Un changement de paradigme dans l’évaluation du risque
Cette avancée repose sur l’analyse automatisée d’images médicales. Parmi les solutions les plus avancées figure Clairity Breast, un système récemment autorisé par les autorités sanitaires américaines. L’outil a été entraîné sur environ 400.000 mammographies, ce qui lui permet d’identifier des signaux invisibles à l’œil humain.
Contrairement aux modèles classiques, qui combinent âge, historique médical et facteurs génétiques, cette technologie se base exclusivement sur l’image radiologique. L’algorithme analyse la densité mammaire, la texture du tissu et des motifs structurels complexes pour établir une probabilité de cancer à cinq ans.
Cette approche répond à une réalité épidémiologique souvent méconnue : plus de 75 % des cancers du sein surviennent chez des femmes sans antécédents familiaux significatifs. En s’affranchissant de ces critères, l’IA ouvre la voie à une prévention plus personnalisée et potentiellement plus équitable.
Un outil d’aide, pas un remplacement du médecin
Les spécialistes insistent sur un point clé : l’intelligence artificielle ne remplace pas le radiologue. Elle agit comme un outil d’aide à la décision, comparable à une seconde lecture systématique. Son apport est particulièrement important pour les cancers dits « d’intervalle », diagnostiqués peu de temps après une mammographie pourtant jugée normale.
Dans un contexte de pénurie de radiologues et de complexité croissante des examens, notamment avec la généralisation de la mammographie 3D, ces outils offrent un gain de temps et de précision. En Europe, certaines expérimentations ont même évalué l’IA comme alternative au second lecteur humain, tout en maintenant des niveaux de sécurité comparables.
Des promesses, mais aussi des limites
Malgré ses performances, l’IA n’est pas infaillible. Des faux positifs peuvent survenir, notamment chez des patientes ayant subi des interventions chirurgicales, dont les modifications tissulaires peuvent être interprétées comme suspectes. La supervision médicale reste donc indispensable.
L’enjeu, désormais, est d’intégrer ces technologies dans les parcours de dépistage sans créer d’angoisse inutile ni de surdiagnostic. L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un levier stratégique de prévention, à condition de rester un complément au jugement clinique humain.












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