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La 5G, un choix irréfléchi ?




Le coût énergétique serait trois fois plus important que celui de la 4G.

La 5G serait-elle passée comme une lettre à la poste. C’est du moins ce que laisse entrevoir l’empressement de l’autorité nationale de la réglementation des télécommunications (ANRT). Laquelle autorité  a sitôt fait d’amender l’article de loi afférent à la concurrence entre opérateurs. Pour les puristes, la loi porte la référence 24-96. Un amendement à même de garantir une concurrence loyale. Chose honorable, mais le sujet n’est-il pas ailleurs.  Car  si l’on tient compte des débats houleux suscités par cette fuite en avant à laquelle nous invite ce tournant technologique, cet amendement tient le second rôle, et pourrait passe sous silence trois volets dignes d’attention. Quid de la sécurité sanitaire? De l’écologie ? De l’utilité ? De la sécurité des données ?

 

Notre santé, une priorité ?

 De l’autre côté de la méditerranée, et pour ne citer que la Suisse, la Belgique, ou encore la France ,dans une moindre proportion, la 5G est perçue d’un œil, pour le moins suspicieux. Beaucoup de réserves ! Ce qui ouvre la voie pour un éventuel moratoire. Car, et pour emprunter un langage propre aux scientifiques, La 5G a prévu pour son déploiement des ondes dites courtes. Des ondes jugées nocives pour notre petite nature. Nombre de  chercheurs soucieux de clarté, ont fini par nommer leurs inquiétudes. En ressort des dégâts neurologiques, des déformations génétiques, des cancers et d’autres méfaits potentiels qu’on ne cerne que peu, tant que  la mise en branle de cet embryon technologique n’a pas vu le jour. Certains allèguent qu’il faudrait un minimum de dix années pour estimer les dégâts. Sur la même lancée, les langues se délient et crient à la catastrophe : Nous sommes des rats de labo ! Rappelons que l’organisation mondiale de la santé (OMS) classe ces ondes électromagnétiques comme étant « possible » cancérogènes.  Pour mieux expliciter la chose, notons que La 5G déploierait plus d’antennes relais que sa prédécesseure, la 4G. Pourquoi ? La raison est des plus simples : Permettre une meilleure portée des ondes courtes précitées. Une pratique qui augmente inéluctablement notre exposition, comparée à celle que nous connaissons sous l’air 4G. Aussi passerons-nous de 20 milliards à 40 milliards d’objets connectés de par le monde. Des milliers et des milliers d’antennes qui hérissent nos villes. Du Côté des contradicteurs, on entend dire que cette approche serait un peu sommaire. Ces derniers, preuve à l’appui,  avancent que la 5G serait synonyme d’un usage plus à propos. A les croire, ces antennes relais, dirigeraient leurs ondes plutôt envers les équipements connectés que vers l’humain, et seulement au besoin. Une technologie  appelée le « Beamforming » Autre élément de taille, et des plus visibles, serait  le cumul des ondes dégagées par les antennes déjà en place à savoir celles de la 2G, ou la 3G, et leurs devancières, la 4G, puis la 5G. Un cumul clairement nocif !

Le diable est dans le détail…

L’écologie est sans conteste un défi au goût du jour. Chose qui complique davantage la donne pour ce nouveau-né (5G). Il s’avère, que la 5g est énergivore, dans ce sens où elle consommerait trois fois plus d’électricité que la modeste (4G). Soit dit en passant, on ne croit pas si bien dire quand revient dans notre bouche le fameux « Diable qui se cache dans les détails », car une entourloupe et  des premières a pris place lors de la « Campagne » 5G. Je vous explique : Pour les profanes, ceux qui ne sont pas au faîte de la technicité de la chose,  et qui lisent que la 5G consommerait autant d’énergie que la 4G pour le même débit, ces derniers pensent bonnement que le coût énergétique reste inchangé. Faux, car le débit s’avère plus élevé pour ce nouveau venu. D’où son utilité première. En d’autres mots, on peut réussir le pari de transférer plus de données en un temps réduit. Dans un langage terre à terre, on entendrait une bouche commune dire : Une connexion rapide !

Moins de liberté ?

Mais la 5G, dix fois plus rapide que sa prédécesseure, a loin d’avoir pour unique objet le visionnage d’un film haute résolution. Ou encore le fantasme d’une maison connectée, une maison où tout équipement est actionnable par le truchement d’une malheureuse commande vocale. Où tout est à portée de doigt. Loin, s’en faut, les bruits courent et laissent entendre que la mise en place d’un tel dispositif serait liberticide. Car, et pour aller plus en avant, il appert que 70 % de l’utilisation de la 5G serait dédiée à la vidéosurveillance. Une nouvelle mal-à-propos,  perçue comme un étau qui se resserre autour des libertés individuelles. Un clin d’œil au fameux « Big Brother » de Georges Orwell, qui sous-tend que l’État s’immisce plus en avant , et ceci est un euphémisme, dans le quotidien des citoyens. Aussi, souligne-t-on que certains usages seraient des plus utiles, pour ne citer  que la reconnaissance faciale dont  serait dotée la caméra-surveillance de demain et qui permettrait l’identification d’un malfrat pour  le remettre aux mains des autorités compétentes, situées à proximité. Ou encore, et ceci est un  tacle pour les écolos, La 5G, à l’origine d’une ville connectée, pourrait, en calculant, par le biais de récepteurs,  le taux du dioxyde de Carbone, procéder à la mise en place de barrières, et par là, l’interdiction d’accès aux véhicules pollueurs avant un retour à la normale. Oui, mais pas que… et ceci peut soulever nombre  d’inquiétudes légitimes, on apprend que l’un des projets phare, ,prévu à une échelle conséquente, serait  celui de la voiture connectée, autonome, et l’on est tout prêt d’imaginer le désastre si jamais, par aventure, une faille venait  à perturber ce joli monde.

HUAWEI, digne de confiance ?

Enfin, Ce dernier point est des plus sensibles. La sécurité des données. Pas plus loin que le 25 Septembre 2020,  L’Autorité Nationale en matière de  Sécurité et de défense des Systèmes d’Information (ANSSI) en France, l’équivalent chez nous de la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI), a formellement interdit à l’opérateur Orange de souscrire à tout contrat avec l’équipementier Chinois HUAWEI fournisseur du matériel nécessaire  à la 5G. Rappelons que HUAWEI est classé dans la liste noire du côté des  États-Unis pour des raisons sécuritaires, et ceci depuis l’année 2019. Certains évoquent une simple guerre économique, alors que d’autres, y voient une menace de premier ordre. Ce qui est certain, c’est que ce que l’on appelle d’un commun accord « L’intelligence économique » est chose on ne peut plus présente. Une pratique déloyale qui sert à utiliser, sans y être autorisé, les données d’un tiers, pour en faire profiter sa propre entreprise. Cela se fait généralement à travers des logiciels, en exploitant ce qu’on appelle dans le jargon informatique « Back door » ou «  Porte dérobée ». Un terme technique qui renvoie à l’exploitation indue d’une faille sécuritaire par un tiers. Mais qu’en est-il  des équipements de la 5G ? Et pourquoi parle-t-on de HUAWEI dans notre cas, au Maroc ?

Un ingénieur marocain spécialisé dans la sécurité informatique , contacté par nos soins, affirme qu’il est tout à fait possible que ces équipements puissent copier indûment  des données pour les transmettre en suite à l’équipementier en question. Et de rajouter que, pour ce qu’on appelle les Infrastructures  d’Importance Vitale (IIV), à l’exemple du ministère de l’intérieur, de l’armée…

La chose  pourrait s’avérer dangereuse du fait des informations sensibles qu’ils renferment.  SI nous évoquons  HUAWEI, c’est que la Chine est prête à sauter le pas et d’aligner ses contrats avec nos opérateurs locaux.  Si ce n’est la COVID-19 qui a soumis notre économie à rude épreuve, si ce n’est que le citoyen Lambda verrait, en ces temps ardus, cette facture comme étant à la fois insensée et inutile, probablement le contrat aurait été signé.  

Pour rappel, le coût de la 5G serait nettement  plus élevé que celui de l’actuelle 4G. Notons qu’en France, quelques intéressés seraient prêts à débourser 9 euros supplémentaires,  pour souscrire à un contrat 5G, mais à l’heure qu’il est, le cout n’est pas arrêté. Pour revenir à l’interdiction dont  fait l’objet L’opérateur Orange par (ANSSI), ce dernier, à l’exemple du Bahreïn, du Qatar, des Émirats Arabes Unis ou encore l’Arabie Saoudite,  se verrait probablement  contraint de se tourner vers l’équipementier Nokia Ericsson pour, ainsi,  entamer ce qui, selon certains, est de l’ordre d’une révolution technologique.

Soyons réalistes !

Le jeu en  vaut-il la chandelle ? Troquerons-nous notre santé, notre sécurité, notre liberté peut-être, notre écologie sans doute  pour une transition superflue ?

Ou tout cela, n’est que fièvre passagère, comme celle que le monde pressent à l’aune de chaque révolution ? 

Et que seront apportées les solutions adéquates pour à la fois suivre la marche du monde et nous préserver ainsi que notre écosystème ?

Mais une chose est certaine, La 4G actuelle sera bientôt saturée, et sans doute devons-nous trouver une alternative.

Hicham Aboumerrouane









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