Des blocages administratifs réguliers
Le rapport annuel 2024 du CNDH révèle un paradoxe : alors que le Maroc compte désormais 274.610 associations, des blocages administratifs viennent régulièrement gâcher la fête.
Refus de récépissés, interdiction tacite d’activités, retard dans le renouvellement des bureaux… 35 plaintes ont été déposées en une seule année, reflétant des dysfonctionnements répétés.
Le Conseil a essayé de jouer les médiateurs : six plaintes transmises à l’Institution du Médiateur, trois au ministère de l’Intérieur, rencontres avec les associations…
Mais la réponse des autorités reste souvent silencieuse, un silence qui laisse les associations dans l’incertitude et ralentit leur action sur le terrain.
Les syndicats et coordinations professionnelles ne sont pas épargnés. Certaines plaintes dénoncent des suspensions d’enseignants ou des restrictions aux droits syndicaux, révélant que le problème dépasse largement le simple cadre associatif.
Un cadre légal solide
Le Maroc dispose pourtant d’un cadre légal solide : Constitution de 2011, Déclaration universelle des droits de l’Homme, Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Le dahir de 1958, modifié, prévoit un système déclaratif, pas d’autorisation préalable. Mais dans les faits, ce cadre est souvent neutralisé par l’arbitraire administratif.
Au-delà du droit, c’est aussi une question de moyens. Les associations souffrent d’un accès limité aux financements publics et internationaux, et d’un déficit logistique qui freine leur impact.
Le CNDH note qu’il a lui-même soutenu 28 associations pour un total de 1,15 million de dirhams, mais le manque de soutien reste criant.
Le Conseil recommande de faciliter les démarches par voie électronique, de réviser la législation sur les rassemblements pacifiques et de renforcer le rôle de la justice. Il insiste également sur la création urgente du Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative, resté en suspens à fin 2024.
Un record de dynamisme associatif
La balle est maintenant dans le camp des autorités : réussiront-elles à libérer la vraie énergie citoyenne ou laisseront-elles le papier l’emporter sur l’action concrète ?
Les prochains mois seront décisifs pour mesurer si les recommandations du CNDH trouvent enfin un écho.












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