Dans l’atelier, la transmission ne se décrète pas, elle se vit.
Elle suppose une présence dans les territoires, au plus près des citoyens et citoyennes du Maroc, sans prérequis académique ni intimidation symbolique. Les Jazari Institutes pourraient offrir ces espaces de proximité où l’IA cesse d’être verticale pour devenir incarnée.
Le Maâlam n’est jamais remplacé. Il évolue, il adapte son geste, il intègre parfois l’outil moderne sans perdre son âme. Une IA sociale digne de ce nom suit la même logique : elle accompagne sans imposer, s’adapte aux rythmes humains et respecte la mémoire des métiers.
L’artisan, l’agriculteur, la PME ne sont pas des publics à convertir, mais des acteurs à part entière de l’IA.
Le Maâlam adapte son geste à la matière. L’IA doit s’adapter au contexte. Une intelligence artificielle qui ignore les langues, les symboles et les pratiques locales produit mécaniquement de l’exclusion.
Les Jazari Institutes pourraient devenir des lieux de traduction culturelle de l’IA, où la technologie se met au service du geste humain, et non l’inverse.
Dans l’atelier du Maâlam, la transmission est un acte collectif. Il n’y a ni estrade ni hiérarchie artificielle du savoir.
Les Jazari Institutes pourraient institutionnaliser cette culture du dialogue et de la co-construction.
Dans l’atelier, la réussite ne se mesure pas immédiatement. Elle se constate dans la répétition, dans la transmission, dans la continuité.
De la même manière, une IA inclusive ne se mesure pas à la sophistication des démonstrateurs, mais à la capacité des citoyens à s’en emparer durablement.
À travers les Jazari Institutes, le Maroc pourrait tracer une voie singulière : celle d’une intelligence artificielle sociale, enracinée, patiente et humaine. Une IA qui n’efface pas le Maâlam, mais qui apprend de lui. Ce n’est pas seulement un projet technologique. C’est un choix de société.
Par Dr Az-Eddine Bennani












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