Chaque fois que l’un d’entre eux tente de monter, les autres reçoivent un jet d’eau glacée.
Naturellement le nouveau venu tente de récupérer les bananes mais les autres l’en empêchent violemment. Il ne comprend pas pourquoi, mais il apprend rapidement la règle. On finit par remplacer tous les singes jusqu’au renouvellement total du groupe. Le nouveau groupe qui n’a pas connu l’épisode de l’eau glacée a maintenu la répression.
Tous ceux qui s’aventurent à vouloir récupérer le régime de banane sont violemment repoussés. L’histoire est instructive. Elle illustre un comportement humain bien réel. La mémoire des conflits privilégie le conflit à ses causes.
C’est un peu le cas des relations entre l’Algérie et le Maroc sur les Réseaux sociaux. On sait qu’on est en guerre verbale on ne sait pas toujours pourquoi.
Les deux pays ont été victime des calculs de la colonisation française et n’ont jamais réussi à tourner la page.
Une visite au cours de laquelle le Souverain a été aperçu et filmé se promenant en toute confiance dans les rues d’Alger.
Le message subliminal qu’il voulait transmettre aux Algériens était positif en rapport avec la décennie noire que le peuple algérien venait de surmonter.
La fraternité entre les deux peuples, nés de la lutte commune pour l’indépendance de l’Algérie, était encore fraiche.
On critiquait les régimes on insulte les peuples en salissant leurs histoires respectives. On cherche à humilier, les divergences politiques sont transformées en hostilités. La haine entre individus est devenue la règle et l’objet de surenchère.
Les médias officiels algériens participent à cette guerre verbale, des sites privés marocains aussi, dans laquelle même le sport n’est pas épargné. Il est loin le temps où les marocains sortaient dans la rue pour fêter une qualification de l’Algérie en Coupe du monde.
On est loin également de la ferveur qui a entouré, en Algérie, le parcours du Maroc en Coupe du monde 2022. Des personnalités respectables et bien positionnés dans la hiérarchie intellectuelle de leurs pays respectifs tombent dans le panneau de la vulgarité. C’est un constat et c’est triste.
Pendant des années la frontière n’a pas empêché les familles de se rendre visite, les commerçants d’échanger, les étudiants de circuler, les artistes de se rencontrer et les peuples de se reconnaître une histoire, une culture et des traditions profondément proches.
Un Algérien peut et doit défendre celles de l’Algérie. Les deux peuvent avoir des lectures radicalement différentes de leur histoire commune. Mais il existe une différence fondamentale entre défendre une position nationale et déshumaniser celui qui se trouve de l’autre côté de la frontière.
On peut contester une politique sans insulter un peuple. On peut défendre sa souveraineté sans mépriser son voisin. On peut être en désaccord sans transformer le désaccord en haine.
On peut enfin transmettre à nos enfants la mémoire de nos blessures sans leur transmettre l'obligation de les reproduire. Nous ne sommes pas condamnés à devenir ennemis, on a seulement appris à l’être et, ce qui a été appris peut-être désappris. Ça commence par les réseaux sociaux et par la sagesse des plus anciens d’entre nous.
Par Bargach larbi.
PS : c’est valable pour tous les conflits.












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