Par Mohammed Yassir Mouline
Le pitch est simple, presque biblique… dis-moi si tu soutiens l’Iran, je te dirai si tu es moral... Une grille de lecture limpide, à faire pâlir les philosophes des Lumières… D’un côté les vertueux, de l’autre les damnés… ces Marocains qui, visiblement, n’ont rien compris à la marche du monde et encore moins à leur propre intérêt…
Au centre de la scène, une figure politique bien connue du paysage marocain, Amina Maelainine, ancienne députée du Parti de la justice et du développement, qui relance une polémique en posant une équation simple, presque mécanique… la morale serait du côté de ceux qui adoptent une certaine lecture géopolitique, et du côté des autres… un déficit de lucidité, voire de conscience… Le Maroc, lui, n’a jamais signé pour ce logiciel de pensée unique…
Car dans ce pays, les opinions s’entrechoquent, les débats existent, les désaccords sont parfois bruyants… mais ils restent marocains… Et surtout, ils ne s’accompagnent pas volontiers de certificats de vertu délivrés depuis des tribunes surélevées... Ici, l’idée qu’on puisse réduire la morale à un positionnement géopolitique précis ressemble davantage à une simplification qu’à une analyse…
Cependant, dans cette nouvelle théologie politique, le peuple marocain souffrirait d’un mal étrange… un déficit de conscience… Rien que ça... Un pays entier sommé de revoir ses fondamentaux, pendant que quelques voix éclairées distribuent, à la louche, les certificats de bonne conduite idéologique…
Sauf que voilà… la réalité a la fâcheuse habitude de ne pas coller au scénario… Pendant que la morale s’exporte à coups de déclarations péremptoires, les faits, eux, restent têtus... Les tensions entre Rabat et Téhéran ne sont pas une vue de l’esprit, pas plus que les accusations de soutien iranien au front polisario… Mais dans cette pièce, la géopolitique est priée de rester en coulisses… Place au prêche… Et puis, il y a ce détail… ce petit grain de sable dans la mécanique bien huilée de la leçon morale… Un souvenir qui colle à la semelle du discours comme un vieux chewing-gum… l’épisode du Moulin Rouge…
Retour en arrière… Nous sommes à Paris… Des clichés circulent… On y voit la même figure politique, connue au Maroc pour son discours rigoriste et son apparence strictement conservatrice, évoluer dans un tout autre décor... Pas de procès ici sur la vie privée… chacun est libre de ses choix, et heureusement… Le problème n’est pas là… Il n’a jamais été là… Le problème, c’est le grand écart...
Car dans la mémoire collective, l’affaire du Moulin Rouge n’a pas tant choqué par son contenu que par ce qu’elle révélait… une dissonance flagrante entre un discours public très normatif… parfois moralisateur… et des pratiques personnelles perçues comme radicalement différentes… Une « double narration » qui, à tort ou à raison, a fissuré ce qui est le carburant essentiel de toute parole politique… la crédibilité…
Et voilà que quelques années plus tard, la même voix revient pour expliquer aux Marocains… la morale… Forcément, le public tousse… il y a quelque chose d’irrésistiblement ironique à voir quelqu’un, déjà rattrapé par ses propres contradictions, venir distribuer des brevets de vertu à 37 millions de personnes… Comme si le problème n’était pas la complexité humaine « que tout le monde accepte » mais cette étrange tentation de donner des leçons après avoir soi-même brouillé les repères…
Les critiques ne s’y sont pas trompées... Elles parlent d’« arrogance », de « condescendance », de « fuite en avant »… Elles pointent une tentative de redorer un blason politique terni en se drapant dans des causes internationales brûlantes… Elles dénoncent surtout une logique dangereuse… celle qui consiste à transformer le désaccord politique en faute morale…
Car enfin, depuis quand ne pas soutenir une puissance étrangère fait-il de vous un être immoral ? Depuis quand la géopolitique remplace-t-elle l’éthique personnelle ? Et surtout, qui a donné mandat à qui pour juger un peuple entier ?... Qu’elle prenne au moins le temps « elle, son mouvement et son parti » de comprendre la complexité des terrains sur lesquels elle prétend donner des leçons… Car les fractures doctrinales au sein du monde musulman, les tensions historiques entre courants et les sensibilités liées à certaines figures fondatrices ne se traitent pas à coups de formules expéditives…
Avant de distribuer des certificats de morale, encore faut-il mesurer le poids des mots… Les divergences théologiques, les lectures contrastées de l’histoire islamique et les perceptions autour de figures majeures… du Prophète Sidna Mohammed (paix et salut sur lui) à ses compagnons… exigent autre chose que des jugements à l’emporte-pièce… un minimum de rigueur… et un peu de retenue…
Dans cette affaire, il y a peut-être une leçon… mais pas celle que l’on croit... Elle tient en une évidence que même les meilleurs discours ne peuvent maquiller… la morale ne supporte pas la condescendance... Elle exige, au minimum, une forme de cohérence… Et surtout, elle ne s’impose pas d’en haut, comme un verdict sans appel…
Au Maroc, le débat est parfois rugueux, souvent bruyant, mais il a encore ceci de sain… il n’aime pas qu’on lui parle du haut d’un piédestal, surtout quand celui-ci vacille… Et pendant que certains rejouent leur propre procès en distribuant les rôles, le public, lui, a déjà tranché… avec cette ironie tranquille qui fait les réputations et défait les sermons…
Le Maroc n’a pas besoin de morale venue d’ailleurs pour savoir où il se situe... Il lui suffit de ce qu’il a toujours défendu… la lucidité sur ses intérêts, la fermeté sur ses choix… et ce refus tranquille des leçons importées qui, à force de vouloir corriger le pays, finissent surtout par révéler ceux qui les donnent… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.
