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L'Afrique à l'épreuve : Crise humanitaire et lutte antiterroriste


Dès le discours de Macky Salli, chef de l'Etat du Sénégal et Président de l'Union africaine, à l'ouverture du premier sommet de l'UA à Malabo (Guinée e équatoriale), la gravité de la situation humanitaire en Afrique a été mise en relief. Ce sommet, le 27 mai, était axé sur cette problématique : une crise liée aux déplacements forcés, à l'exil et à l'apatridie.



Par Mustapha Sehimi

Des chiffres témoignent de cette situation. Dans les 15 Etats membres les plus concernés, pas moins de 113 millions de personnes sont en forte attente d'assistance d'urgence en 2022. Dans l'Afrique de l'Est et la Corne de l'Afrique, l'on compte 4,5 millions de réfugiés, la majorité d'entre eux ayant été affectés par la réduction des rations alimentaires en 2021.

Dans cette même région, plus de 25 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire. Elles sont 58 millions de personnes dans cette même situation en Afrique de l'Ouest et centrale.

Il faut aussi mentionner deux millions de personnes déplacées internes en Afrique centrale et cinq millions de déplacés du Bassin du Lac Tchad. Pour ce qui est de l'Afrique du Nord, plus de 14 millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire. Un tel tableau est assombri par deux facteurs : l'impact de la pandémie de la Covid-19 ; celui aussi des changements climatiques avec une sécheresse prolongée et des inondations incontrôlables.

L'UA a certes mis sur pied des instruments pour améliorer les conditions de vie des réfugiés et des personnes déplacées internes sur le continent. Mais les plans régionaux mis en place n'ont pu mobiliser que 50% à peine du financement du fonctionnement de cette politique. Avec ce sommet humanitaire extraordinaire, suivi par la conférence des donateurs, l'UA marque sa détermination à réduire les souffrances dont sont victimes les réfugiés et les déplacés.

Cinq régimes civils renversés

Le second sommet, samedi 28 mai, était centré sur "Terrorisme et changements inconstitutionnels de gouvernements". Sur ce dernier point, il vaut de relever que dans quatre pays - Mali, Soudan, Guinée et Burkina Faso - des régimes civils ont été renversés par des militaires. Une transition vers un pouvoir civil a été promise. Mais les délais annoncés étaient soit indéterminées soit jugés trop longs tant par l’UA que l'UE et des capitales occidentales. Des sanctions ont été ainsi prises. Pour sa part, l'UA a suspendu ces pays de ses instances et ce jusqu'à la remise du pouvoir aux civils. Ce qui s'est passé, voici un an au Tchad relève pratiquement de cette même comptabilité.

Le 20 avril 2021, dès l'annonce de la mort du président Idriss Déby Itno, l'un de ses fils, un jeune général lui a succédé à la tête d'une junte d'une quinzaine de généraux - le gouvernement a été limogé, le Parlement dissous et la Constitution abrogée... Ce nouveau régime a été cependant adoubé par l'UA, l'UE et la France. Le nouveau président tchadien autoproclamé a promis des élections "libres et démocratiques" dans un délai de 18 mois sur la base d'un dialogue de réconciliation nationale attendu depuis 13 mois. Il est question aujourd'hui de prolonger la "transition" de 18 mois supplémentaires.

Pour ce qui est de la lutte antiterroriste, le président de la Commission de l'UA, le tchadien Moussa Faki Mahamat a déclaré que c'était une "gangrène qui infecte progressivement toutes les régions du continent". Et de citer la Libye, le Mali, le Sahel, le bassin du lac Tchad, la République démocratique du Congo, la Somalie et le Mozambique. Il a considéré que "le terrorisme ne cesse d'étendre sa loi macabre avec des conséquences considérables sur les finances, les économies et la sécurité des populations".

Connexion séparatistes / terroristes

Quant au président algérien, Abdelmadjid Tebboune, il a présenté un rapport sur l'évolution de la menace terroriste sur le continent et les perspectives de renforcement des réponses qui y sont apportées aux niveaux régional et international. Ce document s'articule autour des points suivants : un nouveau modèle d'opérations de paix adapté aux exigences de la lutte contre le terrorisme en Afrique, établissement d'une liste africaine des individus et des entités terroristes, mandat d'arrêt africain, un Fonds spécial de l'UA pour la prévention et la lutte contre le terrorisme, renforcement des mécanismes et institutions déjà en place...

De l’affichage qui ne trompe personne. Des propositions surréalistes ! Alger était absente du sommet de Marrakech, le 11 mai courant, de la Coalition mondiale contre Daech alors que pas moins de 79 pays étaient participants. Plus encore : qui abrite, arme et finance le mouvement séparatiste depuis plus de quatre décennies dans la région de Tindouf ? Comment l’Algérie peut évacuer la connexion entre les " Polisario" et des groupes jihadistes au Sahel et dans la région, un fait élargi à d'autres mouvements séparatistes dans le continent.

Enfin, comment le président de la " RASD", présent à ce sommet de Malabo peut-il, toute honte bue, prendre part à une session dédiée à la lutte antiterroriste. Cinq jours auparavant, le prétendu ministre de la Défense de cette même entité fantoche, Mohamed El Ouali Ekeik, avait menacé que des "opérations" subversives seront bientôt menées dans les villes du Sahara marocain" et que "dans les prochains jours, la guerre va s'étendre à des zones qu'elle a épargnées jusqu'ici".

Une incitation au terrorisme, non ? Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait dénoncé, lors du Sommet de Marrakech, "une alliance objective entre les groupes terroristes et séparatistes". Des craintes légitimes exprimées par la coalition mondiale contre Daech, le 11 mai, à Marrakech...

Rédigé par Mustapha Sehimi sur Quid 



Mardi 31 Mai 2022

Coup de cœur | Chroniqueurs invités



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