L'ODJ Média

Portail L'ODJ Média



Les marchés internationaux sous pression, entre doutes sur l’IA et flambée du pétrole


Rédigé par AFI le Samedi 24 Octobre 2026



Focus de la semaine : les indices PMI

Aujourd’hui, des indices PMI ont été publiés au Japon, en Inde, en Europe Continentale, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Les PMI, ou « indices des directeurs d’achat » (Purchasing Managers’ Indices), sont des enquêtes mensuelles auprès des entreprises privées, mesurant l’évolution de leur activité par rapport au mois précédent. Un niveau supérieur à 50 signale une expansion, inférieur à 50 une contraction, sans représenter un taux de croissance.
Compilés notamment par S&P Global, ils portent différentes marques selon les partenariats : HSBC en Inde, S&P Global au Japon, au Royaume-Uni et aux États-Unis ; les appellations peuvent évoluer avec les sponsors.
Le PMI manufacturier synthétise production, commandes, emploi, stocks et délais fournisseurs ; celui des services mesure principalement l’activité. Le composite pondère production manufacturière et l’activité des services, plutôt que leurs indices globaux.

Disponibles rapidement, notamment sous forme d’estimations préliminaires « flash », ils permettent de détecter les retournements conjoncturels avant les statistiques officielles. Leurs composantes renseignent aussi sur les tensions inflationnistes et l’emploi, éclairant les anticipations de politique monétaire. Leur relation statistique avec le PIB aide à estimer la croissance trimestrielle, sans constituer une prévision certaine ni couvrir toute l’économie.

Contrairement aux indicateurs de confiance, davantage centrés sur les perceptions et les perspectives, les PMI décrivent surtout des changements opérationnels déclarés. Ils restent néanmoins des enquêtes qualitatives, comportant également des questions sur les anticipations futures des entreprises interrogées.
 
 
L’Essentiel du calendrier économique international du 19 au 23 octobre 2026
Du 19 au 23 octobre, le calendrier révèle une amélioration chinoise, un essoufflement européen et une consommation fragile au Royaume-Uni. Les surprises face au consensus entretiennent la prudence, tandis que l’échéance électorale brésilienne pourrait modifier les anticipations économiques.
 
Chine
Le PIB progresse de 4,5% en glissement annuel au troisième trimestre, contre 4,4% attendus. En septembre, production industrielle (+5,5%) et ventes au détail (+1,1%) dépassent également les consensus de 5,4% et 0,5%, malgré un investissement toujours déprimé.
 

 
Japon
Les exportations augmentent de 16,7% sur un an, sous les 20,1% attendus. L’inflation sous-jacente atteint 2,1%, conformément au consensus. Le PMI manufacturier déçoit à 53,3 contre 54,5 attendu, mais les services accélèrent à 52.
 
Corée du Sud
La banque centrale maintient son taux directeur à 3%, conformément aux attentes, sans nouvelle impulsion monétaire.
 
Inde
Le PMI composite monte à 56,7, après 55,9, porté par les services, à 56,2. L’industrie ralentit légèrement à 54,9.
 
 Europe continentale
Le PMI « Flash » composite de la zone euro recule à 51,9, contre 52,7 attendu. La France repasse en contraction à 48,4 ; l’Allemagne reste en expansion à 52,8. La confiance des consommateurs de la Zone Euro déçoit également.
 

 
 
Royaume-Uni
L’inflation annuelle atteint 3,5%, contre 3,4% attendu. Les ventes au détail progressent seulement de 0,8% sur un an, contre 1% attendu. Toutefois, les PMI « Flash » manufacturier et services dépassent les prévisions.
 