Au centre de la scène, une figure politique bien connue du paysage marocain, Amina Maelainine, ancienne députée du Parti de la justice et du développement, qui relance une polémique en posant une équation simple, presque mécanique… la morale serait du côté de ceux qui adoptent une certaine lecture géopolitique, et du côté des autres… un déficit de lucidité, voire de conscience… Le Maroc, lui, n’a jamais signé pour ce logiciel de pensée unique…
Car dans ce pays, les opinions s’entrechoquent, les débats existent, les désaccords sont parfois bruyants… mais ils restent marocains… Et surtout, ils ne s’accompagnent pas volontiers de certificats de vertu délivrés depuis des tribunes surélevées... Ici, l’idée qu’on puisse réduire la morale à un positionnement géopolitique précis ressemble davantage à une simplification qu’à une analyse…
Cependant, dans cette nouvelle théologie politique, le peuple marocain souffrirait d’un mal étrange… un déficit de conscience… Rien que ça... Un pays entier sommé de revoir ses fondamentaux, pendant que quelques voix éclairées distribuent, à la louche, les certificats de bonne conduite idéologique…
Sauf que voilà… la réalité a la fâcheuse habitude de ne pas coller au scénario… Pendant que la morale s’exporte à coups de déclarations péremptoires, les faits, eux, restent têtus... Les tensions entre Rabat et Téhéran ne sont pas une vue de l’esprit, pas plus que les accusations de soutien iranien au front polisario… Mais dans cette pièce, la géopolitique est priée de rester en coulisses… Place au prêche… Et puis, il y a ce détail… ce petit grain de sable dans la mécanique bien huilée de la leçon morale… Un souvenir qui colle à la semelle du discours comme un vieux chewing-gum… l’épisode du Moulin Rouge…
Retour en arrière… Nous sommes à Paris… Des clichés circulent… On y voit la même figure politique, connue au Maroc pour son discours rigoriste et son apparence strictement conservatrice, évoluer dans un tout autre décor... Pas de procès ici sur la vie privée… chacun est libre de ses choix, et heureusement… Le problème n’est pas là… Il n’a jamais été là… Le problème, c’est le grand écart...
Car dans la mémoire collective, l’affaire du Moulin Rouge n’a pas tant choqué par son contenu que par ce qu’elle révélait… une dissonance flagrante entre un discours public très normatif… parfois moralisateur… et des pratiques personnelles perçues comme radicalement différentes… Une « double narration » qui, à tort ou à raison, a fissuré ce qui est le carburant essentiel de toute parole politique… la crédibilité…
Et voilà que quelques années plus tard, la même voix revient pour expliquer aux Marocains… la morale… Forcément, le public tousse… il y a quelque chose d’irrésistiblement ironique à voir quelqu’un, déjà rattrapé par ses propres contradictions, venir distribuer des brevets de vertu à 37 millions de personnes… Comme si le problème n’était pas la complexité humaine « que tout le monde accepte » mais cette étrange tentation de donner des leçons après avoir soi-même brouillé les repères…
Les critiques ne s’y sont pas trompées... Elles parlent d’« arrogance », de « condescendance », de « fuite en avant »… Elles pointent une tentative de redorer un blason politique terni en se drapant dans des causes internationales brûlantes… Elles dénoncent surtout une logique dangereuse… celle qui consiste à transformer le désaccord politique en faute morale…
Car enfin, depuis quand ne pas soutenir une puissance étrangère fait-il de vous un être immoral ? Depuis quand la géopolitique remplace-t-elle l’éthique personnelle ? Et surtout, qui a donné mandat à qui pour juger un peuple entier ?... Qu’elle prenne au moins le temps « elle, son mouvement et son parti » de comprendre la complexité des terrains sur lesquels elle prétend donner des leçons… Car les fractures doctrinales au sein du monde musulman, les tensions historiques entre courants et les sensibilités liées à certaines figures fondatrices ne se traitent pas à coups de formules expéditives…
Avant de distribuer des certificats de morale, encore faut-il mesurer le poids des mots… Les divergences théologiques, les lectures contrastées de l’histoire islamique et les perceptions autour de figures majeures… du Prophète Sidna Mohammed (paix et salut sur lui) à ses compagnons… exigent autre chose que des jugements à l’emporte-pièce… un minimum de rigueur… et un peu de retenue…
Dans cette affaire, il y a peut-être une leçon… mais pas celle que l’on croit... Elle tient en une évidence que même les meilleurs discours ne peuvent maquiller… la morale ne supporte pas la condescendance... Elle exige, au minimum, une forme de cohérence… Et surtout, elle ne s’impose pas d’en haut, comme un verdict sans appel…
Au Maroc, le débat est parfois rugueux, souvent bruyant, mais il a encore ceci de sain… il n’aime pas qu’on lui parle du haut d’un piédestal, surtout quand celui-ci vacille… Et pendant que certains rejouent leur propre procès en distribuant les rôles, le public, lui, a déjà tranché… avec cette ironie tranquille qui fait les réputations et défait les sermons…
Le Maroc n’a pas besoin de morale venue d’ailleurs pour savoir où il se situe... Il lui suffit de ce qu’il a toujours défendu… la lucidité sur ses intérêts, la fermeté sur ses choix… et ce refus tranquille des leçons importées qui, à force de vouloir corriger le pays, finissent surtout par révéler ceux qui les donnent… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.












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