Mais ce message, aussi pertinent soit-il, mérite d’être interrogé.
Un algorithme n’est pas un programme. Un algorithme est une manière de penser. Le programme n’est que sa traduction technique.
Réduire l’IA à une compétence de codage revient à confondre l’outil et la pensée, l’exécution et la conception. C’est former des mains sans former des têtes. Or, dans un monde dominé par les plateformes, les modèles et les architectures invisibles, celui qui pense domine celui qui exécute.
L’enjeu n’est donc pas seulement d’apprendre à coder. Il est d’apprendre à décoder.
Mais décoder quoi ?
Pas uniquement les lignes de code. Pas seulement les modèles mathématiques. Mais les structures de pouvoir qui sous-tendent l’intelligence artificielle.
Décoder l’IA, c’est comprendre : qui produit les données, qui conçoit les modèles, qui contrôle les infrastructures, qui impose les usages, et surtout, qui capte la valeur.
Autrement dit, décoder l’IA, c’est entrer dans une lecture géopolitique et économique du numérique.
Et c’est ici que le discours dominant montre ses limites.
Cette trajectoire n’est pas inévitable. Elle est un choix. À Fès, dans cette ville qui a vu naître le Maâlam, père de Wald Maâlam, auteur de cette tribune, une autre voie peut être pensée.
Une voie où l’intelligence artificielle n’est pas seulement importée, mais conçue.
Une voie où l’on passe de la dépendance technologique à la souveraineté cognitive.
Former à l’IA, ce n’est pas seulement enseigner Python ou les réseaux de neurones. C’est former à la pensée algorithmique.
L’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne pense pas. Elle calcule, corrèle, prédit. L’humain doit rester à l’origine de la pensée. Apprenez à coder, oui. Mais surtout, apprenez à penser avant de coder.
Par Dr Az-Eddine Bennani.












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