L'ODJ Média

lodj





L’IA bouleverse l’offshoring indien : le Maroc doit-il revoir son objectif de 270 000 emplois ?


Rédigé par La rédaction le Vendredi 21 Août 2026

Pendant vingt ans, l’équation de l’offshoring paraissait presque mécanique : plus de contrats signifiaient plus de salariés, donc plus de centres de services, plus de recrutements et davantage d’emplois exportateurs. L’intelligence artificielle est en train de casser cette logique.



En Inde, premier géant mondial des services informatiques externalisés, le changement est déjà visible. Selon Reuters, les grands clients exigent désormais davantage de productivité pour des prix plus bas, tandis que les contrats facturés selon le nombre d’heures ou de salariés mobilisés cèdent progressivement du terrain à des contrats fondés sur les résultats. Des entreprises intermédiaires, plus agiles, gagnent même du terrain face aux mastodontes historiques.

Ce qui se joue en Inde devrait être observé avec beaucoup d’attention à Rabat.

Le Maroc a fait de l’offshoring l’un des piliers de sa stratégie numérique. Plus de 1 200 entreprises sont déjà implantées dans le secteur. Il comptait 148 500 emplois fin 2024 et les exportations de services ont dépassé 27 milliards de dirhams en 2025. L’objectif officiel est d’atteindre environ 40 milliards de dirhams d’exportations et 270 000 emplois à l’horizon 2030.

Mais cet objectif a été conçu dans un monde où croissance des revenus et croissance des effectifs restaient largement corrélées.

L’IA change la métrique

Dans les centres de services, une partie croissante du travail peut désormais être automatisée : développement informatique simple, tests, assistance client, traduction, reporting, traitement documentaire, saisie de données ou analyse de premier niveau.

Cela ne signifie pas la disparition de l’offshoring. Au contraire, le marché peut continuer à croître.

Mais il pourrait croître avec moins de salariés.

C’est là que le modèle marocain doit probablement évoluer. L’objectif de 270 000 emplois reste politiquement et socialement important. Mais il devrait être accompagné de nouveaux indicateurs : valeur exportée par salarié, niveau de qualification, part des métiers technologiques avancés, nombre d’ingénieurs et de spécialistes IA, propriété intellectuelle créée au Maroc ou encore proportion de contrats à forte valeur ajoutée.

Autrement dit, il faut éviter de mesurer demain une industrie augmentée par l’IA avec les indicateurs d’hier.

Former moins à exécuter, davantage à superviser

Le Maroc dispose d’un avantage : il n’est pas encore prisonnier d’un modèle industriel gigantesque fondé sur des millions d’emplois répétitifs.

Il peut donc accélérer la transition vers l’ingénierie, la cybersécurité, la donnée, le cloud, l’IA appliquée, les services financiers, les métiers multilingues complexes et la supervision d’agents artificiels.

La nouvelle Offre Offshoring Maroc prévoit déjà des mécanismes de soutien à l’emploi et à la formation. Le véritable défi sera désormais de s’assurer que ces aides financent les compétences dont les entreprises auront besoin en 2030, et non celles qu’elles automatiseront avant 2030.

L’exemple indien ne dit donc pas au Maroc d’abandonner son objectif de 270 000 emplois.

Il lui dit de ne plus en faire l’unique boussole.

Car dans l’économie de l’IA, le pays gagnant ne sera pas forcément celui qui aura le plus grand nombre d’opérateurs derrière des écrans.

Ce sera celui qui exportera le plus d’intelligence par salarié.





Vendredi 21 Août 2026

Immo & Habitat | Emploi & Formation | Brèves Eco Business & emploi & Habitat | Analyses & Finance & Bourse


Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo