Une opération technique sur une infrastructure stratégique
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et le gestionnaire espagnol Red Eléctrica ont lancé une procédure internationale pour inspecter les câbles sous-marins reliant le nord du Maroc à la région de Tarifa.
L’intervention porte sur les deux interconnexions existantes, installées à des profondeurs dépassant 600 mètres. Elle comprend un examen visuel et structurel, dans le cadre d’un processus en deux étapes, avec sélection de l’offre présentant les meilleures garanties techniques.
Pilotée depuis Tanger, cette opération s’inscrit dans les protocoles réguliers de maintenance d’une infrastructure jugée essentielle pour la stabilité des échanges électriques entre les deux pays.
Un lien énergétique clé entre deux continents
Mise en place à la suite d’un accord conclu en 1993 et entrée en service à la fin des années 1990, cette interconnexion constitue une liaison directe entre les réseaux marocain et espagnol.
Depuis plus de trois décennies, elle joue un rôle structurant dans les flux d’électricité entre le Maroc et l’Europe occidentale. Sa supervision régulière répond à des exigences de sécurité d’approvisionnement et de stabilité du réseau, dans un contexte de montée des échanges transfrontaliers.
À ce stade, l’opération engagée ne prévoit pas de nouvelles capacités, mais vise à fiabiliser les installations existantes.
Un contexte énergétique en pleine recomposition
Cette initiative intervient alors que les interconnexions électriques gagnent en importance en Europe, dans un contexte de diversification des sources d’énergie.
Parallèlement, le Maroc explore avec la France un projet de câble sous-marin direct, connu sous le nom de Qantara Med, qui permettrait un accès au marché européen sans transit par l’Espagne. De son côté, Madrid poursuit ses propres projets dans le détroit, notamment le raccordement entre Ceuta et la péninsule ibérique.
Dans ce paysage en mutation, l’interconnexion actuelle conserve un rôle central. Elle constitue un canal clé pour l’exportation d’électricité, notamment dans un contexte de montée en puissance des énergies renouvelables marocaines, en particulier le solaire et l’éolien.
Un axe à sécuriser dans la durée
À court terme, l’inspection vise à sécuriser un actif stratégique pour les deux pays. À plus long terme, elle s’inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement énergétique, où le Maroc pourrait renforcer son rôle dans les flux d’électricité vers l’Europe.












L'accueil