États-Unis
Les ventes immobilières en attente chutent de 11,3% sur un an en septembre, tandis que les inscriptions hebdomadaires au chômage restent contenues à 194 000, contre 200 000 attendues. En octobre, le PMI composite ralentit à 57,6, après 58,4, mais demeure en expansion : l’industrie atteint 56, contre 55,5 attendus, tandis que les services reculent à 57,9, légèrement sous le consensus de 58. Enfin, la confiance des consommateurs mesurée par Michigan ressort à 48, contre 46,3 attendus, malgré un léger recul par rapport à septembre.



Canada
L’inflation annuelle atteint 3,1%, sous les 3,2% attendus. Les ventes au détail augmentent de 1,2% mensuellement en août, contre 1,3% attendu.
 
 Brésil
Le Conseil monétaire national et la Banque centrale ont renforcé la sécurité de l’Open Finance, clarifié les responsabilités et assoupli les procédures de consentement applicables aux entreprises, le second tour présidentiel du 25 octobre constitue l’échéance politique majeure.
 
Principaux indices mondiaux, pétrole et or le 23 octobre 2026 à 16h30
La semaine du 19 au 23 octobre confirme une défiance envers la technologie, sur fond d’interrogations sur la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle. La hausse du pétrole ajoute un risque sur les marges et l’inflation.
 
MSCI World
Le MSCI World recule de 0,41% sur la semaine. Les publications d’entreprises ne suffisent plus à rassurer lorsque les dépenses annoncées restent considérables : Meta et Lam Research ont ainsi été sanctionnées malgré des résultats supérieurs aux attentes. Le marché distingue davantage croissance des revenus, besoins de financement et capacité à générer des bénéfices durables.
 
MSCI Emerging Markets
Le MSCI Emerging Markets perd 2,63% sur la semaine, davantage que les marchés développés. La correction des semi-conducteurs se propage aux places asiatiques, particulièrement exposées à cette chaîne de valeur. Le recul chinois et les tensions énergétiques renforcent la prudence. Cette baisse ne traduit toutefois pas une détérioration uniforme de l’ensemble des économies émergentes.
 
Chine

Le CSI 300 cède 1,57%, le Shanghai Composite 0,69% et le ChiNext 3,18%. La sous-performance de ce dernier souligne la vulnérabilité persistante des valeurs de croissance au mouvement mondial de réévaluation technologique. Le rebond de la journée atténue néanmoins les pertes hebdomadaires. Certains segments résistent : les terres rares bénéficient vendredi des résultats d’entreprises et de l’intérêt pour la robotique humanoïde.
 
Japon
Le Nikkei 225 abandonne 4,03%. Les ventes touchent les acteurs de l’infrastructure numérique, notamment Tokyo Electron, Advantest et SoftBank, alors que les investisseurs questionnent les rendements futurs des dépenses d’IA. Le renchérissement pétrolier ajoute une fragilité propre au Japon, fortement dépendant des approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient. La correction dépasse ainsi la seule lecture des indicateurs conjoncturels

Europe continentale
Le STOXX Europe 600 recule de 1,39%. Les résultats alimentent une sélection plus sévère : Kering chute après une publication qui ne rassure pas sur le redressement de Gucci. Volvo Cars souffre également, pénalisé par les droits de douane américains et la concurrence chinoise. Ces difficultés illustrent les pressions commerciales et concurrentielles pesant sur les entreprises européennes.
 
Royaume-Uni
Le FTSE 100 perd 1,76%. Les banques et les minières pèsent sur Londres : Barclays déçoit sur ses bénéfices trimestriels, tandis que le recul de l’or et du cuivre pénalise les producteurs. À l’inverse, Rentokil bénéficie d’une amélioration de sa croissance organique et d’un programme de rachats d’actions, sans inverser la tendance générale.
 
États-Unis
Le S&P 500 cède 0,23% et le Nasdaq 100 0,47%, tandis que le Dow Jones gagne 0,64%. Cette dispersion montre que les ventes restent sélectives. Les résultats technologiques se heurtent aux inquiétudes sur les investissements ; les prochaines publications d’Alphabet, Amazon et Microsoft, ainsi que la réunion de la Fed et la décision du taux d’intérêt directeur, deviennent déterminantes.
 
