Les tensions mondiales font flamber les craintes
L’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait peser un risque sur les flux pétroliers mondiaux. Les marchés anticipent déjà un conflit prolongé, susceptible de faire grimper les prix du pétrole et du gaz.
Certaines prévisions évoquent un gasoil proche de 15 dirhams le litre au Maroc. Au-delà de l’effet sur les ménages et les entreprises, cette situation soulève de nouveau la question stratégique : le modèle énergétique adopté depuis l’arrêt de la Samir.
Un approvisionnement transformé depuis 2015
Depuis la fermeture de la raffinerie, le Maroc n’importe plus du pétrole brut destiné au raffinage local, mais des produits raffinés directement : diesel, essence, kérosène, fioul.
Selon l’expert Oussama Ouassini, ce basculement a changé les coûts logistiques. Le pétrole brut était transporté par de très grands pétroliers de 2 millions de barils, alors que les produits raffinés arrivent sur des navires de 280.000 à 320.000 barils, augmentant les coûts et complexifiant l’approvisionnement.
Ces dépenses s’ajoutent aux coûts industriels liés au raffinage à l’étranger, appelés OPEX, et peuvent peser lourdement sur la facture énergétique.
1,4 milliard de dollars supplémentaires par an
Certains analystes estiment que l’arrêt du raffinage national pourrait coûter jusqu’à 1,4 milliard de dollars par an au Maroc. Le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine plaide pour une relance, afin de renforcer la sécurité énergétique et réduire la dépendance aux marchés internationaux.
Mais Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, relativise. Il rappelle que les prix des carburants se forment sur les marchés mondiaux, et qu’une raffinerie nationale ne garantit pas des prix plus bas. Il souligne également le lourd passif financier de la Samir, avec une dette estimée à 40 milliards de dirhams lors de sa faillite.
Le_Maroc_pris_au_piège_des_carburants.m4a (37.36 Mo)












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