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LE SOUS-EMPLOI : CE MAL INSIDIEUX !




De quoi s’agit-il ?

Alors que les curieux de tout genre ont les yeux rivés sur le taux de chômage qui s’accapare  une nouvelle couche de notre chère population marocaine qui ne demande qu’à faire valoir une sueur de front qui peine à trouver un objet digne d’acharnement, d’abnégation.

Ces mêmes curieux balaient d’un œil pressé, circonspect parfois, le taux du sous-emploi qui semble dépasser leur entendement, le soumettre à un bref sourcillement avant qu’il s’estompe dans l’oubli. Alors ? De quoi le sous-emploi est-il le nom ? Car penser que seul le chômage serait une entrave à la marche économique qui semble titubante par ces temps qui reculent plutôt qu’ils ne courent, serait une erreur grossière, une aberration singulière.

Si le chômage qui est passé de 9,4 % à 12,7%, cette bête noire de la force travailleuse, et qui frappe impunément, du moins vertement les ménages marocains, prétend être un facteur  de décroissance économique, ou de récession pour les adeptes de mots monstrueux, il en va de même pour le sous-emploi

Ce dernier formulé comme tel, sous-tend un défaut d’alignement, ou de non-correspondance en tout point entre cette force active qui est l’employé  et le travail pour lequel il est sollicité. Une personne peut être rangée dans la case du sous-emploi, si cette dernière, et d’une manière involontaire n’atteint pas son potentiel dans l’accomplissement de la tâche qui l’engage. 

 Le malheur du surqualifié

Cela peut se traduire  par la partialité du temps qui lui est échu, et qui l’empêche de fournir un rendu meilleur, plus achevé à cette tâche qui est sienne . On parle ici d’un travail à temps partiel, et qui marque une productivité altérée, et moindre. Une productivité qui reste en deca de la capacité du travailleur par manque de temps investi.

Comme on peut parler à raison de  sous-emploi quand une recrue se trouve dans le besoin de chercher une seconde occupation  du-t-elle être pour boucler une fin de mois difficile mais qu’elle n’en trouve point. Pour les deux cas précités, l’on parle de sous-emploi visible. Mais il est un second type de sous-emploi digne d’être relevé, un sous-emploi dit invisible et qui prend mieux sur notre modèle économique marocain. 

Celui-ci concerne la surqualification de certains employés par rapport à l’objet de leur occupation. Et c’est là où le bât blesse. Car force est de constater que nombre de nos diplômés à défaut de trouver un travail qui sied à leur degré d’instruction ou d’expérience, se plient, impuissants, à la malheureuse conjoncture qui ne veut d’eux que des exécutants cantonnés à une tâche basse eu égard de leur capacité. 

S’il est de notoriété publique que toute peine aussi mécanique soit-elle est honorable, de même sied-il de promouvoir tout un chacun à la place qui est sienne. Aussi de l’armer de l’autorité nécessaire à l’accomplissement de sa tâche. Nombre de marocains rechignent à entamer des cycles d’études qui trainent en longueur, raison est que cela ne leur est pas reconnu. 

De même les recruteurs plus enclins à mettre dans leurs paniers des petits diplômes corvéables à merci, et monnayables à moindre coût, barrent le chemin à ces dits candidats surqualifiés.

 Un mauvais calcul

Des recruteurs qui peinent à faire leur, cette vision macroéconomique digne d’être considérée.  Sans pour autant être redondant mais le sous-emploi ronge dans le potentiel  de notre économie nationale. L’équation est des plus simples pour ceux qui daigneront y prêter un œil ou deux, car, et pour faire court, le « chacun-à-sa-place » est un vecteur infaillible de la productivité. 

Si tant est que le recruteur pense sceller  une bonne affaire en lésinant sur les salaires, ce dernier porte un coup régressif et pour son entreprise et pour l’économie nationale. Car comme toute peine mérite salaire, si ce dernier est à la hauteur de la tâche exécutée, la productivité ne pourrait que partir en flèche.

Et que dans un schéma plus général, donc macroéconomique, la hausse des salaires, et pour faire vite, va de pair avec un bond de la consommation, du fait que la demande pour les produits ou les services soit positivement corrélée à cette dernière. Et comme la demande est également portée par l’investissement, celui-ci, de par une économie bien portante, ne peut qu’aller mieux. 

Une économie où chacun trouve son compte. Autre élément de taille, les études n’ont de cesse que de démontrer la corrélation on ne peut plus positive entre le salaire et la productivité. Un constat secondé par le fait qu’un employé bien rémunéré, se retrouve nettement épanoui, et s’adonne plus en avant à l’exercice de sa mission.

Si le sous-emploi, sous notre ciel rouge-vert, sonne le tocsin  c’est qu’il atteint, selon les derniers chiffres du HCP, le seuil  d’un million cent quatre-vingt-deux milles personnes. Et comme les chiffres ne valent que par leurs comparaisons, celui-ci n’aurait tout son sens que si l’on rappelle que notre secteur privé marocain n’embauche que dix pour cent de notre population active.

Cette dernière ne compte qu’une dizaine de millions. Résultat des courses : Le nombre de nos sous-employés équivaudrait à quelques virgules près à celui des recrues dans nos secteurs privés.  N’est-ce pas là beaucoup ?   

 

Hicham Aboumerrouane







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