Le soldat américain pourra utiliser ChatGPT. Mais pas tout à fait le même que celui installé sur le téléphone de monsieur Tout-le-monde.
Le Pentagone a annoncé le 31 août l’intégration de ChatGPT Mil, développé par OpenAI, et de Grok for Government, fourni dans l’écosystème Starshield AI, à sa plateforme interne GenAI.mil. Ils rejoignent une version gouvernementale de Gemini de Google, disponible depuis le lancement de la plateforme en décembre dernier.
L’enjeu est d’abord celui de la sécurité des données.
Faire copier à un militaire un rapport logistique, une note de planification ou un document administratif dans un chatbot grand public poserait évidemment problème. GenAI.mil propose donc les capacités des grands modèles commerciaux dans un environnement contrôlé par le Département américain de la Défense.
ChatGPT Mil est notamment homologué au niveau Impact Level 5, permettant le traitement de certaines informations sensibles mais non classifiées — les fameuses Controlled Unclassified Information. Le Pentagone évoque des usages dans la planification, la politique publique, la logistique ou encore les tâches administratives.
Le changement d’échelle est spectaculaire.
L'infrastructure est conçue pour les plus de trois millions de militaires et personnels civils du département. Selon le Pentagone, plus de 1,7 million d’utilisateurs uniques ont déjà accédé à GenAI.mil.
Mais le plus intéressant est peut-être ailleurs.
Washington ne mise pas sur une seule intelligence artificielle. Gemini, ChatGPT et Grok sont placés côte à côte. Un responsable américain expliquait récemment que Gemini pouvait être préféré pour certaines recherches, tandis que ChatGPT pouvait être plus adapté aux travaux textuels. La stratégie devient donc multimodèle : choisir la meilleure IA selon la mission plutôt que dépendre d'un fournisseur unique.
Cette intégration pose évidemment des questions nouvelles. Une IA peut accélérer l'analyse et la prise de décision, mais elle peut aussi produire des erreurs avec une rapidité et une ampleur inédites. OpenAI reconnaît d’ailleurs elle-même que l’usage de l’IA dans la sécurité nationale nécessite des mécanismes renforcés de contrôle et de supervision.
Pour les autres États, le signal envoyé par Washington mérite attention.
Après les réseaux sécurisés, les satellites, le cloud et les capacités cyber, une nouvelle couche de souveraineté militaire apparaît : disposer de ses propres accès sécurisés aux meilleures intelligences artificielles du marché.
La prochaine course aux armements ne portera donc peut-être pas seulement sur le nombre de drones ou de missiles. Elle se jouera aussi sur une question beaucoup plus discrète : quelle armée disposera de la meilleure IA, des meilleures données… et de la capacité de les utiliser sans les confier au cloud de monsieur Tout-le-monde ?
Le Pentagone a annoncé le 31 août l’intégration de ChatGPT Mil, développé par OpenAI, et de Grok for Government, fourni dans l’écosystème Starshield AI, à sa plateforme interne GenAI.mil. Ils rejoignent une version gouvernementale de Gemini de Google, disponible depuis le lancement de la plateforme en décembre dernier.
L’enjeu est d’abord celui de la sécurité des données.
Faire copier à un militaire un rapport logistique, une note de planification ou un document administratif dans un chatbot grand public poserait évidemment problème. GenAI.mil propose donc les capacités des grands modèles commerciaux dans un environnement contrôlé par le Département américain de la Défense.
ChatGPT Mil est notamment homologué au niveau Impact Level 5, permettant le traitement de certaines informations sensibles mais non classifiées — les fameuses Controlled Unclassified Information. Le Pentagone évoque des usages dans la planification, la politique publique, la logistique ou encore les tâches administratives.
Le changement d’échelle est spectaculaire.
L'infrastructure est conçue pour les plus de trois millions de militaires et personnels civils du département. Selon le Pentagone, plus de 1,7 million d’utilisateurs uniques ont déjà accédé à GenAI.mil.
Mais le plus intéressant est peut-être ailleurs.
Washington ne mise pas sur une seule intelligence artificielle. Gemini, ChatGPT et Grok sont placés côte à côte. Un responsable américain expliquait récemment que Gemini pouvait être préféré pour certaines recherches, tandis que ChatGPT pouvait être plus adapté aux travaux textuels. La stratégie devient donc multimodèle : choisir la meilleure IA selon la mission plutôt que dépendre d'un fournisseur unique.
Cette intégration pose évidemment des questions nouvelles. Une IA peut accélérer l'analyse et la prise de décision, mais elle peut aussi produire des erreurs avec une rapidité et une ampleur inédites. OpenAI reconnaît d’ailleurs elle-même que l’usage de l’IA dans la sécurité nationale nécessite des mécanismes renforcés de contrôle et de supervision.
Pour les autres États, le signal envoyé par Washington mérite attention.
Après les réseaux sécurisés, les satellites, le cloud et les capacités cyber, une nouvelle couche de souveraineté militaire apparaît : disposer de ses propres accès sécurisés aux meilleures intelligences artificielles du marché.
La prochaine course aux armements ne portera donc peut-être pas seulement sur le nombre de drones ou de missiles. Elle se jouera aussi sur une question beaucoup plus discrète : quelle armée disposera de la meilleure IA, des meilleures données… et de la capacité de les utiliser sans les confier au cloud de monsieur Tout-le-monde ?












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