L'ODJ Média

lodj





Liberté d’association au Maroc : un droit musclé sur le papier, freiné dans la pratique


Rédigé par le Mardi 10 Mars 2026

Au Maroc, le dynamisme associatif est réel : près de 8.000 nouvelles associations ont vu le jour en 2024. Mais derrière les chiffres, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) pointe un obstacle majeur : la lourdeur administrative qui freine la vraie liberté d’agir.



Des blocages administratifs réguliers

Le rapport annuel 2024 du CNDH révèle un paradoxe : alors que le Maroc compte désormais 274.610 associations, des blocages administratifs viennent régulièrement gâcher la fête.

Refus de récépissés, interdiction tacite d’activités, retard dans le renouvellement des bureaux… 35 plaintes ont été déposées en une seule année, reflétant des dysfonctionnements répétés.

Le Conseil a essayé de jouer les médiateurs : six plaintes transmises à l’Institution du Médiateur, trois au ministère de l’Intérieur, rencontres avec les associations…

Mais la réponse des autorités reste souvent silencieuse, un silence qui laisse les associations dans l’incertitude et ralentit leur action sur le terrain.

Les syndicats et coordinations professionnelles ne sont pas épargnés. Certaines plaintes dénoncent des suspensions d’enseignants ou des restrictions aux droits syndicaux, révélant que le problème dépasse largement le simple cadre associatif.


Un cadre légal solide

Le Maroc dispose pourtant d’un cadre légal solide : Constitution de 2011, Déclaration universelle des droits de l’Homme, Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Le dahir de 1958, modifié, prévoit un système déclaratif, pas d’autorisation préalable. Mais dans les faits, ce cadre est souvent neutralisé par l’arbitraire administratif.

Au-delà du droit, c’est aussi une question de moyens. Les associations souffrent d’un accès limité aux financements publics et internationaux, et d’un déficit logistique qui freine leur impact.

Le CNDH note qu’il a lui-même soutenu 28 associations pour un total de 1,15 million de dirhams, mais le manque de soutien reste criant.

Le Conseil recommande de faciliter les démarches par voie électronique, de réviser la législation sur les rassemblements pacifiques et de renforcer le rôle de la justice. Il insiste également sur la création urgente du Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative, resté en suspens à fin 2024.


Un record de dynamisme associatif

Le Maroc affiche un record de dynamisme associatif, mais la bureaucratie continue de mettre des bâtons dans les roues.

La balle est maintenant dans le camp des autorités : réussiront-elles à libérer la vraie énergie citoyenne ou laisseront-elles le papier l’emporter sur l’action concrète ?

Les prochains mois seront décisifs pour mesurer si les recommandations du CNDH trouvent enfin un écho.





Mardi 10 Mars 2026

Breaking news | Plume IA | Gaming | Communiqué de presse | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport | Auto-moto | Room | L'ODJ Podcasts - 8éme jour | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média | Avatar IA Live


Bannière Réseaux Sociaux



Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo