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La photographie à travers les yeux bridés


Quand la créativité photo-numérique déride les jeunes trisomiques

De jeunes de l’Association Marocaine de soutien et d’Aide aux personnes Trisomiques exposent à l’AMSAT du 22 mars au 9 avril. Une occasion pour ces jeunes en situation d’handicap de montrer leurs compétences artistiques innées et de prouver que la photographie n’a ni limites ni besoin de grandes techniques quand le cœur y est. Il faut juste un appareil photographique plus ou moins sophistiqué, un don, une vision nette, une passion, de la créativité et du cœur.



Ces 8 jeunes dont l’âge varie entre 14 ans et 17 ans ont fait l’expérience d’une petite exposition initiée par l’AMSAT, en partenariat avec la Fondation suisse DROSOS, active au Maroc depuis 2007 au profit des franges vulnérables dans le cadre de la protection, de la réinsertion sociale, de la promotion de la créativité... ,et, l’Association Marocaine d’Art Photographique (AMAP).

Les travaux photographiques de jeunes de l’AMSAT, Centre SAR Moulay Rachid, reflètent une grande maturité, le  sens de l’observation, la précision et un grand engouement pour la nature.

Au-delà du don, leurs aptitudes ont été « sculptées » et forgées, sous les yeux attentifs de leurs professeurs Bouchaib Bouzekraowi et Akil Jaâfar, dans leurs ateliers respectifs. Ce dernier, professeur de l’atelier photographie est également Président de l’AMAP, une association qui regroupe les praticiens marocains de la photographie artistique. Il faut dire que l'inspiration se travaille, surtout par l'observation et l’apprentissage des techniques de prise de photo.

Les artistes exposants sont  Harhar Chaymae, Bendaouya Douae, Belrazi Meryem, El Akkari Meryem, El Hamri Driss, El Kari Abdelouadoude,  Ghandour Walid et Makhoukh Souhail.


Chaymae Harhar, ou quand l’inné et l’acquis donnent sens à la vie

Pour ne brosser que le portrait d’une seule personne, Chaymae Harhar est une jeune de 15 printemps dont le talent pour la photographie est inné, « incrusté » en elle depuis sa tendre enfance. Son sens de l’observation, son amour pour les animaux, les champs et la nature est à beaucoup d’égards dû à sa sensibilité. L’atelier de l’AMSAT, parmi d’autres activités, l’a beaucoup aidé, comme elle dit, un cours qu’elle adore. Il lui a permis d’évoluer, d’acquérir plus de précision et changé son regard.

Comme spécifié par M. Bouchaib Bouzekraoui :

« Le travail de prise de photo enrichit et renforce leur processus de maturation, conditionné par le choix des thématique, le cadrage, l’angle de vue, la lumière…A travers l’appareil photo-numérique, chaque explorateur « bascule » entre  son désir et sa réalité. Les thèmes variés abordés tels les paysages leur  permettent d’explorer différemment leur environnement, de prêter une attention particulière aux détails qui échappent au quotidien. L’exercice de la photo amène chaque jeune sur le registre du vu et du voyant, du devant et du derrière l’objectif, et engage un travail de confrontation, à l’acceptation de soi et de l’altérité.

Au fil des séances, et grâce à l’encadrement engagé de M. Akil Jaâfar, assisté sur le volet éducatif par notre collègue Anas Attar, les jeunes, encouragés par leurs parents, nous démontrent que dans cet atelier, la fabrication de l’image puis l’image elle-même sont là pour offrir des canaux de circulation de la parole ! Mieux encore, ces mêmes jeunes nous rappellent, en nous surprenant de nouveau, que l’activité créatrice est une activité possible pour tous, que l’art ne connait pas le handicap et que le talent et la créativité, peuvent dépasser le handicap ».

Par Bouteina BENNANI





Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 31 Mars 2021