 Brent et Or
Le Brent bondit de 6,48%, porté par les attaques en Arabie saoudite et le risque d’élargissement du conflit régional. L’or recule de 3,94% : malgré l’incertitude géopolitique, il ne bénéficie pas des flux refuges observés cette semaine, soulignant qu’une montée des risques ne soutient pas automatiquement le métal précieux.
 
Calendrier économique africain du 19 au 23 octobre 2026
Du 19 au 23 octobre, le calendrier africain révèle des tensions sur les prix contrastées. L’Afrique du Sud concentre les publications, tandis que le Maroc retrouve une inflation annuelle positive.
 
Afrique du Sud
L’inflation atteint 4,5% en glissement annuel en septembre, après 4,4%, mais reste inférieure aux 4,7% attendus. L’inflation sous-jacente ralentit à 4%, après 4,1%. Les ventes au détail progressent de 3,3% sur un an en août, contre 3% attendu, signalant une consommation résistante. Les permis de construire reculent toutefois de 4,3% annuellement. La confiance SACCI fléchit à 134,3 en septembre, après 135,1.
 
Égypte
La reprise économique reste accompagnée de fragilités extérieures. Une synthèse publiée le 19 octobre fait état d’une croissance du PIB réel de 5,1% sur l’exercice 2025/2026, contre 4,4% précédemment, et d’un déficit budgétaire ramené à 5,8% du PIB. Toutefois, le déficit courant se creuse à 22,5 milliards de dollars, contre 15,4 milliards, sous l’effet de la hausse des importations.
 
Nigéria
Dans une analyse publiée le 22 octobre, le FMI souligne que les réformes du marché des changes, la réduction des subventions aux carburants et le resserrement monétaire ont renforcé la résilience économique. Toutefois, les coûts alimentaires, énergétiques et de transport continuent de peser sur le pouvoir d’achat. L’enjeu demeure de transformer l’amélioration des équilibres économiques en investissements, en emplois et en gains de niveau de vie, tout en préservant la discipline budgétaire.
 
Maroc
L’inflation remonte à 0,5% en glissement annuel en septembre, après −0,3%. Les prix augmentent de 1% mensuellement, après 0,8%, traduisant une accélération à surveiller.
 
Kenya
Selon des données du Trésor rapportées le 21 octobre, l’encours des prêts de la Banque mondiale atteint 2 045 milliards de shillings à fin juin 2026, confirmant son rôle croissant dans le financement du pays. Ces ressources concessionnelles offrent des conditions plus favorables que les emprunts commerciaux, mais le service de la dette continue de limiter les marges budgétaires. Les discussions avec le FMI sur un nouveau programme restent donc déterminantes pour sécuriser les financements et préserver les dépenses prioritaires.
 
Côte d’Ivoire
Le 22 octobre, M. Alassane Ouattara et le président de la Commission de l’UEMOA, M. Abdoulaye Diop, ont échangé sur la diversification des ressources et le financement durable des investissements, avec l’objectif de préserver les équilibres budgétaires.
Parallèlement, une rencontre gouvernementale avec la Confédération Patronale Unique des Petites et Moyennes Entreprises de Côte d'Ivoire, le 19 octobre, a mis l’accent sur l’accès au crédit et aux marchés pour les entreprises locales.
 
Autres pays africains
Au Malawi, l’inflation annuelle ralentit à 19,4%, après 20%, mais demeure élevée. Au Ghana, les prix à la production accélèrent à 4,8% sur un an, après 4,4%, illustrant une divergence des pressions inflationnistes.
 
MSCI Frontier et principaux indices africains le 16 octobre 2026 à 16h30
 
La semaine du 19 au 23 octobre reste dominée par la dispersion : Johannesburg et Le Caire reculent, Nairobi subit des sorties étrangères, tandis que Lagos résiste davantage.
 
MSCI Frontier Markets
Le MSCI Frontier Markets progresse de 0,36%, contrastant avec les places africaines suivies. Cet indice n’étant pas exclusivement africain, sa hausse ne décrit pas une reprise continentale généralisée.
 
FTSE JSE All Africa 40
Le FTSE JSE All Africa 40 cède 3,47%. Son recul s’inscrit dans une semaine défavorable aux grandes valeurs sud-africaines. La faiblesse des producteurs de métaux précieux constitue un facteur cohérent avec cette baisse.
 
 Afrique du Sud
Le South Africa Top 40 perd 3,14%. La pression sur les valeurs minières accompagne le recul hebdomadaire de l’or, de 3,94%. Les cotations du vendredi montrent notamment des baisses d’AngloGold Ashanti et de Valterra Platinum. Richemont recule également : la correction dépasse donc les seules mines, malgré la résistance de certaines banques et télécommunications.
 
Égypte
L’EGX 30 abandonne 2,34%. Les comptes rendus de marché décrivent des ventes institutionnelles et une liquidité insuffisante pour absorber les dégagements. Le rebond de mercredi, soutenu par Commercial International Bank et Talaat Moustafa, n’a pas duré : l’indice chute de 3,41% jeudi. Cette volatilité traduit des arbitrages marqués entre grandes capitalisations.
 
Nigéria
Le NSE 30 termine pratiquement stable, à −0,01%. Cette résistance masque des mouvements contrastés : des achats à bon compte ont permis un rebond mardi, puis les ventes ont repris, notamment sur certaines banques.

Kenya
Le NSE 20 recule de 1,69%. La pression étrangère est documentée : le bulletin de Pergamon du 22 octobre signale 846,58 millions de shillings de sorties nettes, concentrées sur Safaricom, Equity et KCB. Les banques perdent alors 0,6% en moyenne, illustrant une pression sur plusieurs grandes valeurs.
 
BRVM
Le Composite cède provisoirement 0,65%. Plusieurs séances de baisse précèdent le rebond de jeudi. Sika Finance relève notamment le redressement de Sucrivoire, Erium et Bernabé CI : ces achats interrompent la correction sans effacer les pertes accumulées.
 
Implications pour le marché marocain
La nouvelle progression du Brent (+6,48%) renforce le risque déjà identifié sur les coûts énergétiques, le transport et les marges des entreprises marocaines. Sa transmission dépendra des couvertures et de la capacité à répercuter les hausses. Le recul de l’or (−3,94%) constitue désormais un signal moins favorable aux minières exposées, sans déterminer leurs résultats à lui seul.

À Casablanca, le MASI gagne 0,33%, après +1,20% la semaine précédente : le rebond se poursuit, mais ralentit, tandis que le MASI 20 progresse de 0,80%. Cette résistance contraste avec le repli mondial, sans suffire à établir un retour durable de la confiance.  La sélectivité reste donc centrale : privilégier l’analyse des marges, de l’endettement et des flux de trésorerie plutôt qu’une extrapolation des mouvements internationaux. Les prochaines publications des sociétés devront confirmer les perspectives.  L’évolution des taux et des volumes d’échanges locaux permettra de mieux apprécier la portée réelle de cette reprise.

​About AFI partenaire de L'ODJ Média






Samedi 24 Octobre 2026

Immo & Habitat | Emploi & Formation | Brèves Eco Business & emploi & Habitat | Analyses & Finance & Bourse | Scroll Economie


Avertissement : Ces analyses sont fournies à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Elle a été réalisée par la rédaction de L'ODJ Média, sur la base des données publiées par la société et des tendances du marché. Les investisseurs sont invités à effectuer leurs propres recherches et à consulter des experts financiers avant toute prise de décision.


Bannière Lodj DJ

Bannière Réseaux Sociaux




Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html




Vos contributions
LODJ Vidéo