative de règlement politique. Depuis, Rabat a défendu une solution libyenne, sous égide onusienne, tout en cultivant des canaux avec plusieurs parties. Cette méthode a un avantage : elle évite de s’enfermer dans un seul camp. Elle a une limite : chaque visite peut être interprétée, à Tripoli ou ailleurs, comme un basculement.
Le cadre annoncé reste celui de la coopération bilatérale et des relations entre les deux pays. Dans les faits, les sujets possibles sont connus : stabilité régionale, circulation des personnes, économie, sécurité des frontières, et rôle du Maroc comme facilitateur. La Libye, malgré la guerre et la division, reste un voisin stratégique de l’espace méditerranéen et saharien.
Pour les Marocains, l’intérêt n’est pas anecdotique. Un voisin libyen instable, c’est un risque de trafic, de mercenariat, de chocs diplomatiques et d’incertitude énergétique régionale. Un voisin en voie de recomposition, c’est un marché, des opportunités pour les entreprises et une diplomatie utile. Les jeunes diplômés qui regardent vers l’Afrique et la Méditerranée savent que la paix chez les autres conditionne aussi nos chantiers.
Rabat joue serré. Recevoir Khaled Haftar, c’est parler à une réalité de pouvoir à l’est, sans pour autant écrire que cette réalité est toute la Libye. La diplomatie marocaine a souvent réussi lorsqu’elle a tenu cette ligne : ouvrir la porte, refuser l’alignement brutal, rappeler le cadre onusien. La visite se jugera à ce qu’elle produit après les honneurs : désescalade, canaux de dialogue, ou simple photo. En politique étrangère, les tapis rouges ne valent que s’ils mènent quelque part.












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