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L’eau, impératif stratégique


Par Said Temsamani.

Dans un Maroc confronté à une pression hydrique croissante, la question de l’eau s’impose désormais comme l’un des axes majeurs de l’action publique. La réunion du Conseil d’administration de l’Agence du Bassin Hydraulique de l’Oum Er-Rbia, présidée à Khénifra par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, en offre une illustration particulièrement révélatrice.

Au-delà d’un exercice institutionnel consacré à l’examen des comptes et à la programmation budgétaire, cette rencontre met en lumière l’architecture d’une stratégie hydrique nationale en pleine transformation.



Car l’enjeu dépasse largement les frontières administratives d’un bassin.

L’Oum Er-Rbia constitue l’un des piliers de l’équilibre hydrique du pays.

Son réseau alimente des villes en expansion, irrigue des plaines agricoles essentielles et contribue à la production énergétique.

Dans un contexte marqué par la raréfaction des précipitations et l’irrégularité des cycles climatiques, chaque investissement réalisé dans ce bassin prend une dimension stratégique.
 

La poursuite de grands projets hydrauliques en témoigne.

Le barrage d’Oued El Akhdar, dans la province d’Azilal, dont l’avancement approche désormais les 70 %, s’inscrit dans cette logique d’anticipation et de résilience.

Avec une capacité de stockage de 150 millions de mètres cubes, cet ouvrage vise à sécuriser l’approvisionnement en eau potable tout en renforçant les capacités d’irrigation.

À l’heure où les ressources naturelles deviennent plus incertaines, ces infrastructures ne sont plus de simples équipements : elles sont devenues des instruments de souveraineté hydrique.


La relance des travaux du barrage de Tagzirt, dans la province de Béni Mellal, participe du même effort.

Outre sa contribution à l’irrigation agricole, ce projet ouvre également des perspectives en matière de production hydroélectrique, rappelant que la politique de l’eau s’inscrit désormais au croisement des enjeux agricoles, énergétiques et territoriaux.

Mais la stratégie engagée ne repose pas uniquement sur les grands barrages.

Elle se décline également à travers un ensemble d’actions complémentaires : maintenance des ouvrages existants, développement de barrages collinaires, et renforcement de la coopération avec les collectivités territoriales.

Cette approche traduit une évolution importante de la gouvernance hydrique marocaine, de plus en plus territorialisée et intégrée.

Face à l’urgence de certaines situations, le gouvernement a également activé des mesures rapides pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable.

Forages exploratoires, mobilisation de camions-citernes, intensification des campagnes de détection des fuites dans les réseaux : autant d’actions qui rappellent que la gestion de l’eau se joue aussi dans la capacité d’intervention immédiate.


Pour autant, l’ambition affichée dépasse la gestion de crise.

L’un des projets les plus structurants reste celui de l’interconnexion entre les bassins du Sebou, du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia.

Ce chantier majeur, dont une nouvelle phase doit démarrer prochainement, permettra à terme de transférer près de 800 millions de mètres cubes d’eau par an vers le barrage Al Massira.

Une opération qui illustre l’émergence d’une véritable solidarité hydrique entre les régions du royaume.

Dans cette nouvelle équation, l’efficacité des réseaux devient un enjeu tout aussi crucial que la mobilisation de nouvelles ressources.

L’amélioration du rendement des systèmes d’adduction et de distribution apparaît désormais comme l’un des leviers les plus efficaces pour économiser l’eau et réduire les pertes.

Parallèlement, la diversification des sources d’approvisionnement progresse.

Les initiatives visant à mobiliser des ressources alternatives pour certains usages, notamment l’arrosage des espaces verts ou certaines activités industrielles, participent à une stratégie plus large visant à préserver les ressources conventionnelles pour les besoins essentiels.


Enfin, l’élaboration d’un atlas des zones menacées par les inondations montre que la politique de l’eau doit désormais intégrer la gestion des extrêmes climatiques.

Sécheresses prolongées et crues soudaines sont les deux faces d’une même réalité climatique à laquelle les politiques publiques doivent s’adapter.

Au fond, ce qui se dessine aujourd’hui est un changement profond de paradigme.

Longtemps centrée sur la construction de barrages, la politique hydrique marocaine évolue vers une approche systémique : gestion intégrée des bassins, interconnexion des ressources, optimisation des réseaux et anticipation des risques.

Dans ce contexte, la sécurité hydrique devient bien plus qu’un défi sectoriel. Elle s’impose comme l’une des conditions fondamentales du développement économique, de la stabilité sociale et de l’aménagement durable du territoire marocain.

Une réalité que les décideurs publics semblent désormais pleinement intégrer dans leurs choix stratégiques.


Par Said Temsamani.




Mardi 10 Mars 2026



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